entendu, ue

ENTENDU, UE

(an-tan-du, due) part. passé d'entendre
Qui a été perçu par l'oreille. Le tonnerre entendu de loin. Des menaces à peine entendues de celui à qui elles s'adressaient.
Qui a été écouté. L'accusé entendu dans ses moyens de défense. Terme de palais. La cause est entendue, c'est-à-dire les débats sont clos.
Dont le sens a été saisi. Cette phrase diversement entendue par les traducteurs.
Le monstre furieux de se voir entendu Venge aussitôt sur lui tant de sang répandu [CORN., Œdipe, I, 4]
C'est entendu, c'est-à-dire c'est convenu, arrêté.
Teresina : N'oublie pas de laisser la petite porte ouverte en t'en allant. - Tenorio : C'est entendu [PICARD, Alcade, II, 13]
Bien entendu, loc. adv. Assurément, sans doute. Y consentez-vous ? bien entendu. Bien entendu que, loc. conj. Toutefois, pourtant. Voilà la règle, bien entendu qu'il y a des exceptions.
Causons comme si nous n'avions rien à démêler ; bien entendu, ajouta-t-elle, que nous ne nous en aimerons pas davantage et que nous reprendrons nos démêlés au retour [Mme DE CAYLUS, Souvenirs, dans POUGENS]
Qui a l'intelligence d'une chose. Un homme entendu aux affaires.
Qu'on ne croie pas qu'il fût peu entendu dans ces affaires [BOSSUET, Var. 5]
Les hommes les plus entendus à la guerre [ID., Hist. III, 6]
Des hommes fins ou entendus [LA BRUY., XI]
Fort entendu au métier de la guerre [FLÉCHIER, Hist. de Théod. II, 16]
Substantivement. Faire l'entendu, agir en personne qui s'entend aux choses, et, le plus souvent, en un sens défavorable, faire l'important, le capable.
Au reste, il fait l'entendu comme s'il était sorti de la côte de saint Louis [SCARR., Rom. com. I, 5]
Vous voyez que je fais un peu l'entendue [SÉV., 111]
Quoique je fasse l'entendue, je ne suis pas si habile [ID., 239]
On dit dans le même sens trancher de l'entendu.
....J'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne, Et, si l'on veut les croire, ont vu chaque campagne, Sur chaque occasion tranchent des entendus, Content quelque défaite.... [CORN., Ment. III, 3]
Bien entendu, disposé avec intelligence, avec art. Une draperie bien entendue.
La décoration en est bien entendue [TH. CORN., l'Inconnu, v, 4]
Dieu qui avait fait un ouvrage si bien entendu et si capable de satisfaire tout ce qui entend.... [BOSSUET, Connaiss. IV, 8]
Ce fut à frais communs qu'ils donnèrent les repas les mieux entendus et les plus délicats qu'on eût encore vus [HAMILT., Gramm. 11]
Les jardins étaient bien entendus et ornés de belles statues [VOLT., Cand. 25]
Il les vint prendre lui-même, pour les inviter à un repas propre et bien entendu [ID., Zadig, 20]
Dans le sens contraire, tout était mal entendu, disposé sans goût, sans intelligence. Bien entendu, mal entendu, se dit aussi des choses morales.
Si vous n'eussiez fait que conquérir la Grèce, les îles voisines et peut-être encore quelque petite partie de l'Asie Mineure, et vous en composer un État, il n'y avait rien de mieux entendu ni de plus raisonnable [FONTEN., Dial. des morts, Alexandre et Phriné.]
À l'égard des personnes qu'un zèle sincère, quoique mal entendu, pourra indisposer contre moi, j'en respecterai la cause sans en craindre et sans en approuver l'effet [D'ALEMB., Ab. de la crit. Œuv. t. IV, p. 285, dans POUGENS]
Loin d'être une mauvaise mère, elle a une tendresse très bien entendue pour les enfants [Mme DE GENLIS, Adèle et Théod t. I, lett. 21, p. 154, dans POUGENS.]

REMARQUE

  • Entendu toutes les parties, ou bien les parties entendues. Le participe est indéclinable dans le premier cas, déclinable dans le second, d'après la règle moderne qui veut qu'ainsi placé, le participe soit indéclinable, par exemple : excepté, inclus, etc.