enfant


Recherches associées à enfant: absorba, avent

enfant

n. [ lat. infans, infantis, qui ne parle pas, de fari, parler, dire ]
1. Garçon, fille dans l'âge de l'enfance : Leur fille est une enfant charmante. Elle enseigne à de jeunes enfants.
2. Fils ou fille, quel que soit l'âge ; descendant : Ses trois enfants sont mariés.
3. Personne originaire de : Cet homme est un enfant de notre village.
4. Personne considérée comme rattachée par ses origines à un être, à une chose : Un enfant du peuple.
5. Ce que l'on a conçu : Cette réforme, c'est son enfant.
Attendre un enfant,
être enceinte.
Enfant de chœur
Faire l'enfant,
s'amuser à des choses puériles ; s'obstiner de façon puérile : Ne faites pas l'enfant, nous savons que vous mentez.
adj.
1. À l'âge de l'enfance : Encore tout enfants, on nous apprenait la solidarité.
2. Qui a gardé la naïveté, la spontanéité d'un enfant : Ses amies sont restées très enfants.
adj. inv.
Bon enfant,
d'une gentillesse simple ; accommodant : Une plaisanterie bon enfant. Des manifestants très bon enfant.

ENFANT

(an-fan) s. m.
Individu de l'espèce humaine qui est dans l'âge de l'enfance. Un petit enfant. Un bel enfant. Jouer comme un enfant.
Aussi, à dire le vrai, c'est une extrême méchanceté de se moquer d'un pauvre enfant qui n'a appris le français que pour l'amour de moi, et qui a eu du moins l'esprit de me choisir entre tous ceux qui sont ici [VOIT., Lett. 57]
Laissez venir les petits enfants, et ne les empêchez point, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent [SACI, Bible, Évang. St Marc, x, 14]
Tout charme en un enfant dont la langue sans fard, À peine du filet encor débarrassée, Sait d'un air innocent bégayer sa pensée [BOILEAU, Épître IX]
Un rimeur, sans péril, de là les Pyrénées, Sur la scène en un jour enferme des années ; Là souvent le héros d'un spectacle grossier, Enfant au premier acte, est barbon au dernier [ID., Art p. III]
Néron n'est plus enfant, n'est-il pas temps qu'il règne ? [RAC., Brit. I, 2]
De quel crime un enfant peut-il être coupable ? [ID., Athal. II, 5]
Un enfant est peu propre à trahir sa pensée [ID., ib. II, 6]
Ô vous, sur ces enfants si chers, si précieux, Ministres du Seigneur, ayez toujours les yeux [ID., ib. II, 7]
Quel astre à nos yeux vient de luire ? Quel sera quelque jour cet enfant merveilleux ? [ID., ib. II, 9]
Les enfants ont des joies immodérées et des afflictions amères sur de très petits sujets [LA BRUY., XI]
Les enfants sont hautains, dédaigneux, colères, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés [ID., ib.]
Les enfants n'ont ni passé ni avenir, et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent [ID., ib.]
Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts du corps qui ne soient aperçus par les enfants ; ils les saisissent d'une première vue [ID., ib.]
Un gros marchand qui ne jouait [ne savait jouer] non plus qu'un enfant [HAMILT., Gramm. 3]
Dieu vous veut petit à vos yeux et simple dans ses mains comme un petit enfant [FÉN., t. XVIII, p. 414]
J'ai vu, dit saint Augustin, un enfant jaloux ; il ne savait pas encore parler, et, avec un visage pâle et des yeux irrités, il regardait déjà l'enfant qui tétait avec lui [ID., Éduc. des filles, ch. 3]
Que ses parents et ses voisins l'avaient vue grosse de la fille dont elle avait accouché ; que cet enfant [fille] en venant au monde avait été reçu dans les mains de ses parents et de ses alliés [VERTOT, Révol. rom. v, p. 40]
Sans soin du lendemain, sans regret de la veille, L'enfant joue et s'endort, pour jouer se réveille [DELILLE, Imagin. ch. VI]
L'enfant dont la mort cruelle Vient de vider le berceau, Qui tombe de la mamelle Au lit glacé du tombeau [LAMART., Harm. II, 1]
Il est si beau, l'enfant avec son doux sourire, Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire, Ses pleurs vite apaisés, Laissant errer sa vue étonnée et ravie, Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie Et sa bouche aux baisers [V. HUGO, Feuilles d'aut. XI]
L'enfant Jésus, Jésus lorsqu'il était enfant. Un enfant Jésus, une figure de Jésus enfant.
Cet enfant est trop mignard, trop fait, trop joli, trop petit, c'est un enfant Jésus [DIDEROT, salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 176, dans POUGENS]
Sage comme l'enfant Jésus, se dit d'un enfant qui est sage et obéissant. Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant, se dit quand il s'agit de choses sérieuses et importantes. Être innocent comme l'enfant qui vient de naître ou qui est à naître, être tout à fait innocent. Enfant gâté, l'enfant à qui ses parents laissent faire toutes ses volontés et qu'ils ne corrigent pas. Se dit par extension d'un adulte qui se passe ou à qui l'on passe tous ses caprices.
Elle était une des trois ou quatre jolies femmes de Paris dont le vieux abbé de Saint-Pierre avait été l'enfant gâté [J. J. ROUSS., Confess. IX]
Faire l'enfant, badiner comme un enfant, s'amuser à des choses puériles.
Pendant que les philosophes radotent et font les enfants [J. J. ROUSS., Ém. III]
Ils me rient au nez, me disent que je fais l'enfant [MARIVAUX, Double inconst. II, I]
Être enfant, même sens.
Quoi ! vous songez encore à cela ? reprit-elle ; eh ! mon Dieu ! Marianne, que vous êtes enfant ! [MARIVAUX, Marianne, part. 2, t. I, p. 211, dans POUGENS]
Ne pas faire l'enfant, signifie aussi ne pas faire l'ignorant, ne pas affecter l'ignorance d'un enfant sur ce qui est dit ou proposé. Il ne fit pas l'enfant, il profita de l'occasion. Acceptez, ne faites pas l'enfant. Adjectivement.
Tout enfant qu'elle était [FLÉCHIER, Mme de Mont.]
Allons nous coucher ; je suis plus enfant que toi [J. J. ROUSS., Confess. I]
J'aurais eu peine à croire qu'il y eût des spectateurs assez enfants pour aller voir cette imitation [ID., Héloïse, II, 23]
Un peuple enfant, un peuple qui n'est pas encore civilisé. On l'a dit aussi, en poésie, de ce qui est de l'enfance.
Bords où mes pas enfants suivaient Napoléon, Fortes villes du Cid ! [V. HUGO, Feuilles d'aut. X]
D'enfant, loc. adj. Faible, futile. Ce sont scrupules d'enfant.
Cette difficulté d'enfant a occupé dans tous les siècles les têtes les plus fortes [DIDEROT, Règnes de Claude et Néron, II, § 54]
Mal d'enfant, le travail de l'accouchement. Cette femme est en mal d'enfant.
Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute.... [LA FONT., Fabl. V, 10]
Faire un enfant, en parlant d'une femme.
La femme ne faisant guère qu'un enfant à la fois [J. J. ROUSS., Orig. Notes.]
Faire un enfant, en parlant d'un homme.
M. de Nemours fit un enfant à cette fille de Rochon, qu'on appelait Mlle de la Garanche [SAINT-SIMON, 57, 205]
S. f. Petite fille, jeune fille. Ma belle enfant. La pauvre enfant.
Excusez ma tendresse pour une enfant dont je n'ai jamais eu aucun sujet de plainte [RAC., Lett. à sa tante]
Je suis la plus jeune de ses enfants [DIDEROT, Père de famille, II, 9]
Dainville arrive en tenant par la main la plus charmante enfant que j'aie jamais vue [Mme DE GENLIS, Adèle et Théod. t. III, lett. 1, dans POUGENS]
Il exprime un rapport de génération, fils ou fille. Il eut plusieurs enfants. Il perdit ses enfants en bas âge.
Et contre un père enfin l'enfant a toujours tort [ROTR., St-Genest, I, 1]
Ce fut là [à la Bérésina] qu'on aperçut des femmes au milieu des glaçons, avec leurs enfants dans leurs bras, les élevant à mesure qu'elles s'enfonçaient ; déjà submergées, leurs bras roidis les tenaient encore au-dessus d'elles [SÉGUR, Hist. de Napol. XI, 9]
C'est l'enfant de sa mère, c'est bien l'enfant de sa mère, c'est-à-dire il en a tout le caractère. C'est bien l'enfant de son père, de sa mère, se dit aussi de la ressemblance physique. Enfant de bonne mère ou de bonne maison, personne qui occupe un bon rang dans la société. Il n'y a enfant de bonne mère qui ne prétende à cela. Traiter quelqu'un en enfant de bonne maison, le châtier sévèrement, ne point l'épargner.
Si vous ne retrouvez pas mon cordon, vous serez livré au sous-comite, qui vous traitera en enfant de bonne maison [LESAGE, Guzman d'Alf. VI, 10]
Enfant de famille, enfant en puissance de père et de mère. Enfant de famille, enfant chéri, enfant qui était avantagé aux dépens des autres. Enfant de famille, enfant de bonne maison.
Je ne me trouvai pas seul avec le muletier ; il y avait deux enfants de famille de Pennaflor [LESAGE, Gil Blas, I, 3]
Enfant de troupe, fils de militaire élevé dans les casernes aux frais de l'État. Enfant trouvé, enfant abandonné par ses parents, ramassé par les passants, et recueilli par les hospices.
Mon troisième enfant fut donc mis aux enfants trouvés, ainsi que les premiers [J. J. ROUSS., Conf. VIII]
Enfants de la patrie, nom donné, pendant la Révolution, aux enfants trouvés. Enfant de l'amour, enfant né hors mariage. Terme de marine. Enfant trouvé, personne qui s'est cachée à bord pour y faire une campagne et qui ne se montre que lorsque le navire est en mer. Enfant de la balle, voy. BALLE. Enfants bleus, enfants rouges, pauvres enfants habillés de bleu, de rouge, qu'on élevait à Paris dans un lieu fondé pour cela. L'enfant prodigue, l'enfant de l'Évangile qui, ayant reçu sa part, va la dissiper follement, et qui, revenant dans l'état le plus misérable, est bien accueilli par son père.
Tu reviens dans ta famille dans l'équipage de l'enfant prodigue [LESAGE, Estev. Gonzalez, ch. 30]
Par analogie, jeune homme qui a fait ses fredaines, malgré les conseils de ses parents, surtout au moment où il revient près d'eux pour mener une vie plus rangée.
Un matin donc, l'enfant prodigue comparut devant sa mère, non point hâve, décharné, souillé de boue et couvert de haillons comme son aîné de la Bible, mais élégant, leste, gracieux, l'œil câlin et le sourire sur les lèvres [CH. DE BERNARD, la Cinquantaine, § XI]
Enfants de France, princes et princesses, enfants du roi qui occupait le trône, pour les distinguer de ceux et de celles des différentes branches de la maison royale, qui ne portaient que le titre de princes et princesses du sang.
Petits-enfants, voy. PETITS-ENFANTS.
Enfant de chœur, enfant qui chante au chœur.
Enfants de langue, nom qu'on donnait, dans les Échelles du Levant, à de jeunes Français que le roi entretenait au Levant pour y apprendre les langues turque, arabe, grecque, et pour servir ensuite de drogmans. On dit aujourd'hui jeunes de langue.
Enfants perdus, soldats qui marchent, pour quelque entreprise extraordinaire, à la tête d'un corps de troupes commandé pour les soutenir ; ainsi nommés parce que leur service est particulièrement périlleux. Cette locution provient peut-être de los infantes, expression espagnole, d'où est né le mot infanterie. Plus généralement. Enfants perdus, personnes qu'on met en avant dans une affaire hasardeuse. Fig.
Je vous prie de regarder mes réflexions comme des enfants perdus que j'ai jetés en avant sans m'embarrasser de ce qu'ils deviendraient [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 22 fév. 1764]
Néologisme. Enfant terrible, enfant qui, en répétant ce qu'il a entendu dire, blesse profondément ceux à qui il parle. Dites-moi donc, monsieur, qui est-ce qui a inventé la poudre ? papa dit que ce n'est pas vous. Par extension, ceux qui par trop de sincérité compromettent leur cause, leur parti.
10° Terme de familiarité, d'encouragement, avec un accent paternel, et venant d'un homme âgé ou d'un supérieur. Mes chers enfants. Allons, enfants. Mon enfant, écoutez-moi.
Va-t'en, ma pauvre enfant [MOL., Femm. sav. II, 6]
Allons, Merlin, de la vivacité, mon enfant, de la présence d'esprit [REGNARD, Retour imprévu, sc. 10]
Ah ! mon enfant, j'ai cru voir une substance céleste ; elle m'a tout à coup embrasé d'amour [LESAGE, Gil Blas, X, 8]
Un bon enfant, un homme de bonne humeur, et aussi un homme qui n'a pas de malice.
Au surplus bon enfant, sot, je ne le dis pas [LA FONT., Contr.]
Il est fort bon enfant et plus uni à ce qu'il me semble que la plupart des jeunes gens [P. L. COUR., Lett. II, 103]
On dit de même une bonne enfant. Elle est bonne enfant.
Mais dans le fond, c'est une bonne enfant [REGNARD, Sérénade, 11]
Il est bon enfant, bien bon enfant de croire cela, de se prêter à cela, c'est-à-dire il est bien simple de croire cela, etc. Adjectivement. Il a un air bon enfant, un sourire bon enfant. Dans le style familier, bon enfant entraîne souvent l'idée d'aimable vaurien, de joyeux compagnon.
11° Les êtres humains considérés comme fils du ciel, de Dieu, de la terre, de la patrie, etc. La patrie réclama le secours de ses enfants. Les enfants d'une même patrie. Les enfants de Dieu et de l'Église.
Ainsi la Grèce en vous trouve un enfant rebelle [RAC., Andr. I, 2]
Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin ? [ID., Ath. II, 7]
Jérusalem renaît plus charmante et plus belle ; D'où lui viennent de tous côtés Ces enfants qu'en son sein elle n'a pas portés ? [ID., ib. III, 7]
Rome avait des enfants Qui conspiraient contre elle et servaient les tyrans [VOLT., Brut. v, 1]
Des enfants du soleil le redoutable empire [ID., Alz. I, 4]
....l'État répandait le sang de ses enfants [ID., Tancr. I, 1]
Si le monde exige tant des enfants de la terre, qu'est-ce que Dieu ne doit pas demander des enfants du ciel ? [MASS., Petit car. Grandeur de J. -C.]
À mesure que les conquêtes et les cultures se multiplièrent en Amérique, il fallut plus d'esclaves ; ce besoin a augmenté graduellement ; et, depuis la pacification de 1763, on a arraché chaque année à la Guinée quatre-vingt mille de ses malheureux enfants [RAYNAL, Hist. phil. XI, 19]
Venez, enfants du ciel, orphelins sur la terre, Il est encor pour vous un asile ici-bas ; Mes trésors sont cachés, ma joie est un mystère ; Le vulgaire l'admire et ne la comprend pas [LAMART., Harm. I, 11]
Dans le langage biblique. Les enfants des hommes, les hommes, et surtout ceux qui vivent dans l'iniquité. Les enfants de lumière, ceux qui ont reçu l'Évangile. Les enfants de ténèbres, les idolâtres. Par extension, il se dit d'autres êtres que les êtres humains.
Quels qu'ils soient, l'Éternel à d'immuables lois Soumet tous les enfants des vergers et des bois ; Lui-même il les nourrit, il veille à leur défense [DELILLE, Trois règnes, VI]
12° S. m. plur. Descendants. Nous sommes tous enfants d'Adam. Les enfants d'Israël.
Et que vous racontiez à vos enfants et aux enfants de vos enfants de combien de plaies j'ai frappé les Égyptiens [SACI, Bible, Exode, X, 2]
Des enfants de Japhet toujours une moitié Fournira des armes à l'autre [LA FONT., Fabl. II, 6]
13° Natif. Les enfants de Paris.
14° Partisan, sectateur, disciple, Les enfants de la liberté et de l'égalité.
Mais pendant que vous ne travaillerez qu'à y entretenir le trouble, ne doutez pas qu'il ne se trouve des enfants de la paix qui se croiront obligés d'employer tous leurs efforts pour y conserver la tranquillité [PASC., Prov. 18]
Enfants de St-François, de St-Ignace, etc. les Franciscains, les Jésuites, etc. Les enfants de Bellone, de Mars, les guerriers. Les enfants d'Apollon, les poëtes.
15° Ce qui est l'effet, la conséquence de, le produit de. Le bonheur est enfant de la vertu. Les jeux, les ris, enfants de la gaieté.
Impatients désirs d'une illustre vengeance, Enfants impétueux de mon ressentiment [CORN., Cinna, I, 1]
Sortez de mon esprit, ressentiments jaloux, Noirs enfants du dépit [ID., Sertor. III, 4]
Fiers enfants de l'honneur, nobles emportements [ID., ib. IV, 3]
Les arts sont les enfants de la nécessité [LA FONT., le Quinquina, ch. II]
On ne se cache point ces secrets mouvements, De la nature en nous indomptables enfants [VOLT., Œdipe, II, 2]
N'atteste point ces dieux, enfants de l'imposture [ID., Alz. II, 4]
Quel mérite ont des arts, enfants de la mollesse ? [ID., Orphel. IV, 2]
Richelieu, Mazarin.... Enfants de la fortune et de la politique [ID., Henr. ch. VII]
16° Petit d'un animal.
Une laie aux poils blancs, trente enfants blancs comme elle, Vont s'offrir à tes yeux [DELILLE, Énéide, VIII]
17° Terme d'astronomie. Enfants de Dercéto ou enfants d'Atergatis, la constellation des Poissons.
18° Terme d'alchimie. Enfants de la nature, les quatre éléments qu'admettaient les anciens. Enfant des philosophes, le mercure.

PROVERBES

  • De fol et d'enfant se doit-on délivrer, c'est-à-dire quand on travaille sérieusement, il faut écarter les gens folâtres et les enfants.
  • Cet enfant a trop d'esprit, il ne vivra pas, se dit sérieusement pour exprimer la crainte qu'inspire la santé d'un enfant trop précoce, ou, par moquerie, pour exprimer qu'un enfant est sans esprit.
    Quand ils ont tant d'esprit, les enfants vivent peu [C. DELAVIGNE, Enfants d'Édouard, I, 2]
  • Il n'y a plus d'enfants, c'est-à-dire on commence à avoir de la malice de bonne heure ; et aussi, les jeunes gens pensent, parlent, agissent comme les hommes mûrs.
  • Enfant de Melchisédech, personne dont on ne connaît pas la famille.
    C'étaient des enfants de Melchisédech, dont on ne connaissait ni le pays, ni la famille, ni probablement le vrai nom [J. J. ROUSS., Confess. X]
  • Les menteurs sont enfants du diable.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Par tels paroles vous ressemblez enfant [, Ch. de Rol. CXXXI]
  • XIIe s.
    De lor enfanz et des gentis uxors [, Ronc. p. 37]
    Dient Franzois : cist cops n'est pas d'enfant [, ib. p. 77]
    Et Dex ! dit Naymes, or voi-je duel [deuil] d'enfant [, ib. p. 153]
    Baron, dist l'anfes, ne vous doit anuier [, ib. p. 187]
    Empris [j'] ai greignor folie Que li faus enfes qui crie Por la bele estoile avoir [, Couci, III]
    De sa premiere fame [il] out deus vaslez enfans [, Sax. v]
  • XIIIe s.
    Cil gaigna deus enfans en la serve haïe [, Berte, LX]
    [Rainfrois fut] li premiers enfes qu'ot en la serve li rois [, ib. LXI]
    Dont je me chevissoie [entretenois] et ma fame Margain Et mes petits enfans [, ib. LXXIII]
    Murdri [ils] ont mon enfant, Bertain, qui m'aimoit si [, ib. LXXXIX]
    Certes el [Vieillesse] n'avoit poissance, Ce cuit-je, ne force, ne sens, Ne plus qu'un enfes de deus ans [, la Rose, 392]
    Enfes qui ne crient [craint] pere et mere, Ne puet estre qu'il nel' compere [qu'il ne le paye] [, ib. 10795]
    Se li enfes roboit ou batoit se [sa] mere, venjance en devroit estre fete [BEAUMANOIR, XI, 19]
    Comme le [la] mere son enfant garantiroit par bone volenté, s'ele en avoit le pooir [ID., XI, 19]
  • XIVe s.
    Il estoit tres bon et ne sembloit pas enfant ou filz de home mortel, mais de Dieu [ORESME, Eth. 191]
    Se l'un demeure tousjours enfant en pensée et en meurs, et l'autre soit très bon et très vertueux [ID., ib. 265]
  • XVe s.
    Mais le roi vueil-je bien deporter [excuser], car c'est un enfes ; on lui doit pardonner [paroles de Philippe d'Artevelle] [FROISS., II, II, 191]
    .... Amour descent aux enfans Des peres ; beau filz, or m'entens, L'amour aux peres ne remonte Des enfans.... [EUST. DESCH., Poésies mss. f° 503, dans LACURNE]
    Enfant aime moult qui beau l'appelle [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 215]
    Enfant de bonne ville est demy escripvain [ID., ib.]
    Lequel Jehan de Saintré, sur tous les autres paiges et enfans d'honneur, servoit chacun jour à table [, Petit J. de Saintré, p. 2, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Je repartiroye après cinq mille harquebusiers en dix troupes, et en mettrois les six comme enfans perdus à la teste des bataillons [LAN., 426]
    Je ne parle pas d'une certaine sorte qui s'appellent les enfans sans souci [ID., 498]
    Il y avoit encore d'autres vœux plus infantiles, jaçoit qu'ils ne se fissent pas des petits enfants [CALVIN, Instit. 1]
    Enfant qui vient de nature prend de Dieu sa pasture [GÉNIN, Récréat. t. II, p. 238]
    Poissons et enfans en eaue sont croissans [ID., ib. p. 247]
    Enfans de la messe de minuit, qui cherche Dieu à taston [OUDIN, Curiosités fr.]
    Enfant haï est toujours triste [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 216]
    De grands personnages enfants non sages [ID., ib.]
    De petit enfant petit deuil [ID., ib.]
    M. de Strozze avoit esté nourry enfant d'honneur du petit roy François II, estant monsieur le dauphin [BRANT., Cap. fr. t. IV, p. 304, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. éfan ; picard affant, effant ; provenç. enfan, effan, efan ; espagn. et ital. infante, infant ; du latin infantem, enfant, de in, non, et fari, parler (voy. FABLE) : celui qui ne parle pas. L'ancien français enfe ou enfes est le nominatif, d'ínfans, avec l'accent sur in ; enfant est le régime, d'infántem, avec l'accent sur fan.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ENFANT. Ajoutez :
    19° Enfant de la balle, voy. BALLE 1, n° 1.

    REMARQUE

    • Ploetz, auteur d'une grammaire française populaire en Allemagne, prétend que, au féminin, enfant ne se dit qu'au singulier, et qu'au pluriel ce mot est masculin, même quand il s'agit d'une fille. Mais, s'il est correct de dire : Rose est une jolie enfant, Marguerite est une jolie enfant, il le sera aussi de dire : Rose et Marguerite sont de jolies enfants.

enfant

ENFANT. n. m. Garçon ou fille qui est en bas âge. Un bel enfant. Tenir un enfant sur les fonts baptismaux. Un enfant à la mamelle. Un enfant mort-né. Pleurer comme un enfant. S'amuser, rire comme un enfant. Des jouets d'enfants. Laissez venir à moi les petits enfants.

Fam., Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant, se dit d'une Affaire grave et sérieuse, ou d'un engagement dont on ne peut se dédire.

Fig., Il est aussi innocent que l'enfant qui vient de naître, se dit pour mieux affirmer l'innocence de quelqu'un.

Fig., Faire l'enfant, Badiner comme un enfant, s'amuser à des choses puériles. On dit de même Être enfant. Est-elle enfant! Que vous êtes enfant!

Se comporter, se conduire, agir comme un enfant, parler comme un enfant, Agir sans réflexion, tenir des discours puérils. On dit de même Propos d'enfant. Conduite d'enfant, etc.

Fig. et fam., Il n'y a plus d'enfants, se dit à propos d'un Enfant qui parle de choses qu'il devrait encore ignorer.

Fig. et fam., Il est bon enfant, bien bon enfant de croire cela, de se prêter à cela, Il est bien simple de croire cela, etc.

Être bon enfant signifie aussi Être de bon caractère, commode à vivre, toujours de bonne humeur. C'est une bonne enfant, une bien bonne enfant.

Enfant trouvé, Enfant abandonné et dont le père et la mère ne se font pas connaître. L'hospice des enfants trouvés, ou, simplement, Les Enfants trouvés. Aller aux Enfants trouvés.

Enfant de troupe, Fils de militaire élevé aux frais de l'État.

Enfant de choeur. Voyez CHOEUR.

Fig., Enfants perdus, s'est dit des Soldats que l'on porte en avant un jour de combat et que l'on considère comme perdus.

ENFANT s'emploie aussi comme nom des deux genres en termes d'amitié et de familiarité. Ma belle enfant. Venez, mon enfant. Ma chère enfant, écoutez-moi. Enfant que vous êtes! Courage, enfants, criait-il à ses soldats.

ENFANT est quelquefois féminin quand il sert à désigner précisément qu'il s'agit d'une Fille et non d'un garçon. Voilà une belle enfant! Vous êtes une aimable enfant. La pauvre enfant. Que cette enfant est laide! Oh! la vilaine enfant.

Il se dit aussi d'un Fils ou d'une Fille, quel que soit leur âge, par relation au père et à la mère, ou à l'un des deux seulement. Avoir des enfants. Être chargé d'enfants. Il laisse une veuve et quatre enfants en bas âge. Dans son extrême vieillesse, il resta entouré de ses enfants. Cette mère est faible, elle gâte ses enfants. Enfant mâle. Enfant légitime. Enfant naturel. Enfant adoptif. Enfant d'adoption. Enfant du premier lit, du second lit.

ENFANTS, au pluriel, se dit aussi des Petits- fils et arrière-petits-fils. Ce père de famille a dîné avec tous ses enfants. Les petits-enfants d'une personne, Ses petits-fils et arrière- petits-fils. Ses petites-filles et arrière-petites- filles. On dit aussi Enfants pour exprimer Toutes les générations.

Il se dit également quelquefois de Tous ceux qui sont sortis d'une même souche, qui ont la même origine. Nous sommes tous enfants d'Adam. Les Juifs sont appelés les enfants d'Israël. Fig., Nous sommes les enfants de Dieu par la grâce. Tous les fidèles sont enfants de Dieu, enfants de l'Église. La patrie vit alors tous ses enfants s'armer pour elle.

Les enfants de France, Les princes enfants légitimes des rois de France, et ceux qui descendent des aînés. Gouverneur des enfants de France. Gouvernante des enfants de France.

Fig., Enfant de Paris, Natif de Paris, qui a l'esprit parisien.

Fig., Enfant de la balle, Enfant d'un maître de jeu de paume; et, populairement par extension, Toute personne élevée dans la profession de son père. Il se dit spécialement quand la profession du père touche au théâtre.

En style de l'Écriture, Les enfants de lumière, Ceux qui sont éclairés des lumières de l'Évangile. Les enfants de ténèbres, Les idolâtres. Les enfants des hommes, Les hommes. Cela se dit principalement par opposition à l'expression Les enfants de Dieu.

Enfant de l'amour, Enfant naturel.

Il s'est dit autrefois, figurément, d'une Chose qui est produite par une autre, qui en naît, qui en résulte. Le remords est enfant du crime.

enfant

Enfant, comm. gen. acut. Vient de ce mot Latin Infans. Mais le François dilate plus avant ce mot, que le Latin dont il le prend, car il l'usurpe aussi pour l'aage, auquel parvenu le parler luy est aisé. Et encores en use tant au singulier qu'au pluriel pour ces mots, Filius, Filia, et Liberi. Car il dit tant de son fils que de sa fille, C'est mon enfant, Ex me prognatus prognatave, et de tous en general sans distinction de sexe, les enfans de Pierre, Liberi Petri. L'Espagnol pour designer le fils de son Roy, dit Infante, assez esloigné de la proprieté Latine, et de la fille Infanta, car outre ce qu'il n'a esgard en ce à l'aage il usurpe ces mots avec prerogative d'honneur et dignité, és seuls enfans de son Roy, ne l'attribuant à nuls autres enfans des Seigneurs d'Espaigne, vassaux de son Prince. Et nous en France, appelons enfans de France ceux-là mesmes, et filles de France les femelles. Mais non du tout conforméement à l'Espagnol.

Enfans, Prognati.

Enfançon, Un petit et jeune enfant, Paruulus, Puellus, Puerulus, Pusio, Pupus, Infantulus.

Fort jeune enfant, Maxime puer.

Un enfant doux et gracieux, Mellitus puer.

Enfant d'une nature joyeuse, Laetae indolis adolescens.

Notable enfant et choisi entre tous, Lectissimus adolescens.

Jeune enfant de qui on a grande esperance, Summa spe praeditus adolescens, In optima spe repositus puer.

Enfans ou filles de bonne maison, Praetextati et praetextatae.

Les enfans d'honneur du Roy, In puberes honorarios transcripti, Pueri aristophori, vel dipnophori. Bud.

Enfans de deux seurs, Sobrini, Consobrini.

Les enfans cousins germains, fils des deux freres, Patrueles.

Les enfans de la seur de ma mere, Matrueles.

Enfans descendans de nous, soit du premier degré ou d'autre plus bas, Liberi, liberorum.

Les enfans de la deuxiéme centaine des Senateurs qui furent adjoustez aux premiers establiz par Romule, Minorum gentium patricij.

L'enfant que la mere a jetté à l'adventure, Infans proiectitius, Expositus.

Enfans qui changent incontinent de propos, et n'ont point de tenuë, Leui sententia pueri.

Maintenant les enfans sont ainsi mal apprins et de mauvaises meurs, Ita nunc sunt morati adolescentes.

La compagnie des enfans et serfs qui sont en la puissance d'un mesme pere de famille, Familia.

De peur que les enfans ne meurent de faim, Ne pueri pereant fame.

Cet enfant dont est-il? Puer hic vnde est?

¶ Un fait d'enfant, Puerilitas.

C'est fait d'enfant, Puerile est.

C'est chose d'enfant legere, et de nulle valeur, Puerile est.

A la maniere d'enfant, Pueriliter.

La femme est en travail d'enfant, Parturit mulier.

L'enfant de quoy la femme est accouchée, Puerperium.

Enfant nay avant terme, Infans immature editus. Sueto. in Octauio. cap. 63.

Avoir des enfans de sa femme, Liberos suscipere, vel Sustollere, vel Tollere.

On luy a baillé femme pour avoir des enfans, Liberorum quaerendorum causa ei vxor data est.

Elle a eu un enfant de Pamphile, Peperit e Pamphilo.

Engendrer enfans, Operam liberis dare.

¶ Changer un enfant à nourrice, Puerum subdere.

Jetter hors de la maison, comme n'estans pas vrais enfans, Summouere aliquos familia.

Mettre un enfant avec un maistre pour apprendre, Tradere puerum praeceptori vel magistro.

Apprendre à parler à un enfant, Figurare os pueri.

Eslever enfans et nourrir, Attollere partum, Liberos extollere.

Estre nourry en enfant de bonne maison, non point comme serf, Libere educari.

Dresser le langage d'un enfant, Figurare os pueri.

Reduire un enfant gasté, Corruptum adolescentem restituere.

Gouverner ses enfans, Liberis imperare.

Qui a la charge de prendre garde à un enfant, et de le conduire quelque lieu qu'il aille, Magister, Paedagogus.

Entretenir les enfans en leur debvoir, Liberos retinere.

Tuer ses enfans, Maculare partus suos parricidio.

¶ Appartenant à enfant, Puerilis.

Le lieu en la maison auquel les enfans et serviteurs se tiennent, Paedagogium.

Qui sert aux enfans de porter leurs livres, Capsarius.

Le bruvage des petits enfans, Bua, buae.

Toutes petites choses à quoy les petis enfans s'esbatent et se joüent comme poupées, petites sonnettes, petites espés, Crepundia, crepundiorum.

Synonymes et Contraires

enfant

adjectif enfant
Qui a la naïveté de l'enfance.

enfant

nom enfant
1.  Garçon ou fille dans l'enfance.
bambin, bébé, gamin, gamine, tout-petit -familier: bout de chou, bout de zan, gosse, marmot, mioche, moustique, moutard, pitchoun, pitchounet, poussin, tête blonde -populaire: chiard, lardon, loupiot, loupiote, môme, morpion, mouflet -vieux: marmouset.
2.  Fils ou fille de quelqu'un.
-familier: gamin, gosse, héritier, progéniture, rejeton -populaire: lardon.
3.  Descendant de quelqu'un.
Traductions

enfant

Kindchild, bairn, infant, kid, youngsterkind, resultaat, wichtילד (ז), ילדה (נ), נער (ז), פצפון (ז), פרי בטן (ז), תינוק (ז), תינוקת (נ), יֶלֶד, יַלְדָּה, נַעַר, תִּינֹקֶתkindдете, чедоcriatura, infant, nendítěbarnπαιδίfilino, filo, infanino, infanoniño, hija, hijo, niña, chicolapsiबच्चाgyerek, gyermekanakbarnbambino, fanciullo, bambina, pargolo子供barn, ungedzieckocriançacopilребёнок, чадо, ребëнок, дитя, ребенокbarn, ungemtotoçocukдитина孩子طِفْلdijete아이เด็กđứa trẻ (ɑ̃fɑ̃)
nom masculin-féminin
1. fils ou fille avoir des enfants
2. jeune personne un spectacle pour les enfants

enfant

[ɑ̃fɑ̃] nmfchild
bon enfant → good-natured, easy-going
enfant adoptif nmadopted child
enfant de chœur nm (RELIGION)altar boy (fig)angel
ce n'est pas un enfant de chœur → he's no angel