engeance

engeance

[ ɑ̃ʒɑ̃s] n.f. [ de l'anc. fr. engier, augmenter ]
Litt. Catégorie de personnes que l'on méprise : Il appartient à l'engeance des délateurs.

engeance

(ɑ̃ʒɑ̃s)
nom féminin
catégorie de personnes que l'on méprise Quelle engeance maudite !

ENGEANCE

(an-jan-s') s. f.
Race, en parlant de certains animaux domestiques. Ces canes, ces poules sont d'une belle engeance. Fig.
La peur, la trahison, le meurtre, la vengeance, L'horrible désespoir et toute cette engeance De maux qu'on voit régner.... [RÉGNIER, Sat. VI]
Par extension, il se dit des hommes.
Du temps que les bêtes parlaient, Les lions entre autres voulaient être admis dans notre alliance ; Pourquoi non, puisque leur engeance Valait la nôtre en ce temps-là ? [LA FONT., Fabl. IV, 1]
Ils y perdirent peu, puisque l'humaine engeance En aurait aussi bien croqué sa bonne part [ID., ib. x, 4]
Elle jura par Pluton Que toute l'engeance humaine Serait bientôt du domaine Des déités de là-bas [ID., ib. VIII, 20]
En mauvaise part.
Ah ! sortez promptement, engeance de vipère [TRISTAN, Mort de Chrispe, IV, 4]
Je crains plus que la mort cette engeance idolâtre De lutins importuns qu'engendre le théâtre [ROTR., St-Genest, II, 3]
Babillard, censeur et pédant, Sont en plus grand nombre qu'on pense ; Chacun des trois fait un peuple fort grand ; Le Créateur en a béni l'engeance [LA FONT., Fabl. I, 19]
Quand de ces médisants [les poëtes satiriques] l'engeance tout entière Irait la tête en bas rimer dans la rivière [BOILEAU, Sat. IX]
De tous collatéraux l'engeance est trop maligne [REGNARD, le Légataire, v, 8]
Il conclut qu'Ituriel avait de bonnes raisons pour détruire toute cette engeance [VOLT., Babouc.]
Il se dit parfois même d'une seule personne.
Ah ! malheureuse engeance ! apanage du diable ! C'est toi qui m'as joué ce tour abominable [REGNARD, Folies amour. I, 2]

REMARQUE

  • En Lorraine, on se sert très souvent d'engeance dans le sens d'embarras : J'aurais des difficultés, des procès, ce serait une belle engeance, toute une engeance.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    L'affection que l'engendrant porte à son engeance [MONT., II, 69]
    Ainsi choisi ce bestail, masle ou femelle, afin de le multiplier par engeance [O. DE SERRES, 279]
    Qui desire avoir des grands moutons et brebis, n'en doit tirer l'engeance de bestail trop jeune [ID., 317]
    De la deffiance vient la dissimulation, son engeance [CHARRON, Sagesse, p. 400, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Enger.

engeance

ENGEANCE. n. f. Espèce d'homme méprisable. Quelle maudite engeance! Débarrassez- moi de cette engeance.

engeance

Engeance, Garder l'engeance et race, Indolem frugum et seminum conseruare.

engeance


ENGEANCE, s. f. [Anjance; 1re et 2e lon. 3e e muet: dans ean, l' e est muet: il n'est là que pour doner au g un son doux qu' il n'a pas devant l'a: sans cet e surajouté, on prononcerait engance. — Richelet et Danet écrivent engence: Cette ortographe serait plus simple; mais elle est contre l'usage.] Race, en parlant des volailles. Canes, poules, d'une belle engeance, de la grande engeance. = En parlant des hommes, il ne se dit que par injure, et n'est pas du beau style. La Fontaine a eu raison de s'en servir dans une Fable.
   Mais ne vous moquez point, engeance sans pitié,
   Souvent il vous arrive un sort comme le nôtre.
Et M. l'Ab. Reyre.
   Quand autrefois, par sa toute puissance,
   Le Souverain maître des cieux,
   Des humains eut produit l'engeance.
Mais il semble que Bossuet a eu tort de l'employer dans l' Histoire des variations. "Il étoit étoné d'où pouvoit venir cette engeance du Manichéisme. Aujourd'hui l'on est plus délicat, et l'on ne passerait pas si aisément ce mot dans une histoire sérieûse.

Traductions

engeance

genia

engeance

[ɑ̃ʒɑ̃s] nfmob