enfermer

(Mot repris de enfermant)

enfermer

v.t.
1. Mettre dans un lieu que l'on ferme, d'où l'on ne peut sortir : Vous avez failli enfermer un client dans le magasin. De nombreux civils ont été enfermés dans des camps emprisonner, parquer ; délivrer, libérer
2. Mettre à l'abri, en sûreté : Enfermer des médicaments dans une armoire à pharmacie mettre sous clef
3. Placer, maintenir dans d'étroites limites qui empêchent de se développer librement : On ne peut enfermer la création dans des règles trop strictes corseter, enserrer

s'enfermer

v.pr.
1. S'installer dans un endroit fermé et isolé : Elle s'est enfermée dans sa chambre pour téléphoner se calfeutrer, se claquemurer, se cloîtrer
2. Se maintenir avec obstination dans un état, une situation, une attitude : Le suspect s'enferme dans le silence. Cette actrice s'enferme dans les rôles comiques se cantonner à, se confiner à

enfermer


Participe passé: enfermé
Gérondif: enfermant

Indicatif présent
j'enferme
tu enfermes
il/elle enferme
nous enfermons
vous enfermez
ils/elles enferment
Passé simple
j'enfermai
tu enfermas
il/elle enferma
nous enfermâmes
vous enfermâtes
ils/elles enfermèrent
Imparfait
j'enfermais
tu enfermais
il/elle enfermait
nous enfermions
vous enfermiez
ils/elles enfermaient
Futur
j'enfermerai
tu enfermeras
il/elle enfermera
nous enfermerons
vous enfermerez
ils/elles enfermeront
Conditionnel présent
j'enfermerais
tu enfermerais
il/elle enfermerait
nous enfermerions
vous enfermeriez
ils/elles enfermeraient
Subjonctif imparfait
j'enfermasse
tu enfermasses
il/elle enfermât
nous enfermassions
vous enfermassiez
ils/elles enfermassent
Subjonctif présent
j'enferme
tu enfermes
il/elle enferme
nous enfermions
vous enfermiez
ils/elles enferment
Impératif
enferme (tu)
enfermons (nous)
enfermez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais enfermé
tu avais enfermé
il/elle avait enfermé
nous avions enfermé
vous aviez enfermé
ils/elles avaient enfermé
Futur antérieur
j'aurai enfermé
tu auras enfermé
il/elle aura enfermé
nous aurons enfermé
vous aurez enfermé
ils/elles auront enfermé
Passé composé
j'ai enfermé
tu as enfermé
il/elle a enfermé
nous avons enfermé
vous avez enfermé
ils/elles ont enfermé
Conditionnel passé
j'aurais enfermé
tu aurais enfermé
il/elle aurait enfermé
nous aurions enfermé
vous auriez enfermé
ils/elles auraient enfermé
Passé antérieur
j'eus enfermé
tu eus enfermé
il/elle eut enfermé
nous eûmes enfermé
vous eûtes enfermé
ils/elles eurent enfermé
Subjonctif passé
j'aie enfermé
tu aies enfermé
il/elle ait enfermé
nous ayons enfermé
vous ayez enfermé
ils/elles aient enfermé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse enfermé
tu eusses enfermé
il/elle eût enfermé
nous eussions enfermé
vous eussiez enfermé
ils/elles eussent enfermé

ENFERMER

(an-fèr-mé) v. a.
Mettre en un lieu fermé. Enfermer quelqu'un dans sa chambre, un cheval à l'écurie. Il fut enfermé dans une forteresse.
Dans un même sépulcre enferme-nous tous deux [VOLT., Scythes, IV, 6]
Sa femme se déshonora avec tant d'éclat, que le baron, de concert avec sa famille, la fit enfermer dans un couvent [Mme DE GENLIS, Veillées du chât. t. II, p. 375, dans POUGENS]
Fig. Enfermer le loup dans la bergerie, enfermer quelqu'un dans l'endroit même où il peut faire le plus de mal, et presque toujours lorsque l'on croit se garantir par là de tout inconvénient. Se dit aussi d'une plaie, d'un ulcère qu'on ferme, tout en laissant dans le corps des humeurs qui avaient pris leur cours par là. Absolument. Enfermer, mettre dans une prison, dans un cloître, dans un appartement qui sert de lieu de réclusion.
Il ignore qu'au même instant son oncle travaille à le faire enfermer [DIDEROT, Père de famille, II, 12]
Ô ces femmes ! voulez-vous donner de l'adresse à la plus ingénue, enfermez-la [BEAUMARCH., Barbier, I, 4]
Il signifie aussi mettre dans une maison d'aliénés.
Si l'effet suit la cause, il est à présumer Qu'avant qu'il soit un mois, il faudra t'enfermer [TH. CORN., Geôlier de soi-même, I, 5]
Elle est folle à tel point qu'on ne peut l'exprimer ; Travaillez au plus tôt à la faire enfermer [REGNARD, Ménechm. v, 3]
Mon procureur fera cette expédition ; C'est un homme admirable et qui par son adresse Aurait fait enfermer les sept Sages de Grèce, S'il eût plaidé contre eux.... [GRESSET, Méchant, II, 3]
Serrer. Enfermer le sucre, le pain, le vin.
Enfermer son chagrin, le contenir, ne pas s'y abandonner. Enfermer sa honte, la cacher.
Dans la nuit du tombeau j'enfermerai ma honte [RAC., Iphig. II, 1]
Entourer, clore. Les coteaux qui enferment ce vallon retiré. Il se dit aussi de personnes qui en enveloppent une autre.
Près d'être enfermé d'eux [par les Curiaces], sa fuite l'a sauvé [CORN., Hor. III, 6]
Le reste impatient, dans sa noble colère, Enferme la victime [ID., Héracl. v, 7]
Contenir, avoir en soi.
Ce corps n'enferme point une âme si commune [CORN., Médée, III, 3]
Quand ce peuple insolent qu'enferme Alexandrie Fit quitter au feu roi son trône et sa patrie [ID., Pomp. I, 3]
En ce vase chétif tout Hercule est enclos, Je puis en une main enfermer ce héros [ROTR., Herc. mour. v, 2]
Quand elle [l'histoire grecque] commence, celle du peuple de Dieu, à la prendre seulement depuis Abraham, enfermait déjà quinze siècles [BOSSUET, Hist. I, 8]
Son cœur n'enferme point une malice noire [RAC., Brit. v, 3]
[Dieu] qui fait même de ses serviteurs les maîtres du monde et de tout ce que le monde enferme [MASS., Car. Lazare.]
Supposer, contenir comme conséquence.
Je ne parle point du premier [objet] ; je traite particulièrement du second, et il enferme le troisième [PASC., Pensées, I, art. 2]
Enfin toutes sortes d'hommes, excepté les Dominicains, entendent par le mot suffisant ce qui enferme tout le nécessaire [ID., Prov. II]
On peut bien dire des choses fausses en les croyant véritables ; mais la qualité de menteur enferme l'intention de mentir [ID., Prov. X]
S'enfermer, v. réfl. Se mettre en un lieu fermé. S'enfermer dans un cloître.
J'irai m'enfermer dans des murs plus terribles pour moi que pour les femmes qui y sont gardées [MONTESQ., Lettr. pers. 155]
S'enfermer dans une place, s'établir, pour la défendre, dans une place qui va être assiégée. Fig.
Ma flamme par Hector fut jadis allumée, Avec lui dans la tombe elle s'est enfermée [RAC., Andr. III, 4]
Fermer la porte sur soi pour s'isoler. Ils se sont enfermés deux heures.
Cléopatre s'enferme en son appartement [CORN., Pomp. III, 1]
S'impliquer.
Ces trois choses ne se séparent jamais et s'enferment l'une l'autre [BOSSUET, Hist. II, 6]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Par les reliques qu'au pont [poignée d'une épée] fit enfermer [, Ronc. p. 111]
  • XIIIe s.
    Je demant toutes les cozes qui sont là enfremées [BEAUMANOIR, VI, 3]
  • XIVe s.
    Il fit enfremer les bouges [bourses] en un questel [coffre] [, Bibl. des Chartes, 1re série, t. III, p. 424]
  • XVe s.
    Il faisoit chaud, et le temps estoit moult enfermé [FROISS., II, II, 211]
  • XVIe s.
    Il contraignit le consul de s'enfermer dedans la ville de Capoue [AMYOT, Sylla, 56]

ÉTYMOLOGIE

  • En 1, et fermer ; bourguig. enfromai.

enfermer

ENFERMER. v. tr. Mettre quelqu'un ou quelque chose dans un lieu fermé de tous côtés. Enfermer un homme dans une prison. Enfermer des chevaux dans une écurie. Enfermer entre quatre murs. Enfermer dans une cage.

Il signifie, dans une acception particulière, Mettre quelqu'un dans une maison de fous, dans un lieu de correction. C'est un homme à enfermer. Son inconduite l'a fait enfermer.

Fig., Enfermer le loup dans la bergerie. Voyez BERGERIE.

S'ENFERMER signifie particulièrement Se retirer dans un lieu qu'on ferme ensuite, pour que personne ne puisse s'y introduire. Il s'enferme presque toute la journée pour travailler. S'enfermer dans son cabinet. S'enfermer avec quelqu'un. Il s'était enfermé dans une chambre d'où il opposa une vive résistance aux gens qui étaient venus pour l'arrêter.

S'enfermer dans une place, Demeurer dans une place qui va être assiégée et qu'on veut défendre.

S'enfermer dans un cloître, Se faire religieux ou religieuse.

Le participe passé s'emploie quelquefois comme nom. Sentir l'enfermé, se dit d'une Chose qui sent mauvais parce qu'il y a longtemps qu'elle n'a été à l'air, ou que l'air n'y a pénétré. Cette chambre sent l'enfermé. Dans ce sens on dit plutôt le renfermé.

ENFERMER signifie aussi Serrer, mettre une chose dans un lieu, dans un meuble, que l'on ferme, pour la mieux conserver, pour la soustraire aux regards, pour la garder plus sûrement. Enfermer des habits dans une armoire. Enfermer des papiers dans un secrétaire. Enfermer à clef, sous clef.

Il signifie encore Environner de toutes parts. Enfermer un parc de murailles. Enfermer de haies. Les ennemis se sont laissé enfermer entre deux rivières, entre deux montagnes.

Il signifie également Contenir, comprendre. Son coeur n'enferme point une méchanceté si noire. Ce passage enferme beaucoup de vérités. Cette proposition en enferme beaucoup d'autres.

enfermer

Enfermer, Includere, Concludere.

Enfermer dehors, Excludere.

Enfermer à part, Discludere, Secludere.

Enfermer de hayes ou de murailles, Consepire.

Enfermer de toutes pars, Circumcludere.

Les gens à cheval sont enceints et enfermez de toutes pars, Circumfunditur equitatus.

Enfermer oyseaux en une cage, Coercere, vel Includere aues carcere aut cauea.

Enfermer quelqu'un en prison, Aliquem in carcerem compingere, vel includere.

Laquelle chose j'ay enfermé à la clef, Quod ego sub claue habeo.

Estre enfermé à la clef, Sub claui esse.

Estre enfermé en sa maison, et ne hanter point, In operto esse.

Enfermé ensemble avec un autre, Conclausus, vel Conclusus.

Un lieu où on enferme quelque chose à part, Seclusorium.

enfermer


ENFERMER, v. act. [Anfêrmé: 1re lon. 2e ê ouv. 3e é fer.] 1°. Mettre dans un lieu d'où l'on ne puisse sortir; ou serrer dans un lieu qui ferme. "Enfermer un homme dans une maison, un habit dans un cofre, des papiers dans un cabinet. — Avec le seul régime absolu (l'acusatif) c'est mettre dans un hôpital des foux, ou dans un lieu de correction. "C'est un homme à enfermer. "On a été obligé de l'enfermer. = 2°. Environner et clôrre de toutes parts. "Enfermer un parc de murâilles, de haies. "Les énemis se laissèrent enfermer entre deux rivières, entre deux montagnes. = 3°. Contenir, comprendre. "Ce passage enferme beaucoup de vérités.
   REM. Enfermer se dit proprement de ce qu'on met dans un cofre, dans un cabinet; et renfermer, de ce que la Natûre fait naître dans la terre ou dans la mer, etc. Ainsi le P. Bouhours n'a pas parlé assez exactement, dans ses Entretiens d'Ariste et d'Eugène, quand il a dit: "Les perles que la natûre enferme dans son sein. Il falait dire, renferme.
   ENFERMÉ, s. m. Sentir l' enfermé, se dit de ce qui sent mauvais, à caûse qu'il y a long-temps qu'il n'a été à l'air. "Cette chambre sent l'enfermé. En ce sens on dit aussi, et mieux encôre, le renfermé. Acad.
   *ENFERMETÉ, ENFERMIER, se sont dits autrefois pour Infirmité, Infirmier. Ménage nous aprend que le 2d se dit dans la plupart des Provinces, et cet habile Grammairien, en disant qu'à Paris on dit Infirmier, ajoute que c'est ainsi qu'il faut dire. mais que c'est sans blâmer ceux qui disent l'enfermier. Ce mot est pourtant contraire et à l'usage et à l'étymologie: et c'est aujourd'hui un vrai barbarisme.

Synonymes et Contraires

enfermer

verbe enfermer
1.  Mettre dans un lieu fermé.
2.  Entourer complètement un lieu.
3.  Littéraire. Avoir en soi.

enfermer (s')

verbe pronominal enfermer (s')
Traductions

enfermer

confine, lock in, shut, close in, hold, lock, lock upכלא (פ'), נעל (פ')opsluiten, insluiten, opbergen, sluiten, wegbergenencerrarrinchiudere (ɑ̃fɛʀme)
verbe transitif
mettre qqnqqch dans un lieu clos enfermer qqn dans une pièce
mettre dans une pièce fermée à clé

enfermer

[ɑ̃fɛʀme] vt
[+ animaux] → to shut up
(= interner) → to lock up
(= mettre sous clef) [+ marchandises] → to lock up [ɑ̃fɛʀme] vpr/réfl
(dans un local, une maison) → to shut o.s. away
s'enfermer à clé → to lock o.s. in
s'enfermer dehors → to lock o.s. out
(fig) (= s'isoler) s'enfermer dans la solitude → to retreat into solitude
s'enfermer dans le mutisme → to retreat into silence [ɑ̃feʀe] vpr/vi
s'enferrer dans → to get tangled up in