embéguiner

(Mot repris de embéguinons)

EMBÉGUINER

(an-bé-ghi-né) v. a.
Coiffer d'un béguin ; envelopper la tête de linge. Qui vous a si plaisamment embéguiné ?
Fig. Infatuer, entêter.
Ceux qui se laissent facilement embéguiner des opinions [G. NAUDÉ, Apologie, p. 472]
S'embéguiner, v. réfléchi. Se courvir d'un béguin. Fig. S'infatuer.
Ce beau monsieur le comte dont vous vous êtes embéguiné [MOL., Bourg. gent. III, 3]
Pour que des successeurs de Scipion s'embéguinassent d'un pareil conte [VOLT., Philos. III, 192]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    S'estant noué la gorge et embeguiné comme auparavant [DESPER., Contes, CX]
    Ils seront tenus de se laisser coiffer, embeguiner, enchevestrer, et mener à l'appetit de MM. les cathedrans [, Sat. Mén. p. 76]

ÉTYMOLOGIE

  • En 1, et béguin.

embéguiner

EMBÉGUINER. v. tr. Coiffer d'un béguin. Il est peu usité en ce sens.

Il signifie plus ordinairement Envelopper la tête de linge ou d'autre chose en forme de béguin. Qui vous a si plaisamment embéguiné?

Il signifie au figuré Entêter de quelque chose, infatuer. On l'a embéguiné, il est embéguiné de cette femme. Il s'est laissé embéguiner de cette opinion. Elle est embéguinée de cette nouvelle mode.

embéguiner


EMBÉGUINER, v. act. [Anbéghiné; 1re lon. 2e et dern. é fer.] Proprement, c'est mettre un béguin; mais il n'est pas usité en ce sens. = Dans l'usage actuel, enveloper la tête de linge ou aûtre chôse, en forme de béguin. Il est du style plaisant "Qui vous a embéguiné de la sorte? = Figurément (st. famil.) entêter, persuader. "On l'a embéguiné de cette femme. "Il s'est embéguiné, ou s'est laissé embéguiner de cette opinion. Il se prend toujours en mauvaise part. "Il est embéguiné, ou il s'est embéguiné d'une idée bien ridicule. — Il se dit sur-tout au passif et au réciproque.