enchanteur, eresse

ENCHANTEUR, ERESSE

(an-chan-teur, te-rè-s') s. m. et f.
Celui, celle qui fait des enchantements. L'enchanteur Merlin. Circé l'enchanteresse.
Par extension, celui, celle qui séduit, qui entraîne les cœurs. Défiez-vous de cet enchanteur. Une aimable enchanteresse.
Agréable enchanteur de mes jeunes années [ROTR., Hercule mourant, II, 4]
Va, crois-moi, la beauté, suprême enchanteresse.... [LEMERC., Charles VI, II, 5]
Adj. Qui enchante, charme, séduit. Un séjour enchanteur.
D'un regard enchanteur connaît-il le poison ? [RAC., Brit. II, 2]
Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse [ID., Athal. IV, 3]
Il en eût trop suivi [du pouvoir] l'amorce enchanteresse [VOLT., Brut. I, 2]
J'ai connu des grandeurs la pompe enchanteresse [M. J. CHÉN., Fénelon, I, 2]
J'ai vu se dissiper l'erreur enchanteresse [ID., ib. II, 3]
D'un essaim de beautés la danse enchanteresse [C. DELAV., Paria, I, 1]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    L'encanteür qui jà fut en enfer [, Ch. de Rol. CVI]
  • XIIe s.
    L'enchanteor, qui par son grant revel.... [, Ronc. p. 67]
  • XIIIe s.
    La tigre i vint et la pantere ; Et Cointeriaus li enchanterre, Uns singes qui fu nez d'Espaingne, S'est ajostez à la conpaingne [, Ren. 9024]
    Vous estes dui enchanteor, Que m'estes ci venu blasmer [, la Rose, 12462]
  • XVe s.
    Un enchanteur maistre de nigromance qui estoit en la marche de Naples [FROISS., II, II, 137]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. encantaire, encantador ; espagn. et port. incantador ; ital. incantatore ; du latin incantatorem, d'incantare, enchanter. Le provençal encantaire, et le vieux français enchantere est le nominatif de incantátor, l'accent sur tá ; encantador et enchanteor est le régime, d'incantatórem, l'accent sur tó ; au pluriel, li enchanteor, au nominatif, d'incantatóres ; le régime est les enchanteors.