flétri, ie

FLÉTRI, IE1

(flé-tri, trie) part. passé de flétrir 1
Qui a perdu sa couleur de vie, en parlant d'une plante.
Ainsi les hommes passent comme les fleurs qui s'épanouissent le matin, et qui, le soir, sont flétries et foulées aux pieds [FÉN., Tél. XIX.]
Il se dit aussi des fruits. Pomme flétrie. Fig.
La gloire d'Israël fut flétrie [MASS., Car. Temples.]
L'honneur est déjà flétri lorsqu'il a besoin d'être réparé [DUCLOS, Hist. de Louis XI, Œuvres, t. III, p. 285, dans POUGENS.]
Mon cœur est flétri, mon esprit lassé, ma tête épuisée [VOLT., Lett. d'Argental, 29 août 1755]
Quand ma pauvre âme sera plus calme et moins flétrie, je vous parlerai des autres chagrins que je partage avec vous [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 24 juin 1776]
Jamais la tendre volupté N'approcha d'une âme flétrie [BÉRANG., Anacréon.]
Qui a perdu sa première fraîcheur. Avoir la peau flétrie. Des charmes flétris.
Linge assez blanc, mais toujours flétri, qui ne vous pare point quand vous êtes aimable, et qui vous dépare un peu quand vous ne l'êtes point [MARIVAUX, Marianne, 4e part.]

FLÉTRI, IE2

(flé-tri, trie) part. passé de flétrir 2
Marqué d'un fer chaud. Qui a subi quelque condamnation flétrissante.
Les Athéniens, assiégés par terre et par mer, sans vivres, sans vaisseaux, sans espérance de secours et sans aucune ressource, rétablirent tous ceux qui avaient été flétris par quelque décret [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 89, dans POUGENS]
Fig.
Que son nom soit taché, sa mémoire flétrie [CORN., Cid, IV, 5]
Des fers de Claudius Félix encor flétri [RAC., Bérén. II, 2]
Eût-il imaginé, eût-il publié cette représentation affligeante, s'il se fût cru flétri, et n'eût-il pas cru l'être, si la voix publique ne l'eût pleinement rassuré ? [FONTEN., Marsigli.]
Pendant que, flétrie et perdue dans l'esprit de tout le monde, je passai près de trois semaines à lutter contre la mort [MARIV., Marianne, 9e part.]