fatigué, ée

FATIGUÉ, ÉE

(fa-ti-ghé, ghée) part. passé.
Qui est en proie à de la fatigue.
Vous me semblez tous deux fatigués du voyage ; Reposez-vous, usez du peu que nous avons [LA FONT., Phil. et Bauc.]
Le vicomte de Turenne, avec un petit nombre de troupes fatiguées, n'était pas en état de les arrêter [les Allemands] [RAC., Précis historique.]
Fatigués de carnage et de sang enivrés [VOLT., Alz. IV, 3]
Il se dit d'organes auxquels trop d'exercice cause de la fatigue. Yeux fatigués par la lecture.
Je me sens ce soir la poitrine un peu fatiguée [GENLIS, Veillées du château, t. I, p. 576, dans POUGENS]
Fig. Fatigué par des importunités.
Indocile à ton joug, fatigué de ta loi [RAC., Athal. v, 6]
Et [les dieux] fatigués d'encens, jaloux d'un libre hommage, Cachés sous notre image, Sans tonnerre et sans pompe errant dans l'univers [GILB., Ode à Monsieur.]
Terme d'arts. Tableau fatigué, tableau qui, à force d'être nettoyé, a perdu quelque chose de ses demi-teintes. Manière fatiguée, manière d'un artiste qui obtient avec beaucoup de travail des effets qu'on pourrait obtenir à moindres frais. Couleur fatiguée, couleur qui, à force d'être retouchée, a perdu sa fraîcheur. Voix fatiguée, voix qui a perdu sa fraîcheur pour le chant, et qui ne se produit qu'avec effort.