ferrer

(Mot repris de ferrions)

ferrer

v.t.
1. Garnir de fer, de ferrures : Ferrer une canne.
2. Clouer des fers aux sabots d'un animal de trait : Ferrer un bœuf.
Ferrer un poisson,
l'accrocher à l'hameçon, en tirant la ligne d'un coup sec.

ferrer

(feʀe)
verbe transitif
1. sabot, chaussure mettre des fers ferrer un cheval
2. couvrir avec du fer ferrer une roue
3. pêche attraper un poisson avec un hameçon Il a ferré un beau brochet.
4. figuré attirer, séduire Il a ferré un gos client.

ferrer


Participe passé: ferré
Gérondif: ferrant

Indicatif présent
je ferre
tu ferres
il/elle ferre
nous ferrons
vous ferrez
ils/elles ferrent
Passé simple
je ferrai
tu ferras
il/elle ferra
nous ferrâmes
vous ferrâtes
ils/elles ferrèrent
Imparfait
je ferrais
tu ferrais
il/elle ferrait
nous ferrions
vous ferriez
ils/elles ferraient
Futur
je ferrerai
tu ferreras
il/elle ferrera
nous ferrerons
vous ferrerez
ils/elles ferreront
Conditionnel présent
je ferrerais
tu ferrerais
il/elle ferrerait
nous ferrerions
vous ferreriez
ils/elles ferreraient
Subjonctif imparfait
je ferrasse
tu ferrasses
il/elle ferrât
nous ferrassions
vous ferrassiez
ils/elles ferrassent
Subjonctif présent
je ferre
tu ferres
il/elle ferre
nous ferrions
vous ferriez
ils/elles ferrent
Impératif
ferre (tu)
ferrons (nous)
ferrez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais ferré
tu avais ferré
il/elle avait ferré
nous avions ferré
vous aviez ferré
ils/elles avaient ferré
Futur antérieur
j'aurai ferré
tu auras ferré
il/elle aura ferré
nous aurons ferré
vous aurez ferré
ils/elles auront ferré
Passé composé
j'ai ferré
tu as ferré
il/elle a ferré
nous avons ferré
vous avez ferré
ils/elles ont ferré
Conditionnel passé
j'aurais ferré
tu aurais ferré
il/elle aurait ferré
nous aurions ferré
vous auriez ferré
ils/elles auraient ferré
Passé antérieur
j'eus ferré
tu eus ferré
il/elle eut ferré
nous eûmes ferré
vous eûtes ferré
ils/elles eurent ferré
Subjonctif passé
j'aie ferré
tu aies ferré
il/elle ait ferré
nous ayons ferré
vous ayez ferré
ils/elles aient ferré
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse ferré
tu eusses ferré
il/elle eût ferré
nous eussions ferré
vous eussiez ferré
ils/elles eussent ferré

FERRER

(fè-ré) v. a.
Garnir de fer. Ferrer une porte, un bâton. Ferrer des lacets, des aiguillettes, en garnir les extrémités de métal. Par catachrèse. Ferrer d'or, d'argent, mettre des garnitures en or, en argent. Cette cassette est ferrée d'or.
Ferrer un cheval, garnir ses pieds de fers attachés avec des clous.
Que si le loup t'atteint, casse-lui la mâchoire ; On t'a ferré de neuf.... [LA FONT., Fabl. VIII, 17]
Ferrer un cheval à glace, lui appliquer des fers cramponnés ou des clous à tête pointue, pour l'empêcher de glisser. Fig. Familièrement. Cet homme n'est pas facile à ferrer, il est difficile à diriger, à convaincre.
Ma fille me prie de vous mander le mariage de M. de Nevers : ce M. de Nevers si difficile à ferrer, ce M. de Nevers si extraordinaire, qui glisse des mains alors qu'on y pense le moins, il épouse enfin, devinez qui ? [SÉV., au comte de Grignan, 10 déc. 1670]
Se laisser ferrer, être docile, obéissant, soumis.
Ce ne sont plus ces guerriers, la terreur de l'Europe, l'admiration du monde ; ils furent grands, fiers, généreux ; mais, domptés aujourd'hui, abattus, mutilés, bistournés par Napoléon, ils se laissent ferrer et monter à tous venants [P. L. COUR., Lett. X]
Julie marche avec nous, je vois qu'on rôde autour d'elle, mais ma foi elle ne se laisse pas ferrer à tout le monde [ID., Lett. I, 84]
Ferrer la mule, acheter une chose pour quelqu'un, et la lui compter plus cher qu'elle n'a coûté, et aussi recevoir de l'argent pour procurer accès auprès d'un personnage puissant ; locution qui vient de cette anecdote racontée dans la vie de Vespasien, et où il est dit qu'un serviteur de l'empereur s'arrangea pour qu'une mule, dans un voyage du prince, eût besoin d'être ferrée, et, pendant qu'on la ferrait, un solliciteur, qui avait payé le serviteur, remit un placet à l'empereur.
C'est-à-dire en deux mots que tu ferres la mule [TH. CORN., Feint astrol. IV, 12]
Terme de pêche à la ligne. Donner un coup sec du poignet, au moment où l'on sent que le poisson mord, afin d'engager le fer de l'hameçon dans les chairs. Absolument. Il ne sait pas ferrer.
Ferrer le chanvre, frotter du chanvre par poignée sur un fer obtus pour le rendre plus aisé à filer.
Appliquer un plomb de visite sur une pièce d'étoffe et la marquer avec un coin d'acier.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Uns escuiers vint pognant la ferée [route pierrée] [, Ronc. p. 146]
    Pour fere gens parler de soi, Fist tous les quatre fers dorer, Ne vout [il ne voulut] mie dire ferer [, Roman de Rou, dans DU CANGE, ferrum]
    [Le cheval] Reprent s'alaine, tost est revigorez, Ausi henist comme s'il fust gitez [sorti] Fors de l'estable et de nouvel ferrez [, Bat. d'Aleschans, v. 562]
  • XIIIe s.
    Et Thibaut de Brie Doint Diex le roi moins amer [que le roi aime moins Thibaut] Et Ferrant fasse ferrer [mettre aux fers Ferrant] [HUES DE LA FERTÉ, Romancero, p. 192]
    Nus ne doit faire corroies d'estain, c'est à savoir clouer ne ferrer d'estain ; et se il le fet, ele doit estre arse [, Liv. des mét. 238]
    Quant li rois englois entendi que il venroient l'ourmiel [ormeau] copper, si fist fierel le tronc desous de bandes de fier tout entour [, Chr de Rains, p. 63]
    De son bordon qui est ferrez Li a touz perciez les costez [, Ren. 14019]
  • XIVe s.
    Pluseurs bonnes gens qui estoient venuz au dit hostel pour eulx esbatre et mangier pain ferez [gaufres], ratons, crespes et autres choses [DE LABORDE, Émaux, p. 420]
  • XVe s.
    Et ne savoient de quoi ferrer ceux [les chevaux] qui estoient desferrés [FROISS., I, I, 39]
    Les portes estoient toutes ferrées de lames de fer [, Boucic. I, 31]
    Le suppliant a marqué et ferré du dit martel dix-sept chesnes et ung hestre [DU CANGE, ferrare.]
    Saintré qui ferré [ferme] et sur la garde se tenoit [, Jeh. de Saintré, ch. 55]
    Lor decendit le serpent sur luy, et Lionnel luy dressa son glaive en la poictrine ; mais il avoit la peau si dure que le fer ne peut dedens entrer, ains vuida hors, et ferra [perça] la jointure de l'aelle, dont le serpent fut navré [, Perceforest, t. II, p. 61]
    Le clerc s'en fit beaucoup prier, et, à très grand crainte par semblant, et à très grande abondance de larmes et à voulenté, se laisse ferrer [cède] et dit qu'il lui dira, mais qu'il lui veuille promettre que.... [LOUIS XI, Nouv. XII]
  • XVIe s.
    [Montaigne donne la palme à Amyot, traducteur de Plutarque] pour la profondeur de son sçavoir, ayant pu developper si heureusement un auteur si espineux et ferré, car on m'en dira ce qu'on voudra, je n'entends rien au grec [MONT., II, 41]
    C'est une viande qu'il fault engloutir sans mascher, qui n'a le gosier ferré à glace [ID., II, 385]
    Tel valet ferre la mule au maistre qu'il ne hayt pas pourtant [ID., III, 323]
    Leurs chevaulx, ferrés d'or massif [ID., IV, 22]
    De beau latin ferré à glace [DESPER., Contes, XLIX.]
    Les eaux astringentes ou ferrées.... du laict ferré avec acier.... eau ferrée [PARÉ, XVIII, 66]
    Voilà comment sagement ce grand amiral gouverna et ferra fort doucement ces messieurs les reistres, si mal aisés à ferrer [BRANT., Cap. fr. t. III, p. 192, dans LACURNE]
    Ferrer la mule à l'envers [marquer un malfaiteur sur l'épaule] [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. ferrar ; espagn. herrar ; ital. ferrare ; du latin ferrare, de ferrum, fer.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    FERRER.
    Ferrer la mule. Ajoutez ces exemples :
    Il avait l'argent en maniement, et ne ferrait point la mule ; je crois que seulement il rognait notre portion, et nous l'appelions les ciseaux d'Hortensius [, Francion, liv. III, p. 132]
    Il était aussi maître d'hôtel, et faisait la dépense, c'est-à-dire ferrait peut-être la mule [SCARR., Rom. com. ch. 13]
    J'ai ferré la mule pour un louis ; et voici ma raison.... je suis trop misérable pour traiter gratuitement de plus riches que moi ; je me suis donc approprié cette guinée [, Corresp. du gén. Klinglin, Paris, pluviôse an VI, t. I, p. 211]
    Ferrer un cochon, lui fixer au bout du groin un fer qui s'enfonce dans la chair, au moyen de crampons, et qui est destiné à empêcher cet animal de fouir.
    Ferrer les lacets, les garnir de cuivre.

ferrer

FERRER. v. tr. Garnir de fer. Ferrer une porte, une fenêtre. Ferrer un coffre, une malle. Un bâton ferré. Ferrer des roues.

Il signifie particulièrement Garnir de fers les pieds d'un cheval, d'un mulet, etc., à l'aide de clous. Ferrer un cheval des quatre pieds, le ferrer à neuf.

Ferrer des chevaux à glace, Leur mettre des fers à crampons pour empêcher qu'ils ne glissent sur la glace.

Ferrer des aiguillettes, un lacet, En garnir les extrémités de fer-blanc, de cuivre ou d'autre métal.

Par extension, Ferrer d'or, ferrer d'argent, de cuivre, Garnir d'or, d'argent, etc., ce qui est ordinairement garni de fer. Cette cassette est ferrée d'or.

Eau ferrée. Voyez EAU.

Chemin ferré, Chemin dont le fond est ferme et pierreux et où l'on n'enfonce point. Il se dit aussi, par opposition à Chemin pavé, d'un Chemin qu'on a construit avec des cailloux.

Fig. et Fam., Cet homme est ferré, Il connaît à fond telle question. Il est ferré sur ce sujet, on ne peut aisément l'embarrasser.

Fig. et pop., Il a la gueule ferrée, c'est une gueule ferrée, se dit de Quelqu'un qui mange avidement des mets très chauds.

Ferrer un poisson, en termes de Pêche à la ligne, Engager par un coup sec du poignet la pointe de l'hameçon dans la bouche du poisson qui a mordu.

ferrer

Ferrer mules et chevaux, Calciare mulas et equos.

Ferré par le bout, Praeferratus, Praepilatus.

ferrer

Ferrer, act. acut. Est armer ou equipper quelque chose de fer, Ferro aliquid munire.

Ferrer, Ferré, voyez Fer.

Traductions

ferrer

(met ijzer) beslaan, aan de haak slaan [vis]

ferrer

shoe, hook

ferrer

Ферер

ferrer

Ferrer

ferrer

Ferrer

ferrer

פרר

ferrer

페러

ferrer

Ferrer

ferrer

[feʀe] vt
[+ cheval] → to shoe
[+ chaussure] → to nail
[+ canne] → to tip
[+ poisson] → to strike