embatre

(Mot repris de embatrais)

EMBATRE

(an-ba-tr') v. a.
Terme de charron. Appliquer les bandes de fer qui se mettent sur la circonférence des roues. Embatre une charrette.

REMARQUE

  • On ne voit pas pourquoi l'Académie, écrivant battre avec deux t, écrit embatre avec un seul. Il faudrait écrire dans les deux cas avec un seul t, puisque le second ne sert à rien et qu'il n'est ni du radical ni de la terminaison.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Son bon espié enz au cors [il] lui enbat [, Ch. de Rol. XCIV]
  • XIIe s.
    Vous m'avez enbatu [pris] au perge [piége] [, Lai d'Ignaurès]
  • XIIIe s.
    Se vous, une autre fois, vous enbatez en tel peril, dont Diex vous gart, nous vous rendrons ci orendroit tout ce que nous tenons de vous [H. DE VALENC., IV]
  • XIVe s.
    L'estude de tel livre engendre et enbat ou accroist, es cœurs de ceux qui y entendent, affection et amour [ORESME, Prol.]
  • XVe s.
    S'ils se fussent embattus en icelui port qu'ils avoient choisi, ils estoient perdus [FROISS., I, I, 18]
  • XVIe s.
    Nos gens de cheval s'embattirent pesle-mesle parmi leurs gens de pied, qui estoient espars [M. DU BELLAY, 386]

ÉTYMOLOGIE

  • En 1, et battre ; provenç. enbatre ; ital. imbattere. Embatre dans l'ancien français signifie jeter sur.

embatre

EMBATRE. v. tr. T. d'Arts. Encercler de fer une roue.

embatre

Embatre, penac. actif. comme Embatre les ferrures ou bandages des rouës de harnois, c'est les appliquer et clouer aux gentes. Il signifie aussi arriver en quelque lieu soit par dessein soit par cas d'adventure, comme, Ils commencerent à brocher leurs chevaux, et eux embatre en la plus grande presse, id est, fourrer ou jetter. Qui sont ces gens qu'ainsi se sont embatus en ces pays, id est, sont entrez ou se sont ruez dedans. Je ne sçay où nous sommes embatus, id est, arrivez et fourrez. Il luy embatit l'espée jusques au foye, id est, fourra.