forain, aine


Recherches associées à forain, aine: foraine

FORAIN, AINE

(fo-rin, rè-n') adj.
Qui est de dehors, étranger. On peut sans commandement préalable, saisir les meubles de son débiteur forain. Chambre foraine, tribunal forain, juridiction sommaire établie autrefois au Châtelet de Paris pour connaître des contestations pour fait de commerce entre bourgeois de Paris et étrangers. Traite foraine, droit d'impôt et de péage qu'on levait autrefois sur les marchandises qui entraient dans le royaume ou qui en sortaient. Aujourd'hui on dit douane, droits de douane. Chemin forain, chemin qui se trouve à l'abord d'une ville et dont la largeur permet au moins le passage de deux voitures.
Qui n'est pas du lieu. Propriétaire forain, propriétaire qui n'a pas son domicile dans le lieu où ses biens sont situés. Bétail forain, bétail soumis à une taxe à l'entrée de la ville. Terme de droit coutumier. Se disait de ceux qui, sans demeurer sur les terres du seigneur, possédaient des héritages mouvant de sa directe et de sa justice.
Marchand forain, ou, substantivement, un forain, marchand qui court les villes, les campagnes, les marchés, les foires (bien que forain signifie qui est étranger, et non qui est de la foire). Il vient un grand nombre de marchands forains, de forains à ce marché.
Le droit de rançonner les marchands forains, car alors il n'y avait point d'autres marchands [VOLT., Mœurs, 197]
Par confusion de sens, comme si, dans marchand forain, forain voulait dire qui est de la foire. Théâtre forain, petit théâtre dressé à la foire.
Nous fîmes à nous deux le quart d'un vaudeville, Aux théâtres forains lequel fut présenté, Et refusé partout à l'unanimité [A. DE MUSSET, Poésies nouv. Dupont et Durand]
S. m. pl. Les forains, les bateleurs de la foire.
Le parodiste oisif et les forains t'attendent [PIRON, Métrom. III, 7]
Nom donné spécialement aux acteurs des théâtres de la foire, par opposition aux acteurs de la Comédie française qu'on appelait les Romains, à cause des sujets de tragédies empruntés en grande partie à l'histoire romaine.
Terme de marine. Rade foraine, rade mal fermée, rade ouverte aux vents du large.
L'île a deux rades foraines, où les vaisseaux de tous les rangs sont en sûreté, lorsque les vents du nord et ceux d'ouest ne soufflent pas [RAYNAL, Hist. phil. IX, 18]
S. m.Terme de marine. Forain, synonyme de faux rang, ou vide dans l'arrimage.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Comment vous a esté entre la gent foraine ? [, Sax. XX]
  • XIIIe s.
    À vos et à toz les forains Me plain je... [, Ren. 10086]
    Cil bien sunt tien à droite guise ; As autres biens qui sunt forain, N'astu vaillant uns viés lorain [, la Rose, 5353]
    Es rues foraines [écartées] se mettent, Et du demander s'entremettent [RUTEB., 318]
  • XVe s.
    Convient que ses operacions foraines et par dehors soient joyeuses, legieres et de petite coustance [CHRIST. DE PISAN, Charles V, I, chap. 9]
    Ils regarderent au millieu, et veirent une compagnie de damoiselles qui par dedans se deduisoient, mais à leur advis elles estoient de si grant beauté et leurs vestemens gettoient si grant resplendeur que chascun tint à songe ce qu'il veoit de la veue foraine [extérieure] [, Perceforest, t. II, f° 36]
  • XVIe s.
    En croyant nous entrons de mort à vie, et ne sommes plus estrangers ne forains, mais bourgeois avec les saincts et domestiques de Dieu [CALVIN, Instit. 790]
    Un chemin forain [détourné] doit contenir quinze pieds [, Coust. génér. t. I, p. 696]
    Impositions domaniales [sur les domaines] et foraines [sur les douanes] [SULLY, Mém. t. X, p. 230, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, marchands foiriens ; espagn. foraneo ; du bas-latin foraneus, dérivé du lat. foras, hors.