enté, ée

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ENTÉ, ÉE

(an-té, tée) part. passé.
Qui a reçu une ente. Cognassier enté de prunier.
Mis en ente. Prunier enté sur cognassier.
Par extension, il se dit des choses qui sont jointes les unes aux autres, posées les unes sur les autres.
Nous pouvons bien imaginer distinctement une tête de lion entée sur le corps d'une chèvre, sans qu'il faille conclure pour cela qu'il y ait au monde une chimère [DESC., Mèth. IV, 8]
Il fallait que ce nouveau peuple fût enté sur le premier [BOSSUET, Hist. II, 7]
Ce sont morceaux de rochers Entés les uns sur les autres Et qui font dire aux cochers De terribles patenôtres [LA FONT., Lettres à sa femme, 19 sept. 1663]
Ce visage d'Éthiopienne enté sur un corps de Grecque semblait quelque chose de fort étrange [ID., Psyché, II, 211]
Canne entée, canne composée de plusieurs pièces emboîtées les unes dans les autres.
Il se dit aussi des choses qui ne peuvent que métaphoriquement être supposées unies, entées. Il a un orgueil enté sur une très grande dignité d'âme.
Un songe sur lequel les autres sont entés [PASC., Grandeur, 25]
La personnalité humaine a été comme entée sur la personnalité du verbe [ID., Prov. 11]
La religion seule fait quelquefois des conversions surprenantes et des changements miraculeux ; mais elle ne fait guère toute une vie égale et uniforme, si elle n'est entée sur un naturel philosophique [FONTEN., des Billettes.]
Cette maison est entée sur telle autre, elle en a pris le nom.
C'est [Montbron] le dernier de ces faux entés sur Montbron, c'est-à-dire son père qui lui survécut [SAINT-SIMON, 3, 359]
Un grand nom sur lequel on est enté et qu'on ne tient pas de ses ancêtres [MASS., Petit car. Obstacles.]
Il se dit d'une personne par rapport à ses diverses qualités. C'est un financier enté sur un praticien.