erre


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erre

n.f. [ de l'anc. fr. errer, voyager, du lat. iter, itineris, voyage ]
Vitesse résiduelle d'un navire sur lequel n'agit plus le dispositif qui lui permet d'avancer : Laisser une barque courir sur son erre.

ERRE

(ê-r') s. f.
Train, allure. Il n'est usité que dans ces locutions : aller grand'erre ; aller belle erre.
Aucuns à coups de pierre Poursuivirent le dieu qui s'enfuit à grand'erre [LA FONT., Scam.]
Car comme l'on m'a fait tantôt courir grand'erre [TH. CORN., Geôlier de soi-même, III, 3]
Terme de marine. Vitesse acquise par le navire. Ce bâtiment n'ayant plus assez d'erre, le gouvernail ne fonctionne pas. Diminuer l'erre d'un vaisseau.
Au plur.Terme de chasse. Traces et routes d'un cerf. Les erres sont rompues, les traces sont effacées. On dit qu'un cerf est de hautes erres lorsqu'il fait de longues fuites, ou quand il y a plusieurs heures qu'il est passé. Fig. Suivre les erres, aller sur les erres de quelqu'un, l'imiter dans sa conduite ; adopter ses opinions, ses sentiments. Reprendre, suivre les premières erres, les dernières erres, reprendre une affaire où on l'avait laissée. Les erres, parties de devant d'une bête à quatre pieds, en y comprenant les épaules.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Endementres [pendant ce temps] ad fait tut sun eire [voyage] aprester [, Th. le mart. 48]
  • XIIIe s.
    Le jor qu'el devra l'erre prendre [venir] [, la Rose, 14521]
  • XVe s.
    Il n'est pas bon de trop enquerre Ne s'empechier es faiz des cours ; S'on m'assault, pour avoir secours, Vers nonchaloir iray grant erre [CH. D'ORL., Rond.]
    Le mareschal appresta son erre au plus tost qu'il put [, Boucic. II, 6]
  • XVIe s.
    Bajazet se sauvoit belle erre sur une jument arabesque, si.... [MONT., I, 367]
    Mais quoi ? je vole un peu trop hault, Et m'esloigne trop de mes errès [DU BELLAY, VII, 74, verso.]
    Montauban demeura donc jusques à la paix en cet estat, où nous la lairrons pour conduire le duc de Montpensier et Burie joint à lui, sur les airres des vaincus [D'AUB., Hist. I, 162]
    Voiant aux desmarches du duc qu'il prenoit toutes les erres d'un siege [ID., ib. II, 310]
    Hocstrat, esperant annuler la sentence, print ses erres vers Rome [SLEIDAN, f° 23]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. iter, chemin ; ce que montre l'ancienne orthographe eire, et aussi oire, et le provençal edrar, voyager, qui représente iterare, au sens non latin de voyager.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • ERRE. Ajoutez : - REM. Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne, a fait masculin ce mot au sens d'errement : Il y a ici un autre livre nouveau fait par Bandole.... on m'a dit qu'il continue toujours ses premiers erres de parler contre un homme qu'il ne nomme point. C'est un archaïsme ; erre était masculin dans l'ancienne langue.

erre

ERRE. n. f. Train allure. Il n'est usité que dans ces phrases, qui même ont vieilli, Aller grand-erre, Aller bon train, aller vite.

En termes de Marine, il signifie Vitesse acquise d'un bâtiment. Amortir, diminuer l'erre d'un vaisseau. Ce bâtiment n'a plus d'erre, Il est arrêté, il ne marche plus. Ce bâtiment a repris son erre.

ERRES, au pluriel, se dit, en termes de Chasse, des Traces ou voies du cerf. Les erres sont rompues, Les traces sont effacées. Les hautes erres se dit quand il y a un certain temps qu'un cerf est passé.

Fig. et fam., Suivre les erres, marcher sur les erres, aller sur les erres de quelqu'un, Tenir la même conduite que lui, l'imiter.

erre

Erre, Chemin. Grand erre, Magnis itineribus, Celeriter, Festinanter.

Aller à grand erre et à grand haste.

Erre de la mer, c'est le flot et comme alleure de la mer. Ainsi dient les mariniers, que le Revers du gouvernail bien espais, espart le liement de l'eau et erre de la mer.

Erre de chasserie és anciens Romans est usurpé pour l'equippage des veneurs pour la chasse, meutes des chiens et tel autre bernaige de venerie.

Prendre erre de chasserie, c'est aucunesfois, se mettre en chemin pour aller chasser, comme il se trouve és anciens Romans.

Erres au pluriel, tantost se prend pour chemin, selon ce on dit, reprendre ses erres, c'est reprendre son chemin qu'on avoit laissé: et par metaphore, Reprendre les erres de son propos, c'est retourner à l'endroit du propos dont on s'estoit diverti, Eo redire vnde digressum erat.

Et poursuivre ses erres, c'est continuer en son propos, sans tourner ne çà ne là, Insistere orationi. Tantost est un terme de venerie, et se prend pour les alleures des bestes rousses, qu'on appelle plus particulierement Trasses, Ceruina vestigia. Tout ainsi que Routes celles des bestes mordantes, Voyez Routes.

Aller grand erres, Diligenter son chemin, Festinare.

Limier de haultes erres et bonnes.

erre


ERRE, s. f. [Êr-re: 1reê ouv. et lon. 2e e muet.] 1°. Train, allûre. Au propre, aller grand'erre, ou belle erre, aller bon train. Au figuré, faire trop grande dépense. C'est le seul emploi de ce mot, qui n'est que du style familier. = 2°. On dit au pluriel, suivre les erres, marcher ou aller sur les erres de: tenir la même conduite que, etc. Et en parlant d'afaires, reprendre les premières erres, les dernières erres, recomencer à travailler sur une afaire, la reprendre où on l'avait laissée. On dit aussi erremens. Voy. ce mot. Celui-ci est même plus usité.