fortuné

(Mot repris de fortunés)

fortuné, e

adj. [ lat. fortunatus, heureux, riche ]
Qui a de la fortune, qui est largement pourvu de biens matériels : C'est une femme fortunée qui habite cette villa aisé, riche ; pauvre

fortuné


fortunée

(fɔʀtyne)
adjectif
qui a beaucoup d'argent une personne fortunée

fortune

FORTUNE. n. f. Hasard, chance. La fortune des armes. J'en courrai la fortune. Je le rencontrai de fortune, Par hasard La mauvaise fortune le poursuit.

Fam., Courir la fortune du pot, S'exposer à faire mauvaise chère, en allant dîner dans une maison où l'on n'est point attendu. À la fortune du pot. Venez dîner à la fortune du pot, En courant la chance d'un bon ou d'un médiocre repas. Inviter à la fortune du pot, Inviter sans cérémonies.

Installation de fortune, Installation improvisée et provisoire. Moyen de fortune, Moyen de parer promptement à des besoins urgents. Gouvernail de fortune. Mâture de fortune. Voile de fortune.

Bonne fortune, Chance heureuse, heureux hasard. C'est une bonne fortune pour moi de vous rencontrer. Il se dit, en termes de Galanterie, des Faveurs d'une femme. Il a eu beaucoup de bonnes fortunes. Un homme à bonnes fortunes. Être en bonne fortune.

Tenter fortune, S'engager dans une entreprise dont le succès dépend en grande partie du hasard, d'événements qu'on ne peut régler ni prévoir.

Chercher fortune, Être ou se mettre en quête des occasions qui peuvent procurer ce que l'on désire, comme le bien-être, les richesses, etc. Il est allé chercher fortune aux Indes.

Fig. et fam., Faire contre mauvaise fortune bon coeur, Ne pas se laisser abattre par les déceptions, par les événements fâcheux.

FORTUNE se dit encore de Tout ce qui arrive ou peut arriver de bien ou de mal à quelqu'un. Nous courons tous deux même fortune. S'attacher à la fortune de quelqu'un, suivre sa fortune. Changement de fortune. Il a éprouvé l'une et l'autre fortune. Je partageai sa bonne et sa mauvaise fortune. Ma mauvaise fortune, ma bonne fortune a voulu que... On le dit également des Choses. Nous ne pouvons prédire quelle sera la fortune de ce livre, de cet ouvrage. La fortune des États, des empires. Cet homme, cette doctrine a eu des fortunes très diverses.

Revers de fortune, Accident, événement fortuit qui change une bonne situation en une mauvaise. Croire qu'on est à l'abri des revers de fortune. On dit aussi Retour de fortune pour désigner un Changement imprévu, qui peut être heureux, une vicissitude bonne ou mauvaise. Il y a d'étranges retours de fortune.

Il signifie souvent, dans une acception générale, Avancement, établissement dans les emplois, dans les honneurs, dans les biens. Parvenir à une haute fortune. Affermir sa fortune. Sa fortune est encore chancelante. Il ne doit sa fortune qu'à son propre mérite. Il a été l'artisan de sa fortune.

Il se dit aussi de la Divinité païenne qui était censée distribuer, à son gré, le bonheur et le malheur. Le temple de la Fortune. La statue de la Fortune. Les Romains adoraient la Fortune, sacrifiaient à la Fortune.

Il s'emploie, par allusion au sens qui précède, dans un grand nombre de phrases figurées. La fortune est aveugle, inconstante, capricieuse, changeante. Les faveurs de la fortune. L'inconstance, le caprice, la bizarrerie, les revers, les rigueurs de la fortune. La fortune distribue inégalement ses faveurs. Il est maltraité de la fortune. Il accuse la fortune de son malheur. La fortune lui sourit. La fortune lui a tourné le dos. La fortune élève les uns, abaisse les autres. S'abandonner à la fortune. La roue de la fortune. Les hommes sont le jouet de la fortune. La fortune a trompé leur espoir.

Les jeux, les coups, les caprices de la fortune, Les grands changements qui arrivent aux hommes ou aux États et qui les élèvent ou les abaissent.

Brusquer la fortune, Tenter de réussir par des moyens prompts et hasardeux.

Fig., Attacher un clou à la roue de la fortune, Trouver moyen de fixer la fortune.

Fig., Adorer, encenser la fortune, etc., S'attacher à ceux qui sont en faveur, en crédit.

Les biens de la fortune, Les dignités, les honneurs, les richesses.

Soldat de fortune se dit d'un Homme de guerre qui, par sa valeur, s'est élevé des derniers rangs aux plus hauts grades. On dit dans le même sens Officier de fortune.

Fam. et fig., Chacun est artisan de sa fortune, Chacun est responsable de son sort bon ou mauvais.

Il se dit encore simplement pour Biens, richesses, ressources pécuniaires. Faire sa fortune. Faire fortune. C'est un homme sans fortune. Il rassembla les débris de sa fortune. Bien gérer, mal gérer sa fortune. Perdre, dissiper sa fortune. Il fait un bon usage de sa fortune. Mettre sa fortune à couvert. Acquérir de la fortune. Laisser de la fortune à ses enfants. N'avoir point de fortune. C'est là toute ma fortune. Il ne connaît pas le chiffre de sa fortune. Faire une fortune rapide. Fortune solide, bien établie. Fortune mobilière, immobilière. Sa fortune est en terres, est en valeurs. Épouser une jeune fille sans fortune.

Dans ce sens très courant, l'expression Revers de fortune, déjà mentionnée ci-dessus, désigne des Dommages d'ordre financier, des pertes d'argent. Il a eu, il a éprouvé de grands revers de fortune.

Faire fortune se dit aussi des Choses et signifie Obtenir du succès, être accueilli, goûté. Cette doctrine a fait fortune dans le monde, a fait fortune.

fortuné

FORTUNÉ, ÉE. adj. Qui est au comble du bonheur. Prince fortuné. Amants fortunés.

Il signifie aussi Qui donne le bonheur, où l'on trouve le bonheur. Union fortunée. Siècle fortuné. Région, terre fortunée.

Il signifie aussi Qui est pourvu de grandes richesses. C'est la famille la plus fortunée du pays.

fortune

Fortune, Fortuna, Sors.

Bonne fortune ou bruit, Secundae fortunae.

Fortune diverse, maintenant bonne, maintenant mauvaise, Varia fortuna.

Fortune inconstante et qui n'arreste point en un lieu, Fortuna volubilis.

Mal fortune, Mala fortuna.

Qui a toute esperance en fortune, Qui s'attend à fortune, Cui spes omnis et ratio et cogitatio pendet ex fortuna.

Il n'y a point de fortune plus utile et profitable, Non vlla magis praesens fortuna est.

C'est à fortune d'en disposer, Cela git au vouloir de fortune, Positum consilium in fortuna.

Quelque fortune qui vous puisse advenir, je vous aimeray, Vos in omni fortuna, quaecunque erit oblata, complectar.

Telle fortune s'est autresfois presentée à moy, Mihi talis aliquando affulsit fortuna.

Blasmer fortune, dire que fortune est cause des adversitez, Aduersa casibus incertis belli et fortunae legare, Assignare culpam fortunae.

Se mocquer de la fortune d'aucun, Insultare alicui, B.

Si on a aucun bien ou aucun mal, on donne et tient on tout de fortune, Fortunae omnia expensa, omnia fortunae feruntur accepta.

Fortune est compagne de vertu, Coniuncta virtuti fortuna, Virtuti fortuna comes.

Comme si fortune eust esté contraire à Attile, et qu'il eust mal fait ses besongnes dés le premier pas qu'il fit en Afrique, Tanquam M. Attilius primo accessu ad Africam offenderit.

Estre marri de la fortune d'aucun, Vicem alicuius irasci.

Je suis marri de sa fortune, Miseret me illius.

Estre marri de nostre fortune, Vicem nostram dolere.

Nous ne sommes point desplaisans de sa fortune et inconvenient, Ipsius vicem minime dolemus.

S'ils estoient amenez à ceste fortune, Si in eum casum deducerentur.

Fortune estoit ja tournée, Iam verterat fortuna.

Fortune s'estoit retournée, que nos gens, etc. Se fortuna inclinauerat, vt nostri, etc.

Le hazard ou fortune de proces, Fors forensis, Alea iudicialis, B.

La fortune de guerre tournée, Verso Marte, B. ex Liu.

Qui fuit sa bonne fortune, Homo inimicus suis processibus, B. ex Seneca.

Suyvre la fortune, Fatorum auspicia sequi, B.

Fortune nous a si bien dit que, etc. id est, nous a esté si favorable.

Endurer quelque fortune, Casum vel calamitatem subire.

Se fier fort à fortune, Multum ponere in fortuna.

Qu'il garde bien sa fortune, Sibi habeat suam fortunam.

Porter patiemment la mauvaise fortune, Fortunae modeste ferre iniurias.

Suyvre sa fortune, Fortunam suam sequi.

O fortune que tu as aujourd'huy empesché mon maistre de grans biens que tu luy fais? O fortuna, quantis commoditatibus hero meo hunc onerasti diem?

Comme fortune voulut, Forte.

Selon la fortune, ou l'affaire, il ne se pouvoit mieux faire, E re nata melius fieri haud potuit.

fortune


FORTUNE, s. f. FORTUNÉ, ÉE, adj. [3e e muet au 1er, é fer. aux 2 aûtres.] Fortune, est 1°. Cas fortuit, hasard. "Les accidens de la fortune. Tenter, brusquer fortune. Le 2d de ces verbes est bâs. = 2°. Il signifie, tantôt bonheur. "Il est en fortune; il n'a pas ou il a peu de fortune; tantôt malheur. "Contre fortune bon coeur; Dieu vous préserve de mal et de fortune. St. prov. = 3°. Avancement et établissement favorable. Faire fortune, ou sa fortune. "Établir, afermir, ou perdre, ruiner sa fortune. "Il me doit sa fortune, etc. = 4°. État ou condition où l'on est. "Être content de sa fortune. = 5°. Biens de la fortune, les richesses, les honeurs, les charges. = 6°. Homme ou soldat de fortune, qui d'un petit comencement est parvenu à de grands biens, à des grandes considérables. "Ce négociant est un homme de fortune. "Le Maréchal Fabert était un soldat de fortune. = 7°. La Fortune, Divinité païène, dont on parle encôre aujourd'hui plus qu'il n'est permis, ce semble, à des chrétiens. "La Fortune lui rit, le favorise. "La Fortune lui a tourné le dôs, etc. etc. "La Fortune se joûe de tout, etc. "Les Hommes demandent à la Fortune un présent qu'ils ne doivent atendre que de la Vertu. D'Aguesseau. = Anciènement on employait presque toujours fortune sans article. "Contre fortune instruit. Malherbe. On dit encôre: courir, tenter, chercher fortune. "Un jeune Manceau, qui venoit à Paris chercher fortune. LE SAGE. Faire fortune. — Celui-ci se dit même des chôses. "Ce systême n'a pas fait fortune.
   On dit figurément, adorer, encenser la fortune; sacrifier à la fortune; courir après la fortune, s'atacher à ceux, qui sont en faveur, en crédit. Et proverbialement, atacher un clou à la roûe de la Fortune, trouver moyen de la fixer.
   Rem. 1°. En parlant de la Fortune en général, on l'emploie toujours au singulier. On dit des fortunes rapides, de bones fortunes; mais on dit; la gloire, la fortune et non pas les fortunes, comme dit St. Evremont.
   2°. Dans Athalie, Josabet parlant de Joas à la Reine, lui dit:
   Vous avez entendu sa fortune;
   Sa présence à la fin pourroit être importune.
Qu'est-ce qu'entendre la fortune de quelqu'un? En prôse ce serait une expression barbâre; mais les Poètes ont de grands droits. Ils supriment souvent des mots que le Lecteur doit sous entendre. Vous avez entendu sa fortune, veut dire, vous avez entendu le récit de ce qui lui est arrivé.
   De fortune, de bonne fortune, adverbes; par hasard, par un heureux hasard. Ils ont vieilli et ne peuvent plus être bons que pour le style familier. "Le loup de fortune passa. La Font.
   Au mot de guet, que de fortune,
   Notre loup avoit entendu.      Id.
"Elle vous a envoyé Mlle... qui, de bonne fortune n' avoit pas encore trouvé de condition. Voiture.
   FORTUNÉ, heureux. Il est peu usité en prôse dans le discours ordinaire; mais en vers et dans le discours relevé, il est quelque-fois plus noble que le terme d'heureux. VAUG. L. T. Prince fortuné, siècle fortuné. = Fortuné, heureux, (synon.) le 2d se dit à l'égard de tous les genres de biens et de bonheur, le 1er se dit d'un bonheur singulier et des grâces signalées. Si vous jouez à pair ou non, et que vous gâgniez, vous êtes heureux: et quand vous aurez peu de chances pour vous, à la loterie, par exemple, vous êtes fortuné, si vous gâgnez. Celui-là est fortuné, qui doit beaucoup plus à la fortune qu' à sa sagesse: celui-là est heureux, qui doit à sa sagesse tout ce qu'il a pu ne pas abandoner à la fortune, etc. ROUB. Syn. = Il aime à suivre le nom qu'il modifie, surtout au fém. En vers le masc. peut précéder.
   Pour acomplir ces fortunés présages.
Fortuné Prince, fortuné siècle soneraient fort mal; fortuné homme serait épouvantable.
   REM. Fortuné, signifie heureux, et non pas riche, qui a de la fortune. "Par les largesses de plusieurs prosélytes fortunés, dit M. Berault de Bercastel. En ce sens, c'est un barbarisme.

Synonymes et Contraires

fortuné

adjectif fortuné
Qui a de la fortune.
gêné, indigent, misérable, nécessiteux, pauvre, ruiné -familier: désargenté, fauché, nettoyé, ratissé, sur la paille -littéraire: impécunieux -populaire: raide -vieux: besogneux.
Traductions

fortuné

[fɔʀtyne] adjwealthy, well-off