flétrir

1. flétrir

v.t. [ du lat. flaccidus, flasque ]
Faner, ôter son éclat, sa fraîcheur à qqch, qqn : La chaleur flétrit les plantes dessécher, sécher ; rafraîchir friper, rider

se flétrir

v.pr.
Perdre sa fraîcheur : Les fleurs se sont flétries dans le vase se faner passer ; subsister

2. flétrir

v.t. [ du frq. ]
1. Anc. Marquer un condamné au fer rouge.
2. Litt. Blâmer, condamner ce qui est répréhensible : Flétrir la corruption réprouver, stigmatiser ; approuver, louer
3. Sout. Porter injustement atteinte à : Ils ont flétri sa mémoire salir ; honorer

FLÉTRIR1

(flé-trir) v. a.
Faire perdre à une plante la couleur de vie.
Il [le temps] flétrit les œillets, il efface les roses [ROTR., Herc. mour. I, 3]
Ternir. Le grand air flétrit les couleurs. Fig. Flétrir les lauriers, porter atteinte à la gloire.
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? [CORN., Cid, I, 4]
Et dans ce haut éclat où tu te viens offrir, Touchant à tes lauriers, je crains de les flétrir [BOILEAU, Discours au roi.]
Ces guerriers Dont l'hiver le plus terrible A seul flétri les lauriers [BÉRANG., Bon français.]
Il se dit de l'action de l'âge, des passions, des souffrances sur le visage, sur le corps. L'âge flétrit le teint, flétrit la beauté. Les chagrins ont flétri sa jeunesse.
Et mon front, dépouillé d'un si noble avantage, Du temps qui l'a flétri laisse voir tout l'outrage [RAC., Mithr. III, 5]
Mais l'hiver accourant d'un vol sombre et rapide Nous sèche, nous flétrit.... [A. CHÉN., Élég. 33]
Il n'était point flétri par les rides de l'âge [M. J. CHÉN., Œdipe roi, III, 4]
Ta jeunesse sera flétrie Avant l'herbe de la prairie, Avant le pampre du coteau [MILLEVOYE, Chute des feuilles.]
Abattre, ôter l'énergie, la vigueur, le courage.
Aucun étonnement n'a leur gloire flétrie [CORN., Hor. III, 5]
La douleur avait flétri son cœur [FÉN., Tél. XX]
La peine qu'il avait à flétrir la gloire de ses grandes actions et de ses anciens trophées par une si honteuse démarche [ROLLIN, Hist. anc. t. III, p. 351, dans POUGENS]
Nos tyrans ont flétri ton âme magnanime [VOLT., Alz. II, 4]
Se flétrir, v. réfl. Devenir flétri. Les fleurs se flétrissent du matin au soir. Sa beauté commence à se flétrir.
Son teint se flétrit comme une fleur que la main d'une nymphe a cueillie [FÉN., Tél. XX]
Il se dit, en chirurgie, d'une partie, d'une tumeur, d'une végétation qui perd sa vitalité et devient flasque. La tumeur fut liée à son pédicule et se flétrit.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Il est si de els cume del fain [foin] del champ e cume des herbes ki sur maisuns creissent, ki flaitrissent devant ço [ce] que viengent à maürted [, Rois, p. 414]
    Mais l'une de ses faces comença à festrir, Si que dedens la bouche tres qu'as denz lui pourri [, Th le mart. 94]
  • XIIIe s.
    Lor roses flestir [, la Rose 7670]
    Car quant vostre rose iert [sera] flestrie [, ib. 14747]
  • XVIe s.
    L'homme est cadue et fragile, et semblable à une fleur fletrissante [CALVIN, Instit. 91]
    L'ame de l'homme sieche et fletrit [ID., ib.]
    Au second appareil se trouva la partie fletrie, et la tumeur presque toute resolue [PARÉ, VI, 3]
    Mais ainsi qu'un bouquet se flestrit en un jour, J'ay peur qu'un mesme jour flestrisse votre amour [RONSARD, 292]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, flâtrir. D'après Diez, de l'ancien adjectif flaistre, flestre, fané, qu'il rattache sans hésitation à une forme flaccaster, dérivée du latin flaccere, être flasque.

FLÉTRIR2

(flé-trir) v. a.
Marquer une personne d'un fer chaud en punition d'un crime.
Celui qui aura dérobé des cordages, ferrailles et ustensiles des vaisseaux étant dans les ports, sera flétri d'un fer chaud portant la figure d'une ancre [, Ordonn. maritime, IV, titre I, art. 16, dans RICHELET]
Frapper d'une condamnation déshonorante.
Aussi Rome a-t-elle flétri par décret exprès cet écrit [le Moyen court] du père Falconi [BOSSUET, Ét. d'orais. I, 19]
Il serait contre la raison que la loi flétrît dans les enfants ce qu'elle a approuvé dans le père [MONTESQ., Espr. XXIII, 5]
Obscur, on l'eût flétri d'une mort légitime ; Il est puissant, les lois ont ignoré son crime [GILBERT, Mon apologie.]
Absolument.
Il n'y aurait de flétri que le juge qui l'a condamnée [la famille Sirven] ; car ce n'est pas pouvoir qui flétrit, c'est le public [VOLT., Pol. et législ. Lettre de l'auteur à M. Élie de Beaumont.]
Fig. Diffamer, déshonorer, traiter comme infâme.
On aura de grands ménagements pour ne pas flétrir un archevêque [BOSSUET, Lett. quiét. 166]
Comme si la sagesse ne demandait pas d'autre examen, lorsqu'il s'agit de flétrir votre frère et de l'outrager [BOURDAL., Exhort. faux témoign. contre J. C. t. II, p. 10]
Les flatteurs qui ont loué le vice, les critiques malins qui ont tâché de flétrir la vertu [FÉN., Tél. XVIII]
Son supplice vous venge et ne vous flétrit pas [VOLT., Tancr. II, 4]
Se flétrir v. réfl. Se déshonorer.
Mais loin de me flétrir par un assassinat, Je lui dirai : Montfort, je t'appelle au combat [C. DELAV., Vêpres sicil. IV, 5]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Estre mis ou pillory et flastris d'un fer chaud [, Bibl. des ch. 2e série, t. III, p. 424]
    Tant fu sourprise, au cuer, d'amour qui la maistrie [maîtrise], La veüe li tourble, si fut toute esbleuie ; Quant descendre cuida, à terre chiet [tombe] flastrie [, Baud. de Seb. II, 911]

ÉTYMOLOGIE

  • Origine germanique : angl. flat, plat ; danois, flad ; anc. scandinave, fletia, rendre plat. Le sens propre est jeter à plat, comme on le voit dans l'exemple de Baudouin de Sebourg ; d'où frapper à plat, marquer d'un fer chaud. Pour marquer d'un fer chaud, quelque apparence qu'on puisse trouver à admettre que flétrir, marquer, est flétrir, faner, pris figurément, néanmoins on ne peut pas écarter flastrir, qui est la forme la plus ancienne de flétrir, marquer, tandis que, dans l'historique de flétrir, faner, la forme flastrir ne se montre pas. À l'origine, on ne pouvait guère se servir, pour cette punition, d'une métaphore tirée de l'herbe qui se flétrit.
    On disait flatir dans un sens analogue : L'on me devroit flatir ou vis Une vessie de mouton [, la Rose, 8526]
    Au reste il a été facile, à l'aide de la métaphore, de confondre flastrir et flestrir. Comparez en outre flâter

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. FLÉTRIR. - HIST. Ajoutez :
  • XVIe s.
    Lacedemone, où les jeunes enfans estoyent flaistris [battus] si rigoureusement par le grand maistre de la jeunesse, qu'ils rendoyent quelquefois l'esprit sur l'autel de Diane, pendant qu'on les fessoit [BODIN, Republique, III, 7]

flétrir

FLÉTRIR. v. tr. Décolorer, faner entièrement, en parlant de Fleurs, de feuillages. Le vent de bise flétrit les fleurs. Les roses se flétrissent.

Par analogie, il se dit de Certaines parties du corps humain. Avoir la peau, le visage, les yeux flétris.

Il signifie figurément Rendre dépourvu de sa fraîcheur, de son éclat, de son intégrité. Les chagrins ont flétri sa jeunesse. Leur jeunesse s'est flétrie dans les larmes. Flétrir les grâces du jeune âge. Le malheur flétrit l'âme. Flétrir l'innocence. Flétrir la réputation, la mémoire, la gloire de quelqu'un.

flétrir

FLÉTRIR. v. tr. Il signifiait, en matière criminelle, Marquer d'un fer chaud en punition d'un crime. Par extension, il signifie Marquer d'infamie. Il est à jamais flétri par cette condamnation.

flétrir


FLÉTRIR, v. act. FLÉTRISSûRE, s. f. [1re é fer. pénult. lon. au second.] Flétrir, c'est faner, sécher, ôter la couleur, la fraîcheur. "Le hâle flétrit les fleurs; le temps, l'âge flétrit la beauté. "Les fleurs se flétrissent bientôt, sont bientôt flétries. "Sa beauté comence à se flétrir.
   Mon corps, victime infortunée,
   Du feu dévorant qu'il nourrit,
   Privé d'alimens, se flétrit,
   Comme l'herbe aux champs moissonée.
       Le Franc.
= Figurément, déshonorer: les discours imprudens flétrissent plus souvent la réputation que les discours malins. = Flétrir le coeur à... Chagriner, décourager: "Ce reproche lui a flétri le coeur.
   Flétrissûre se dit au propre et au figuré. "La flétrissûre des fleurs, des fruits, de la beauté. — Tache à la réputation. "C'est une flétrissûre à un Militaire d'avoir fui dans un combat.

Synonymes et Contraires

flétrir

verbe transitif flétrir
2.  Littéraire. Porter atteinte à.
-littéraire: laver.

flétrir

verbe transitif flétrir
Littéraire. Dénoncer avec indignation.

flétrir (se)

verbe pronominal flétrir (se)
Traductions

flétrir

shrivel, shrivel up, brandשדף (פ'), שָׁדַףbrandmerken, doen verwelken, onteren, ontluisterenammosciare, appassire, bollare (fletʀiʀ)
verbe transitif
faire perdre sa fraîcheur àqqch La chaleur a flétri les fleurs.

flétrir

[fletʀiʀ] vt
[fleur] → to wither
(= stigmatiser) [+ réputation, nom] → to blacken [fletʀiʀ] vpr/vi → to wither