enrouiller

(Mot repris de enrouillent)

ENROUILLER

(an-rou-llé, ll mouillées, et non an-rou-yé) v. a.
Rendre rouillé, couvrir de rouille. L'humidité enrouille le fer.
Fig. L'oisiveté enrouille l'esprit.
S'enrouiller, v. réfl. Devenir rouillé. Le fer s'enrouille ; on dit plutôt se rouille. Ne pas laisser enrouiller ses dents, manger de grand appétit.
Quant à Hortensius, il ne laissa pas enrouiller ses dents ; oh ! qu'il lui faisait bon voir ronger une cuisse de poulet ! [, Francion, IV, p. 154]
Fig. S'enrouiller en province, n'être plus au fait, au courant. S'enrouiller dans l'oisiveté, perdre son activité, son aptitude.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    S'espée ala maintenant querre, Qui iert [était] enroillie et frete [rompue] [, Ren. 17319]
    Aussi li homs qui wiseus [oisif] est Et riens ne fait, en peril est Que assez tost enruilliez Ne soit par vices et pechiés [DU CANGE, rubiginare.]
  • XVe s.
    Essayer vueil se je sauroye Rimer ainsi que je souloye ; Au moins j'en feray mon povoir, Combien que je congnois et sçay Que mon langage trouveray Tut enroillié de non chaloir [CH. D'ORL., Bal. 74]
  • XVIe s.
    Usant mesme de formes de parler quasi enrouillées de vieillesse, afin de couvrir tant mieux ses tromperies sous telles masques [CALV., Inst. 38]
    Le fer s'enrouille [PARÉ, IX, 10]
    La terre trop abruvée ne produit autre herbe qu'enrouillée et de ma ligne nature [O. DE SERRES, 261]

ÉTYMOLOGIE

  • En 1, et rouille.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

enrouiller

ENROUILLER. v. tr. Rendre rouillé. L'humidité enrouille le fer. Fig., Molière a ridiculisé le savoir enrouillé des pédants. On dit plus ordinairement ROUILLER.
Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

enrouiller

s'Enrouiller, Rubiginem trahere, AEruginem contrahere, Obducere rubiginem, Rubiginare.

Couleur ressemblant au fer enrouillé, Ferrugineus color.

Enrouillé, Rubiginosus.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

enrouiller


ENROUILLER, v. a. [An-rou-glié; 1re lon. 3e é fer. mouillez les ll.] Au propre, rendre rouillé. "L'humidité enrouille le fer. "Le fer s'enrouille. — Au figuré. L' oisiveté enrouille l'esprit. "L'imagination s'enrouille faûte d'exercice. "Je viens d'un pays où je me suis fort enrouillé. Voiture.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788