emmanteler

(Mot repris de emmantèlera)

EMMANTELER

(an-man-te-lé. La syllabe te prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'emmantèle) v. a.
Envelopper d'un manteau. Ancien terme militaire. Revêtir une place d'une enceinte ; c'était l'opposé de démanteler.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Pour menchonges en manteler Et faire les voirs ressambler [les faire sembler vrais] [DU CANGE, immantare.]
  • XVe s.
    Un doussellet où sont oies et cynes emmentelez des armes de monseigneur [ID., ib.]
  • XVIe s.
    Il s'advisa encore d'une grande ruse pour mieux couvrir son desseing, et enmanteler son entreprise [CARL., VI, 45]
    Les bœufs emmentelés de noir craignent plus les mouches, qu'estans d'autre couleur [O. DE SERRES, 279]
    À ces tempestes resiste sans moien la chaussée emmantelée de maçonnerie [ID., 424]
    Le moins qu'on peut tenir emmentellés [abrités, couverts] les artichaux, est le meilleur, par aucunement leur nuire tel embarras [ID., 517]
    Le jour estoit sous l'onde, et la nuict estoilée Avoit d'un habit brun la terre emmantelée [RONS., 672]
    Junon, qui des vaillans est toujours envieuse, Hier d'un voile noir emmantela les cieux [AM. JAMYN, Poésies, f° 60, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • En 1, et mantel, manteau.