escient

(Mot repris de escients)

escient

[ ɛsjɑ̃] n.m. [ du lat. sciens, scientis, sachant ]
À bon escient,
avec discernement, avec à-propos : Elle est intervenue à bon escient au bon moment ; opportunément
À mauvais escient,
à tort : Il faut essayer de ne plus administrer d'antibiotiques à mauvais escient.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

escient

(abɔnesjɑ̃)
adverbe
de manière appropriée parler à bon escient
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

ESCIENT

(è-si-an) s. m.
Il ne s'emploie que dans ces deux locutions adverbiales : 1° À son escient, à mon escient, sciemment, avec connaissance de cause ; 2° À bon escient, sciemment, et, par extension, tout de bon, véritablement.
Ceux que l'abbé de Polignac avait engagés par là [par promesses] voulaient voir des espèces à bon escient [SAINT-SIMON, 48, 66]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Mon escient, deus cens ans [il] a passet [, Ch. de Rol. XXXIX]
  • XIIe s.
    Là me souvint des gens de male guise Qui m'ont mis sus men songe à esciant, Que j'ai chanté des dames laidement [QUESNES, Romanc. p. 89]
    Pour Dieu conseillez m'ent [de cela] D'envoier en Herope selon vostre esciant [, Sax. XX]
    Prudhome sont et sage et de bon esciant [, ib. XX]
    Lur paroles n'ai pas tutes ci en present, Mais de ce qu'unt requis dirrai mun escient [, Th. le mart. 55]
  • XIIIe s.
    Cius [ce] Robiers estoit de petit enscient, ne riens ne savoit [, Chr. de Rains, p. 2]
    Lois est communs commandemanz de sages homes et consoil, et chastiemant des torz fez que l'en fet à escient et sans esciant [, Liv. de just. 4]
  • XIVe s.
    Li evesques de Burs a pris le sairement Des plus vaillans de tous qui plus ont d'escient [, Guesclin. 8596]
  • XVe s.
    Et travailloient d'y mettre gens [dans la ville] s'ilz en eussent peu finer à temps et la deffendre à bon essient [COMM., v, 15]
  • XVIe s.
    ....Soit qu'ils le facent à leur escient ou par inconsideration [CALV., Instit. 986]
    Le cler le disoit de tel escient [si serieusement] que la pauvre garse n'eust osé faillir à le croire [DESPER., Contes, X]
    Il n'y a rien, en bon escient, en notre puissance que la volonté [MONT., I, 30]
    Ainsi que l'on procedoit à ceste election, il tonna à bon escient [AMYOT, Marcell. 17]

ÉTYMOLOGIE

  • Génev. avoir de l'escient, manquer d'escient ; provenç. escien, ecien ; du latin scientem, part. présent de scire, savoir (voy. SCIENCE).
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

escient

ESCIENT. n. m. Pleine connaissance d'une chose. Il ne s'emploie que dans les locutions suivantes : À mon escient, À ton escient, En pleine connaissance de ma part, de ta part. Parler, agir à bon escient, En sachant parfaitement ce dont on parle, pourquoi on doit agir de telle manière, en connaissance de cause.
Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

escient

Escient, Il semble falloir escrire en deux mots, et scient comme venant du mot Latin Sciens, que l'on dit autrement Scachant, quasi A bon, et scachant ce qu'on fait, Prudens ac sciens, Consulto, non ioco, comme, Il fait cela à bon escient, Serio, data opera hoc agit, Et est de signification adverbiale, Ex animo.

A bon escient, Bona fide, Extra iocum, Serio.

Recommande nous à ton pere à bon escient, et de la plus grande recommandation qui soit, Patri nos de meliori nota commenda.

Dis-tu à bon escient? Itane vero?

Faire à bon escient, Studio habere.

Loüer à bon escient, Pleno ore laudare. B. ex Cic.

Prendre à bon escient, In serium conuertere.

Je l'ay faict à mon escient et tout de gré, Prudens vel sciens feci, aut scienter.

Je ne l'ay pas fait à mon escient, Insciens feci.

On fait plus de bien sans y penser, que à son escient et cognoissant qu'est- ce qu'on fait, Plus insciens quis facit, quam prudens boni.

Faire une chose à son escient, Affectare.

Mentir à son escient, Vanitatem orationis adhibere.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

escient


*ESCIENT, s. m. [E-cian: 1reé fer.] Ce mot est vieux, et Th. Corneille a dit, il y a près de cent ans qu'il avoit tout-à-fait vieilli. Faire quelque chôse à bon escient, tout de bon, sans feinte. À~ son escient, sciemment, sachant bien ce qu'on fait. = L'Académie ne blâmait point dabord à bon escient. Dans les éditions suivantes, elle a remarqué qu'il vieillit; et depuis qu'elle l' a dit, il doit être devenu bien vieux.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

escient

[esjɑ̃] nm
à bon escient → advisedly [ɛsklafe] vpr/vi → to guffaw
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005