enveloppé, ée

ENVELOPPÉ, ÉE

(an-ve-lo-pé, pée) part. passé d'envelopper
Garni de quelque chose qui s'enroule. Ces livres sont enveloppés avec soin. Enveloppé dans son manteau. Enveloppé jusqu'aux yeux. Chrysalides enveloppées, celles des lépidoptères, parce qu'en effet elles sont enveloppées d'un léger réseau de soie entre des feuilles. Fig.
Et l'exil d'Aristie enveloppé d'ennuis [CORN., Sertor. II, 1]
.... Sa valeur trompée Des maux que j'ai prévus se voit enveloppée [RAC., Alex. III, 2]
Le roi d'un noir chagrin paraît enveloppé [ID., Esth. II, 1]
Cet homme caché dans son désert, enveloppé dans sa vertu et comme anéanti en lui-même, devint un des plus nobles instruments dont Dieu se soit servi dans son Église pour faire éclater sa puissance [FLÉCH., Panégyr. St François de Paule]
Je vois la fille de Sion enveloppée de sa honte et de son ignominie [MASS., Villars.]
C'est à la sagesse humaine et corrompue à être incertaine et timide ; toujours enveloppée sous de fausses apparences, elle doit toujours craindre qu'un coup d'œil plus heureux ne la perce enfin et ne la démasque [ID., Pet. car. Écueils.]
Dans ses sombres fureurs Assur enveloppé [VOLT., Sémir. v, 1]
Pour moi, qui dans ma carrière publique n'ai jamais craint que d'avoir tort ; moi qui, enveloppé de ma conscience et armé de principes, braverais l'univers.... [MIRABEAU, Collection, t. I, p. 51]
Il se dit de personnes, de troupes qu'un nombre supérieur entoure. Les séditieux enveloppés par les gendarmes.
Il lui importait de former le plus grand front qu'il lui serait possible, sans trop affaiblir ses phalanges, pour ne pas être enveloppé [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. II, p. 206, dans POUGENS]
Je veux que, d'ennemis partout enveloppée, Rome rappelle enfin le secours de Pompée [RAC., Mithr. III, 1]
Il se dit des choses dans un sens analogue. Enveloppé par un tourbillon de poussière, par les flammes.
Qui est en butte au même accident qu'un autre, qui est atteint par le même danger. Tous deux enveloppés dans une même accusation.
Il croyait qu'il ne pouvait être enveloppé dans sa ruine [FÉN., Tél. XI]
Tout Juda, comme vous, plaignant sa destinée [de Joas], Avec ses frères morts le crut enveloppé [RAC., Athal. IV, 3]
Sans cette précaution, vous pourriez bien vous trouver enveloppé dans sa disgrâce [MAINTENON, Lett. au duc de Noailles, 4 août 1714]
Caché comme sous une enveloppe.
Ils cultivent un désir enveloppé de la mort d'autrui [LA BRUY., VI]
Ce n'était point un mérite enveloppé, qui perçât difficilement au travers d'un extérieur triste et sombre [FONTEN., Malezieu.]
Avoir l'esprit enveloppé dans la matière, être fort grossier, sans esprit. Un esprit enveloppé, un homme dont les idées sont confuses et les expressions obscures. Discours enveloppé, discours dont l'expression est rendue obscure par circonspection.
Je vous fais tort de douter de votre intelligence sur ce qui est un peu enveloppé [SÉV., 66]
On craint assurément d'être entendu, ou plutôt on ne s'entend pas soi-même, quand on se charge de tant de paroles inutiles, de tant de phrases enveloppées, de tant de passages confusément entassés [BOSSUET, Var. XII, § 5]
Il sait parler d'une manière enveloppée [LA BRUY., X.]
Platon ne nous a exposé ses opinions que d'une manière enveloppée [FÉN., Platon.]
Sa manière de s'expliquer était sublime, et quelquefois fort enveloppée [FONTEN., Jugem. de Pluton.]
Elle n'est qu'un amas d'équivoques ou de blasphèmes enveloppés [MASS., Av. Circ.]
Raisonnement enveloppé, raisonnement obscur, embarrassé.

REMARQUE

  • Voltaire a dit : Mon fils enveloppé dans un piége funeste, Mérope, IV, 1. C'est une métaphore manquée : il a pris piége pour filet.