évanouir

(Mot repris de evanouir)
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s'évanouir

v.pr. [ du lat. evanescere, disparaître, de vanus, vide, vain ]
1. Perdre connaissance : La blessée s'est évanouie elle a eu une syncope ; défaillir
2. Disparaître totalement ; cesser d'exister : Elle s'est évanouie dans le flot des voyageurs se fondre, se perdre se dissiper, s'envoler ; se ranimer, renaître
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

ÉVANOUIR (S')

(é-va-nou-ir) v. réfl.
Disparaître sans laisser de traces.
Là périssent et s'évanouissent toutes les idoles, et celles qu'on adorait sur des autels, et celles que chacun servait dans son cœur [BOSSUET, Hist. II, 11]
Dans les pays de commerce, l'argent qui s'est tout à fait évanoui revient, parce que les États qui l'ont reçu le doivent [MONTESQ., Esp. XX, 23]
Le lendemain on cherchait les pieux voyageurs, mais ils s'étaient évanouis comme ces saintes apparitions qui visitent quelquefois l'homme de bien dans sa demeure [CHATEAUBR., Génie, IV, III, 6]
Par extension.
C'est le dernier éclat d'un feu prêt à s'éteindre, Sur le point d'expirer il tâche d'éblouir, Et ne frappe les yeux que pour s'évanouir [CORN., Au roi sur Cinna, Pomp. etc.]
Qui croit les posséder [ces douceurs] les sent s'évanouir [ID., Héracl. I, 1]
Et ma haine, qu'en vain tu crois s'évanouir [ID., Rodog. IV, 5]
Vains fantômes d'État, évanouissez-vous [ID., ib. II, 1]
Mais sa haine sur vous autrefois attachée Ou s'est évanouie ou s'est bien relâchée [RAC., Phèd. I, 1]
Nos bonnes résolutions s'évanouissaient [FÉN., Tél. IV]
Mais au moindre revers funeste, Le masque tombe, l'homme reste, Et le héros s'évanouit [J. B. ROUSS., Ode à la fortune.]
Avec suppression du pronom personnel, quand certains verbes, voir, sentir, faire, etc. précèdent.
À des paroles si consolantes, Don Garcie sentit évanouir toute sa crainte [LESAGE, Diab. boit. ch. 9]
Faire évanouir, dissiper, détruire. Cette nouvelle a fait évanouir toutes nos espérances.
On en [des maux] a vu qui ont sapé, par les fondements, de grands empires et qui les ont fait évanouir de dessus la terre [LA BRUY., X.]
Le spectacle de la mort de Virginia, immolée par son père à la pudeur et à la liberté, fit évanouir la puissance des décemvirs [MONTESQ., Esp. XI, 15]
La prude loua cette résolution d'un air bien capable de la faire évanouir [MARMONTEL, Cont. mor. Alcib.]
Terme d'algèbre. Faire évanouir une inconnue, la supprimer à l'aide d'une opération dans une équation. Ainsi x+y=a, x-y=b ; en ajoutant ces deux équations, il vient 2x=a+b ; y s'est évanoui.
Perdre connaissance, tomber en faiblesse. À cette nouvelle elle s'est évanouie. Faire évanouir, causer une faiblesse, une perte de connaissance. L'hémorragie l'a fait évanouir.

REMARQUE

  • On trouve évanouir employé neutralement :
    Harlay, à ce qu'il a dit depuis à Valincourt, pensa évanouir [ST.-SIM., t. 1, p. 396, édit. CHÉRUEL]
    C'est un archaïsme aujourd'hui inusité.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    E, ço dit, [les deux anges] s'esvanoïrent [, Machab. II, 3]
    Li duz esvanoïz del sanc Qui li isseit parmi le flanc .... [, Grégoire le Grand, p. 63]
  • XIIIe s.
    Ensinc ont bien entendu li message ce que Merlins leur a dit, et il se tornent autre part por parler ansamble, et cil s'esvanoist, et, quand cil se retornent por parler à lui, si l'orent perdu [, Merlin. f° 41, verso]
    Quand il urent fini lur diz, De mes oiz [yeux] sunt il evaniz [, Édouard le conf. v. 3777]
    Quant jel vi, tant m'en esjoï, Qu'à poi ne m'en esvanoï [, la Rose, 14966]
  • XIVe s.
    Celle delettacion est aussi comme evanuie et absorbée, et ne la sent l'en pas [ORESME, Eth. 89]
    Le pacient s'esvanoïst et est descoulouré [HENRI DE MONDEVILLE, f° 59]
  • XVe s.
    Ne demoura guere que la rougeur s'evanouit, et print assurance [LOUIS IX, Nouv. c.]
  • XVIe s.
    Il se mit sur un lit, où il evanouit plusieurs fois [MARG., Nouv. XXVI]
    Advenant le soleil, esvanouissent les tenebres [RAB., Pant. III, 47]
    À ces motz Panurge esvanouyt de la compaignie, et se mussa en bas dedans la soutte [ID., ib. IV, 66]
    Appeler à nostre secours un contentement esvanoui, pour l'opposer à ce qui nous presse [MONT., II, 217]
    Comme on void d'un esclair s'esvanouir le trait [RONS., 926]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. esvanuir ; ital. svanire ; de es - préfixe, et le lat. vanescere, disparaître, de vanus, vain (voy. ce mot), avec intercalation de la voyelle u, ou (comme dans épanouir), voyelle dont la nature est douteuse ; on trouve dans du Cange evanuare en un texte du XIIIe siècle. L'ancien français avait aussi envanir : XIIe s.
    E me volent vers vus mesler et mal tenir, E l'amur et la pais defaire e envanir [, Th. le mart. 129]
    ; XIIIe s.
    Li sainz s'en va e s'envani [, Édouard le Conf. v. 3573]
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877
Synonymes et Contraires

évanouir (s')

verbe pronominal évanouir (s')
1.  Tomber en syncope.
3.  Disparaître totalement.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

évanouir

faint, swoon, eliminate, vanishsveni (sevanwiʀ)
verbe pronominal
1. perdre connaissance s'évanouir d'épuisement
2. figuré disparaître des espoirs qui s'évanouissent
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