étage

(Mot repris de etage)

étage

n.m. [ du lat. stare, se tenir debout ]
1. Chacun des intervalles compris entre deux planchers d'un bâtiment : Nous habitons à l'étage inférieur au-dessous niveau
2. Chacune des divisions d'une chose formée de parties superposées ou hiérarchisées : Posez ce CD sur l'étage du dessus rayon
3. En géologie, ensemble de terrains de même âge, formant la subdivision d'une période.
4. Partie séparée et autonome d'un véhicule spatial.
De bas étage,
Péjor. de qualité médiocre : Plaisanterie de bas étage (= de mauvais goût) ; de rang inférieur : Un romancier de bas étage sans talent

ÉTAGE

(é-ta-j') s. m.
Proprement séjour, station. Terme de droit féodal. Lige étage, ou, simplement, étage, obligation des vassaux liges de résider un certain temps chez le seigneur, afin de le défendre.
Par extension de l'idée de demeure, espace entre deux planchers, formant un ou plusieurs appartements de plain-pied.
Je me brisai hier d'une chute sur l'escalier, je roulai tout un étage [MARIVAUX, le Legs, sc. 14]
Maison à un étage, maison qui n'a que le rez-de-chaussée. Le premier se dit de celui qui est au-dessus du rez-de-chaussée, et ainsi des autres.
Elle fuit, et, de pleurs inondant son visage, Seule pour s'enfermer vole au cinquième étage [BOILEAU, Lutr. II]
Le cardinal Dubois, arrivé comme lui [le cardinal de Fleury] au ministère suprême, et parti de bien plus loin, s'écriait souvent dans l'amertume de ses dégoûts : Je voudrais être à un cinquième étage avec une vieille servante et quinze cents livres de revenu [D'ALEMB., Art. du cardinal Dubois, Œuvres, t. X, p. 97, dans POUGENS.]
Leste et joyeux je montais six étages ; Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans ! [BÉRANG., Gren.]
Communément on sous-entend le mot étage, et l'on dit le premier, le second, le troisième, etc. Étage souterrain, les pièces en contre-bas du sol. Étage carré, celui où il ne paraît aucune pente de comble, comme un attique. Étage en galetas, étage pratiqué dans le comble.
Par analogie, il se dit des choses disposées par rang les unes au-dessus des autres. Deux étages de redoutes.
Il suffit que cet arbre ait un seul étage de bonnes racines, c'est-à-dire qu'il y ait des racines sortant tout autour du pied, de sorte qu'il n'y en ait point de beaucoup plus hautes ni de beaucoup plus basses que les autres [LA QUINTINYE, t. I, dans RICHELET]
Je coupais les cheveux du jeune homme par étages, et tout allait le mieux du monde [LESAGE, Estev. Gonzales, ch. 1]
À double étage, à triple étage, se dit de ce qui présente deux, trois dispositions en étage. Une coiffure à triple étage.
Il avait pris pour ce voyage Sa calotte de maroquin ; Et cette loupe à double étage Dont il ne vit jamais la fin, Ornait le haut de son visage [CHAULIEU, Épît. de M. d'Hamilton.]
Par extension, à triple étage, de haute taille.
Sur l'animal à triple étage [un éléphant] Une sultane de renom, Son chien, son chat et sa guenon, Son perroquet, sa vieille et toute sa maison, S'en allait en pèlerinage [LA FONT., Fabl. VIII, 15]
Fig. C'est un fou, un sot à triple étage, il est fou, sot au dernier point.
Il se dit des différents plans d'un terrain qui monte. Un étage de collines conduisait à la montagne.
De colline en colline et d'étage en étage Les monts, dont le miroir fait onduler l'image, Descendent jusqu'au lit des mers [LAMART., Harm. I, 10]
Dans le style badin, sillon qui partage le menton chez les personnes très grasses.
Son menton sur son sein descend à double étage [BOILEAU, Lutr. I]
Et ton menton, l'honneur de ton chapitre, Aura bientôt deux étages de moins [VOLT., Ép. VI]
Fig. Rang, condition.
Ils [les dieux] descendent bien moins dans de si bas étages [le vulgaire], Que dans l'âme des rois, leurs vivantes images [CORN., Hor. III, 3]
Il tutoie en parlant ceux du plus haut étage [MOL., Mis. II, 5]
[Nature] que sa mortalité avait reléguée au plus bas étage de l'univers [BOSSUET, III, Annonc. 2]
Et [de mauvais poëtes], fiers du haut étage où La Serre les loge, Avalent sans dégoût le plus grossier éloge [BOILEAU, Épît. IX]
Le duc de Biron, le marquis de Castries, et quelques autres du même étage composaient sa société [MARMONTEL, Mém. IV]
Degré, espèce, genre. Il y a des esprits de tout étage.
Piller maison, brûler villages, Faire serments de tous étages [SCARRON, Virg. v]
Monsieur, dans la faiblesse duquel il y avait bien des étages [RETZ, III, 153]
Mon Dieu ! que votre esprit est d'un étage bas ! [MOL., Femm. sav. I, 1]
C'est un haut étage de vertu que cette pleine insensibilité où ils veulent faire monter notre âme [ID., Préf. de Tart.]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Il me suirat ad Ais à mon estage [, Ch. de Rol. XII]
    En un emplain [plaine] il ont pris lur estage [poste] [, ib. CCXXVI]
  • XIIe s.
    Lorsque [je] la vi, lui laissai en hostage Mon cuer, qui puis i a fait lonc estage [, Couci, XI]
    Demain les ferai pendre par dessus cest rivage, Ou saillir de la tour du plus hautain estage [, Sax. XXVI]
    Si, come li murs monta et ces treis estages par trible entravure devisa, si que l'entravure le temple traversa [, Rois, 246]
    Une vis [escalier] par unt l'un muntat à l'estage meien et d'iluc al suverain [au plus haut] [, ib. p. 247]
    E se tu vols parler de mun povre lignage, Des citehains de Lundres fui nés en cel estage [, Th. le mart. 87]
  • XIIIe s.
    Et n'i avoit si haute tour qu'il n'i feissent deus estages ou trois de fust pour plus haucier [VILLEH., CI]
    Par dessus monte une fontaine De ci qu'amont al tierc estage [, Fl. et Bl. 1849]
  • XVe s.
    Un hault siege de l'estage [taille] d'un homme [, Perceforest, t. II, f° 39]
  • XVIe s.
    Quiconque a le sol appellé l'estage du rez de chaussée d'aucun heritage, il peut et doit avoir le dessus et dessouz de son sol [, Coust. génér. t. I, p. 1009]
    Une vertu du plus haut estage [MONT., I, 245]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. étaige ; wallon, ostège ; provenç. estatge, estage ; anc. catal. estatge ; ital. staggio ; d'une forme fictive staticum (ce que prouvent le tg du provençal et le gg de l'italien, qui répondent au latin aticus), de stare, être debout, être fixe (voy. ESTER). Estage signifiait étage, station debout, résidence, position, rang (voy. STAGE).

étage

ÉTAGE. n. m. Espace entre deux planchers dans un bâtiment. Premier, second, troisième, quatrième étage, ou elliptiquement Le premier, le second, le troisième, etc. Ordinairement, quand on parle des étages séparément, on appelle Premier étage Celui qui est au-dessus du rez-de-chaussée et de l'entresol. Les étages supérieurs, inférieurs. Il a loué le premier étage. Il occupe le second étage. Loger au quatrième étage. Étage en mansarde. Étage bas, Étage peu exhaussé.

Il se dit quelquefois en parlant des Maisons où il n'y a que le rez-de-chaussée. Dans ce pays-là, les bâtiments ne sont qu'à un étage, que d'un étage, n'ont qu'un étage.

Il se dit, par analogie, en parlant de Choses disposées par rangs les unes au-dessus des autres. Une coiffure à double, à triple étage. Disposer par étage. Les étages d'une chaîne de collines. Des coteaux en étages.

Fig. et fam., Avoir un menton à double étage, à triple étage, se dit d'une Personne qui a le dessous du menton fort gras.

Fig., Des gens de bas étage, Des gens d'une condition inférieure.

étage


ÉTAGE, s. m. [1re é fer. dern. e muet.] Au propre, intervalle d'un bâtiment, compris entre deux planchers. "Premier, second étage, etc. — En style proverbial, on dit, c'est un sot à triple étage. = Au figuré, degré d'élévation. "Il y a bien des étages de grandeur, de fortune "Il y a des esprits, des gens de tout étage, de divers étages, etc. — Dans ce sens, ce mot ne pâsse pas le style médiocre.
   Tout homme ment, dit le Sage,
   S'il n'y mettoit seulement
   Que les gens de bâs étage,
   On pourroit aucunement
   Soufrir ce défaut aux hommes.
       La Font.
  Mais cet esprit, lui-même en tant d'étages
  Se subdivise à l'égard des ouvrages,
  Que du Public tel charme la moitié
  Qui très-souvent à l'aûtre fait pitié.
      Rouss.
Cela est bon dans une Fable et dans une Épitre critique: mais je n'aime point à lire dans l'Ab. Du Bos, que: "l' imagination des Spectateurs n'est pas du même étage que celle des Peintres; ni dans les Bagatelles morales de l'Ab. Coyer: "Les Arts d'agrément, la Danse, la Musique, la parûre, sont descendus à tous les étages; ni dans des Auteurs plus anciens et montés sur le haut ton, entendre parler d'esprits de haut et de bas étage. Encôre moins peut-on soufrir cette expression figurée dans une Tragédie. Corneille, parlant des Dieux, dit:
   Ils descendent~ bien moins en de si bâs étages.
       Horace.
Mme. de Sévigné l'emploie plus heureûsement en parlant des degrés de parenté. "Je suis loin de la radoterie, qui fait passer l'amour paternel aux petits enfans. Le mien est demeuré tout court au premier étage et je n'aime ce petit peuple que pour l'amour de vous. — L'Acad. admet étage au figuré, sans dire à quel style il apartient.
   On dit, en style proverbial, menton à triple étage, qui descend fort bâs et fait plusieurs plis. — Fripon, menteur, fanfaron à triple étage, à l'excès.

Synonymes et Contraires

étage

nom masculin étage
Chacune des divisions d'un tout.
Traductions

étage

Etage, Stock, Stockwerk, Geschoß, Stufe, Ebenefloor, storey, story, stageverdieping, etage, laag, trap [ruimtevaart], zone, trapדיוטה (נ), מפלס (ז), קומה (נ), קוֹמָה, מִפְלָסverdiepingpis, planta d’habitatgeposchodíetage, salπάτωμα, όροφοςetaĝopiso, plantakerrosszintpianoetasjepiętroandar, pavimentoetajэтажvåningطابِقkat층, 바닥พื้นkatsàn楼层 (etaʒ)
nom masculin
niveau un immeuble de quatre étages J'habite au premier étage.

étage

[etaʒ] nm
[immeuble] → storey (Grande-Bretagne), story (USA), floor
au premier étage → on the first floor (Grande-Bretagne), on the second floor (USA)
au 2ème étage → on the 2nd floor (Grande-Bretagne), on the 3rd floor (USA)
à l'étage → upstairs
maison à deux étages → two-storey house (Grande-Bretagne), two-story house (USA)
[fusée] → stage
(GÉOGRAPHIE) [culture, végétation] → level
(autres locutions) de bas étage (extraction sociale) → low-born (= médiocre) → inferior