entendement

entendement

n.m.
Aptitude à comprendre ; bon sens, raisonnement, jugement : Un tel engouement dépasse l'entendement est incompréhensible, n'est pas raisonnable

entendement

(ɑ̃tɑ̃dmɑ̃)
nom masculin
être incroyable, inconcevable, incompréhensible Ce chef d'État a insulté la foule, cela dépasse l'entendement !

ENTENDEMENT

(an-tan-de-man) s. m.
L'esprit considéré en tant qu'il conçoit.
Notre imagination ni nos sens ne nous sauraient jamais assurer d'aucune chose si notre entendement n'y intervient [DESC., Méth. IV, 6]
L'entendement est la lumière que Dieu nous a donnée pour nous conduire [BOSSUET, Connaiss. I, 7]
Une certaine vertu qui captive les entendements [ID., Panég. de saint Paul]
J'appelle la faculté ou la capacité qu'a l'âme de recevoir différentes idées et différentes modifications, entendement [MALEBR., Recherche, I, I, 1]
C'est moins dans l'entendement que dans la volonté et les penchants secrets qu'il faut chercher la source de nos peines [DIDEROT, Opinions des anc. phil. (Thomasius)]
Comme l'oreille entend les sons, l'âme entend les idées, et on dit l'entendement de l'âme [CONDILLAC, Gramm. Précis des leç. prélim. art. 2]
L'entendement n'est que la collection ou la combinaison des opérations de l'âme [ID., Connaiss. hum. section 2e, ch. 8]
Bon esprit, jugement, sens. C'est un homme d'entendement. Il faut avoir perdu l'entendement pour se comporter ainsi.
Mon entendement Ne peut s'imaginer quelle amour te dispose A nous favoriser [MALH., I, 1]
L'oiseau chasseur lui dit [au chapon] : ton peu d'entendement Me rend tout étonné ; vous n'êtes que racaille [LA FONT., Fabl. VIII, 21]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Cant [quand] par l'avenement del Saint Espir vient el corage de chascun de nos [nous] savoirs et entendemenz, conselz et force, science et pieteiz [, Job, p. 495]
    Dune à mei entendement, que je sace les tuens testimonies [tes témoignages] [, Liber psalm. p. 193]
  • XIIIe s.
    Por ce, vous autre ome, ne voulliez mie estre fait si comme chevaus et muls à cui entendemenz n'est mie [, Psautier, f° 39]
    Bien doit estre amés et prisiés Valès [jeune-homme] de noble entendement, Quand il en use sagement [, la Rose, 8369]
    Et por fere plus cler entendement en cest cas, et por monstrer le peril qui est en manecier, noz recorderons un jugement que.... [BEAUMANOIR, XXXIX, 13]
    Toutes les fois que paroles sont dites, lesqueles paroles ont plusors entendemens, on doit penre le meillor entendement por celi qui le [la] parole dist [ID., XII, 43]
  • XIVe s.
    Chascun qui est raisonnable et a bon entendement [ORESME, Eth. 48]
    La plus noble chose qui soit en nous et en laquelle nous passons les bestes, c'est en entendement et en raison [ID., ib. 9]
  • XVe s.
    Et estoit grand pitié à gens d'entendement de veoir les choses en l'estat qu'elles estoient [JUVENAL, Charles VI, 1417]
    Et luy avoit Dieu troublé le sens et l'entendement [COMM., IV, 2]
    Le temps qu'il [Louis XI] reposoit, son entendement travailloit [ID., VI, 13]
  • XVIe s.
    Ils sont adextres d'entendement et merveilleusement prompts et diligents [PARÉ, Introd. 6]

ÉTYMOLOGIE

  • Entendre ; provenç. entendemen ; catal. entendiment ; espagn. entendimiento ; ital. intendimento.

entendement

ENTENDEMENT. n. m. T. de Philosophie. Faculté par laquelle l'esprit conçoit. L'entendement humain. L'entendement, la mémoire et la volonté sont trois facultés distinctes. Les premières opérations de l'entendement.

Il signifie aussi, soit dans le langage philosophique, soit dans le langage courant, Aptitude à comprendre. C'est un homme de petit entendement, de peu d'entendement. Il faut avoir perdu l'entendement pour se conduire ainsi.

entendement

L'esprit et entendement que l'homme a de nature, Ingenium.

Un lourd et dur entendement, Plumbeum ingenium.

Aguiser l'entendement, Ingenium acuere.

Avoir entendement, Mentem habere.

S'ils eussent eu ce peu d'entendement, Si hoc mentis habuissent.

L'un a meilleur entendement que l'autre, Praestat ingenio alius alium.

Mettre son entendement à quelque chose, Mentem deponere in re aliqua.

Si tu y mets ton entendement, Si aduigilaueris, Bud. ex Terentio.

Homme d'entendement, Cordatus, Corculum, Corculus, B. ex Cic. ex Plin.

Perdre l'entendement, Labi mente.

Faire quelque chose de tout son entendement, Tota mente in rem aliquam incumbere.

Qui a grand entendement, Plenus ingenij.

Qui est mis hors de son entendement, Permotus mente.

Ceste herbe fait l'entendement subtil, Exacuit animum haec herba.

Veoir et comprendre en son entendement, Accipere animo.

entendement


ENTENDEMENT. s. m. ENTENDEUR, s. m. ENTENDRE, v. act. [Antandeman, deur, dre: 2e lon. 3e e muet au 1er et au dern.] I. Entendement, est 1°. la faculté de l'âme, par laquelle elle conçoit. "L'entendement humain: les opérations de l'entendement. = 2°. Jugement, bon-esprit. "Avoir ou n' avoir pas de l'entendement. "C'est un homme d'entendement ou de petit entendement.
   II. ENTENDEUR, qui entend et conçoit bien. Il ne s'emploie que dans ces phrâses proverbiales. "À~ bon entendeur salutà bon entendeur peu de paroles.
   III. ENTENDRE a diférens sens; ouir, comprendre, prétendre, consentir. Voitûre renferme deux de ces significations dans la même phrâse. "Il n'y a pas une dame qui ait si bien entendu la galanterie, ni si mal entendu les galans. — Ce jeu de mots paraitra à plusieurs de mauvais goût.
   ENTENDRE, difère d'écouter et d'ouïr, en ce que, entendre c'est être frapé des sons; écouter, c'est prêter l'oreille pour les entendre; ouïr difère d'entendre en ce qu'il marque une sensation plus confûse. Quelquefois on n'entend pas, quoiqu'on écoute, et souvent on entend sans écouter, et l'on écoute sans entendre. Quelquefois aussi on a ouï parler sans avoir entendu ce qui a été dit. "Il est souvent à propos de feindre de ne pas entendre. Il est malhonête d'écouter aux portes. Pour répondre juste, il faut ouïr distinctement. GIR. synon. "Votre solution me proûve que vous m'avez entendu, (compris) ou plutôt que vous m'avez écouté, car vous n' avez besoin que d'écouter pour entendre. J. J. ROUSS.
   REM. Entendre, ouïr, régit les verbes à l'infinitif, sans préposition; mais il n'a ce régime qu'à l'actif; il ne l'a pas, quand il est employé au passif. Au lieu de dire avec le P. Charlevoix. "Ils furent entendus prononcer les Saints Noms de Jesus et de Marie, dites: on les entendit prononcer, etc. Un Auteur très-moderne, en employant ce régime des verbes, met les noms au datif. "Les Évêques protecteurs de l'Hérésiarque lui entendoient froidement proférer ces erreurs. Berault de Bercastel. Il faut, l'entendoient proférer, etc. "Les Peres lui entendoient pousser de profonds soupirs. Vie de St. P. d'Alc. l'entendoient pousser. — Il n'a ce régime qu'avec les verbes dire, raconter, etc. Je lui ai entendu dire, raconter, etc. = Entendre, prétendre, a le même régime, l'infinitif. "Je n'entends point parler à ceux qui, etc. je ne prétends point parler, etc. mon dessein n'est pas de parler, etc.
   ENTENDRE, neutre, et avec la prép. à pour régime, signifie consentir. "Le Duc de Weymar promit de n'entendre à aucun acomodement, etc. Reboulet. Il ne se dit qu'avec la négative ou avec le si de doute. "Cet honneur plaidait sa caûse dans mon âme, tandis que la cupidité plaidait la siène... je ne savais auquel entendre. "S'il veut entendre à ce mariage, s'il y veut entendre, etc. "Il n'y veut point entendre.
   ENTENDRE, vouloir, avoir intention, régit que avec le subjonctif. "J'entends que vous le fassiez. Quand il est au prétérit, on met le verbe régi au futur conditionel. "J'ai toujours entendu que vous le feriez. — Il n'est pas du style élevé.
   S'ENTENDRE, s'acorder régit avec ou ensemble pour les noms et la prép. pour devant les verbes. Voiture a employé la prép. à. "Vous vous êtes entendu avec elle à me nuire. Dites pour me nuire. — Ce régime de la prép. à apartient à s'entendre, signifiant se conaître à, être habile, exercé à, etc. "Il s'entend à conduire un procès comme à ramer des choux. Style proverbial.
   ENTENDRE entre dans plusieurs expressions familières ou proverbiales. On dit, entendre la Messe, pour assister à la Messe. — Entendre à demi-mot, comprendre facilement, sans avoir besoin d'une grande explication. — Entendre finesse ou malice à quelque chôse, y doner un sens fin ou malin. — N'entendre ni rime ni raison, refuser par humeur de se rendre à ce qu'on propôse de plus raisonable. — Doner à entendre, laisser entendre, insinuer. — Je m'entends bien: Je sais ce que je veux dire. — Entendons-nous, écoutons ce que chacun de nous dit, ou bien, comprenons bien les intentions les uns des aûtres, ou encôre, agissons de concert. — Comment l'entend-il? Comment l'entendez-vous? De quel droit fait-il, dit-il cela: le faites-vous, le dites-vous? — Cela s'entend, cela s'entend bien. Cela se supôse ainsi, cela doit être ainsi, cela n'est pas douteux. = À~ l' entendre, adv. "À~ l'entendre, rien n'étoit jamais dificile. Télém. "Il semble à l' entendre, que je demande quartier. Boss.
   On dit, proverb., ils s'entendent comme larrons en foire, ils sont d'intelligence dans cette afaire. Cela se prend en mauvaise part. — Il s'entend à cela, comme à faire un cofre. On fait tant de bruit, qu'on n'entendroit pas Dieu toner. — Il n'y a pas de pire sourd, que celui qui ne veut pas entendre.

Synonymes et Contraires

entendement

nom masculin entendement
Aptitude à comprendre.
Traductions

entendement

הבנה (נ), הסכמה (נ), השכל (ז), שכל (ז)

entendement

verstand

entendement

νόηση

entendement

Verständnis

entendement

разбиране

entendement

forståelse

entendement

ymmärtäminen

entendement

이해

entendement

förståelse

entendement

[ɑ̃tɑ̃dmɑ̃] nmunderstanding