enfumé, ée

ENFUMÉ, ÉE

(an-fu-mé, mée) part. passé.
Empli de fumée. Une chambre enfumée.
Incommodé par la fumée. Enfumé par une mauvaise cheminée. Un renard enfumé dans son terrier.
Noirci par la fumée.
Il n'y a si vil praticien qui, du fond de son étude sombre et enfumée, ne se préfère au laboureur qui jouit du ciel et qui fait de riches moissons [LA BRUY., VII]
S'offre d'abord un portique enfumé, De la discorde asile renommé [J. B. ROUSS., Allég. II, 2]
Tableau enfumé, tableau fort vieux que le temps a noirci. Verre enfumé, verre noirci par la fumée, dont on se sert pour regarder le soleil.
L'expérience du verre enfumé, dont on a parlé d'abord [MALEBR., Recherche, Réponse à Régis, ch. 1]
Fig.
L'ignorance, la stupidité, les passions, la superstition, la flatterie, la haine sont autant de verres enfumés, à travers lesquels presque tous les hommes voient les événements qu'ils racontent [D'ALEMBERT, Réfl. sur l'hist. Œuvres, t. IV, p. 186, dans POUGENS.]
De couleur de fumée.
Son teint jaune, enfumé, de couleur de malade [RÉGNIER, Sat. X]
Troublé par les fumées du vin.
T'ai-je fait voir de joie une belle animée, Qui, souvent d'un repas sortant tout enfumée, Fait même à ses amants, trop faibles d'estomac, Redouter ses baisers pleins d'ail et de tabac ? [BOILEAU, Sat. X]