enivrant

enivrant, e

[ ɑ̃nivrɑ̃, ɑ̃t] adj.
Qui enivre : Les effluves enivrants d'un parfum capiteux, entêtant étourdissant, exaltant, grisant

enivrant

ENIVRANT, ANTE. (On prononce En-ni dans ce mot et dans les deux suivants.) adj. Qui enivre. Boisson enivrante. Fig., Louanges enivrantes. Applaudissements enivrants.

enivrant


ENIVRANT, ou mieux, ENNIVRANT, ANTE, adj. ENNIVRER, v. act. ENNIVREMENT, s. m. [Anivran, vrante, vré, vre-man: 3e lon. aux 2 1ers, é fer. au 3e, e muet au dern. — Les deux n paraissent nécessaires à ces mots. L'ortographe ordinaire est capable d'induire en erreur pour la prononciation. En écrivant enivrer, enivrant, etc., il semble qu'on doit prononcer énivrer, énivrant, comme on prononce énigme, énigmatique. Que si l'on écrit ennivrer, comme ennuyer, l'ortographe est alors conforme à la prononciation. Dans l'un, comme dans l' aûtre de ces deux mots, la 1ren ne sert qu'à doner à l'e le son de l'a, et la 2de se joint à la voyelle suivante. Pour être conséquent, il faut écrire enuyer, enoblir, comme on écrit enivrer; ou il faut écrire ennivrer, comme on écrit ennoblir, ennuyer. Il serait donc convenable qu'ennemi, qui a une n de trop, la cédât à enivrer, qui en a une de moins. Voy. ENN. Voy. ENNEMI. L'Acad. avertit que dans enivrer et ses dérivés, la 1re syllabe est nasale. Il ne reste donc plus d'n pour l'i qui suit, et il faudrait prononcer an-ivré. = On écrivait aûtrefois enyvrer avec un y, parce qu' on écrivait yvre, yvresse; mais il n'y a aucune raison pour mettre là cet y, qui est une lettre étrangère qui ne doit plus être employée que pour marquer l'étymologie grecque, ou pour faire fonction de deux i, comme dans ayant, essuyer. Voy A, voy. Y.]
   ENNIVRANT, qui ennivre. Liqueur ennivrante. Il est plus usité au figuré qu'au propre. "Bientôt les sots mêmes seront forcés d'ouvrir les yeux, au milieu de la vapeur enivrante dont ils (les Philosophes) les repaissent Sabat. Trois Siècles, etc. "La vapeur ennivrante du laurier ne vaut jamais la liqueur douce et salutaire de l'olive. Linguet. "Mon langage est loin des éloges enivrans que lui prodigue une aveugle prévention. Salaun.
   ENNIVRER, rendre ivre: "Il l'ennivra. "La bière ennivre comme le vin. "Il s'ennivre tous les jours. — On dit, par extension, que le tabac ennivre; que les vapeurs d'un pressoir; que certaines odeurs ennivrent. = Il est beau au figuré. "Les louanges, les flatteries ennivrent. "Cet homme s'ennivre de la bonne opinion qu'il a de lui-même. Racine, dans Andromaque, dit, de Pyrrhus:
   S'ennivrer, en marchant, du plaisir de la voir.
"Heureux, au sein de Dieu, qui couronne tes travaux; nageant dans son immensité, tu t'ennivres d'éternelles voluptés. Jér. Dél. "Ce ne fut point le sommeil, qui lui versa ses doux pavots; ce fut la discorde, qui l'ennivra de ses poisons. Ibid. "Sa redoutable épée s'ennivre de carnage, et sème par-tout le trépas. Ibid.
   ENNIVRER, s'emploie aussi figurément, dans le style familier et proverbial. "Il s'ennivre à force de parler: "Je n'aime point à m'enivrer d'écriture. SÉV. "S'ennivrer de son vin, boire tout seul avec excès; et au figuré, avoir bone opinion de soi. = Rem. Quand ennivrer est sans régime, il ne signifie qu'un cerveau troublé par les vapeurs du vin. Ainsi, l'Auteur du Dithyrambe, aux mânes de Voltaire, a dit ce qu'il ne voulait pas dire, en disant, dans son début:
   Quel est donc ce Vieillard, ce mortel adoré,
   Qui traîne sur ses pas tout un peuple enivré?
Si le peuple était ivre, son afluence autour de Voltaire n'est pas flateûse. Ann. Litt.
   ENNIVREMENT, se dit moins au propre qu'au figuré. "L'ennivrement de l'amour et des passions.

Synonymes et Contraires

enivrant

Traductions

enivrant

(ɑ̃nivʀɑ̃)

enivrante

intoxicatingממסטל (ת), משכר (ת), מְמַסְטֵל, מְשַׁכֵּרbedwelmend, opwindendμεθυστικόςinebriante (ɑ̃nivʀɑ̃t)
adjectif
qui excite les sens un parfum enivrant

enivrant

[ɑ̃nivʀɑ̃, ɑ̃t] adjintoxicating [ɑ̃nivʀe] vpr/vi (alcool) → to get drunk
s'enivrer de [+ émotions, paroles] (fig) → to become intoxicated with