empoisonneur, euse

EMPOISONNEUR, EUSE

(an-poi-zo-neur, neûz') s. m. et f.
Celui, celle qui empoisonne.
L'empoisonneur d'Annibal, de mon maître [CORN., Nicom. III, 3]
Sur les pas des tyrans veux-tu que je m'engage, Et que Rome, effaçant tant de titres d'honneur, Me laisse pour tous noms celui d'empoisonneur ? [RAC., Brit. IV, 4]
Je veux qu'à chaque instant cette cendre en tous lieux De ses empoisonneurs fatigue au moins les yeux [DUCIS, Hamlet, II, 5]
Par plaisanterie, mauvais cuisinier.
C'est Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier [BOILEAU, Sat. III]
Il était Suisse de nation, empoisonneur de profession, et voleur par habitude [HAMILT., Gramm. III]
Fig. Celui qui débite, propage des doctrines pernicieuses.
De tels poëtes sont des empoisonneurs publics, auxquels il faut interdire tout commerce [ROLLIN, Hist. anc. liv. XXV, chap. I, art. 2, § 2]
Adj.
Et moi, reprit Hercule à la peau de lion, [je serai] Son maître à surmonter les vices, à dompter les transports, monstres empoisonneurs [LA FONT., Fabl. XI, 2]
Ulysse y court et dit : L'empoisonneuse coupe A son remède encore et je viens vous l'offrir [à ses compagnons] [ID., ib. XII, 1]
Loin du trône nourri, de ce fatal honneur Hélas ! vous ignorez le charme empoisonneur [RAC., Athal. IV, 3]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Il y a des sorciers et enchanteurs, empoisonneurs, venefiques, meschans [PARÉ, XIX, 26]
    Les herbes empoisonneresses [DU BELLAY, I, 38, recto]

ÉTYMOLOGIE

  • Empoisonner.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • EMPOISONNEUR. - HIST. XVIe s. Ajoutez :
    Aux craintifs et incredules, et mauldis et homicides et fornicateurs et empoisonneurs et idolatres.... leur part sera en l'esteng ardent de feu et de souffre [, Apoc. XXI, 8, Nouv. Testam. éd. Lefebvre d'Etaples, Paris, 1525]