endurci, ie

ENDURCI, IE

(an-dur-si, sie) part. passé d'endurcir
Rendu dur. La terre endurcie par le froid.
Fig. Qui a pris une dureté morale.
Mais pour ces francs pécheurs, pécheurs endurcis, pécheurs sans mélange, pleins et achevés [PASC., Prov. 4]
Elle [la messe] leur profite comme la prière, laquelle on ne ferait pas pour les pécheurs les plus endurcis, si on ne croyait.... [BOSSUET, Var. III, § 56]
J'irais, par ma constance aux affronts endurci, Me mettre au rang des saints qu'a célébrés Bussi [BOILEAU, Sat. VIII]
Pour ce peuple endurci que rien ne peut gagner [RAC., Théb. II, 3]
Un tyran dans le crime endurci dès l'enfance [ID., Brit. v, 7]
Il eût donc mieux valu demeurer endurci dans mon habitude [MASS., Car. Inconst.]
Substantivement. Celui qui a perdu tout sentiment de piété.
Vous ne pouvez réussir comme tant d'impies et d'endurcis à étouffer cette vérité intérieure [MASS., Car. Évid. de la loi.]
Il se dit, dans le même sens, des sentiments, du cœur, etc.
Un courroux implacable, un orgueil endurci [CORN., Sertor. IV, 2]
Contre tous ses attraits ma raison endurcie [ID., Tite et Bérén. II, 1]
Et vos cœurs endurcis sont pour jamais paisibles [QUINAULT, Pers. II, 5]
Crois que dans son dépit mon cœur est endurci [RAC., Andr. II, 1]
Quel courage endurci Soutiendrait les assauts qu'on lui prépare ici ? [ID., Iphig. IV, 1]
Quelle haine endurcie Pourrait en vous voyant n'être pas adoucie ? [ID., Phèdre, II, 2]
Votre jeune Apollon, qui n'a point réussi, Dans la satire encor ne peut être endurci [GILBERT, Apol.]
Le cœur endurci par les cicatrices mêmes des coups qu'on lui a portés [BUFFON, Nature des anim.]
Rendu ferme, résistant par l'exercice, le travail.
Il paraît endurci au travail [FÉN., Tél. IX]
Mes mains endurcies au travail me donnent facilement la nourriture qui m'est nécessaire [ID., ib. XI]
Tous ont armé leurs bras endurcis aux travaux [DELILLE, Énéide, ch. VII]