fossé

fossé

n.m. [ bas lat. fossatum, de fodere, creuser ]
1. Trou creusé en long pour faciliter l'écoulement des eaux ou pour servir de défense : La voiture a baculé dans le fossé. Les remparts et les fossés d'un château.
2. Fig. Ce qui sépare des personnes ; désaccord profond : Le fossé s'agrandit entre la classe politique et les citoyens abîme

FOSSÉ

(fô-sé ; quelques personnes disent fo-sé, et H. Estienne remarque que fosse a l'o long et fossé l'o bref ; du temps de Chifflet, quelques-uns, pensant raffiner, prononçaient foussé, comme chouse au lieu de chose) s. m.
Sorte de fosse continue servant soit à l'écoulement des eaux, soit à la séparation de terrains.
Les fossés que Cyrus creusait autour d'elle [Babylone] [BOSSUET, Hist. II, 4]
Au milieu de tant de périls [à la bataille de Sénef], il [le fils de Condé] voit ce grand prince [Condé] renversé dans un fossé sous un cheval tout en sang [ID., Louis de Bourbon.]
Fig. Le grand fossé, le tombeau.
Qu'ils [nos fils] chantent à perdre haleine Sur le bord du grand fossé [BÉRANG., J. des morts.]
Fig. Faire de la terre le fossé, tirer de la chose même de quoi subvenir aux dépenses nécessaires pour l'agrandir. Se dit plus souvent d'un dissipateur se ruinant par des emprunts successifs dont l'un rembourse l'autre. Fig. et familièrement. Sauter le fossé, se risquer enfin après avoir longtemps hésité, et, plus souvent, faire par nécessité ce qu'on ne voudrait pas faire.
Allons, ferme, monsieur, il faut sauter le fossé [DANCOURT, l'Été des coquettes, sc. 23]
Creux continu servant à la défense d'une place de guerre.
Car par votre vertu les nôtres repoussés Vous laissèrent venir jusqu'aux bords des fossés [MAIRET, Sophon. IV, 1]
Après cela, les assiégeants [de la ville de Péronne], ayant encore tenté deux furieux assauts où ils laissèrent leurs échelles et grand nombre de leurs plus braves hommes dans les fossés.... [MÉZERAY, Abrégé de l'hist. de Fr. t. IV, p. 595, Amst. 1688]
Ces angles, ces fossés, ces hardis boulevards [VOLT., Alz. II, 6]
Fossé revêtu, celui dont l'escarpe et la contrescarpe sont revêtues d'un mur de maçonnerie en talus.
Creux pratiqué au fond de la couche de sable du moule à plomb.

PROVERBES

  • Au bout du fossé la culbute ; manière de faire entendre qu'on se résout aux conséquences fâcheuses que pourrait avoir une résolution hardie et imprudente (locution figurée pour laquelle il est difficile de trouver le sens physique et propre qui y a donné lieu ; elle semble signifier : quand on arrive au bout du champ où est le fossé, on le rencontre et on y culbute, ou bien bout est pris ici pour l'endroit où le fossé commence).
  • Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat, c'est-à-dire ce qu'on laisse tomber est pour celui qui le ramasse.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    E Mahomet enz en un fosset [ils] boutent [, Ch. de Rol. CLXXXIII]
  • XIIIe s.
    Si avint qu'il vit, outre un grant fossé, un fouc [troupe] de paysans armés à la guise dou pays [, Chr. de Rains, p. 219]
    Allons amont, et metons cest fossé que vous veez devant vous, entre nous et eux [JOINV., 227]
    De meïsme la terre fait l'en le fossé [, Ms. de St Germ. Prov. du vilain, f° 75, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    De la vente de la graine que cueillés ches vous, en achetés d'estrangere, ce qu'il vous en faut ; ainsi se fait de la terre le fossé [O. DE SERRES, 460]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, foussé ; bourguign. foussai ; provenç. fossat ; espagn. fossado ; ital. fossato ; du lat. fossatum, de fossa, fosse.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    FOSSÉ. Ajoutez :
    Espace vide ménagé dans la mécanique à tulle.

    REMARQUE

    • Dans le proverbe : au bout du fossé la culbute, nous avons remarqué qu'il était difficile de comprendre le sens physique de la locution. Dans l'exemple suivant, l'écrivain l'a conçue, comme représentant une pente au bout de laquelle on rencontre le fossé et la culbute.
      Arrêter une administration qui a pris le mors aux dents et qui court sur une pente au bout de laquelle peut être le fossé, est une bonne et utile besogne [, le Courrier du dimanche, 9 juillet 1865, p. 3, 4e col.]
      Cet exemple est trop récent pour rien prouver au sujet de l'origine de la locution. Pourtant il est possible qu'elle ait été d'abord : au bout le fossé et la culbute. Cela se comprend et aurait été altéré d'une manière peu intelligible. De telles altérations surviennent parfois dans les locutions proverbiales.

fosse

FOSSE. n. f. Cavité dans le sol, le plus souvent artificielle. Tomber dans une fosse. Daniel fut jeté dans la fosse aux lions. Creuser, faire une fosse. Fosse à fumier. Fosse à chaux.

Fosse d'aisances, Excavation voûtée, destinée à recevoir les matières qui proviennent de cabinets d'aisances. Fosse inodore. Fosse étanche.

Il signifie particulièrement Endroit que l'on creuse en terre pour y mettre un ou plusieurs corps morts. Creuser une fosse dans un cimetière. Prier sur la fosse de quelqu'un. Jeter de l'eau bénite sur sa fosse. Fosse commune, Fosse où sont déposés ensemble les cercueils des pauvres.

Fig., Être sur le bord de sa fosse, avoir un pied dans la fosse, Être fort vieux ou extrêmement malade, n'avoir que peu de temps à vivre. Creuser sa fosse. Voyez CREUSER.

Basse-fosse, Cachot très profond dans une prison. Jeter un prisonnier dans une basse- fosse.

Cul de basse-fosse, Cachot souterrain, creusé dans la basse-fosse même. On le mit dans un cul de basse-fosse.

En termes d'Anatomie, il se dit de Certaines cavités, plus ou moins profondes, que présentent divers organes, et dont l'entrée est toujours plus évasée que le fond. Fosses nasales. Fosse coronale ou frontale. Fosse iliaque. Fosse lacrymale. Fosse temporale.

fossé

FOSSÉ. n. m. Fosse creusée en long pour clore, pour enfermer quelque espace de terre, ou pour faire écouler les eaux, ou anciennement pour la défense d'une place. Entourer un pré de fossés. Relever les fossés d'une pièce de terre. C'est un pays tout coupé de fossés. Fossé plein d'eau. Fossé sec. Sauter un fossé à pieds joints. Franchir un fossé. Les fossés d'une ville, d'une place de guerre. Combler un fossé.

Prov. et fam., Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat, Ce qu'on laisse tomber est pour celui qui le ramasse.

Fig. et fam., Sauter le fossé, Prendre un parti hasardeux après avoir longtemps balancé.

Prov. et fam., Au bout du fossé la culbute. Voyez CULBUTE.

FOSSÉ signifie figurément Séparation. Le fossé s'est élargi entre ces deux partis.

fosse

Fosse, f. penac. Est une concavité faicte à descouvert en terre, Fossa, Duquel mot il est prins, Car estant faicte à couvert, elle est appelée Caverne, Antrum, Ainsi dit-on, La fosse à enterrer un mort, Fouea sepulcralis, Et combien que telle cavité soit comble d'eauë, elle est neantmoins dicte Fosse, car il suffit qu'elle soit creuse en la terre, Selon ce on dit, Une fosse à poissons, Fossa piscaria, On ne laisse pas pourtant d'appeler la fosse d'un trespassé, apres qu'elle est remplie tant du corps d'iceluy, que de terre, mais par catachrese de ce qu'elle a esté au precedent, Fouea, Fossa, Scrobs scrobis.

Une fosse et creux d'une riviere où s'assemble l'eauë et s'engorge, Gurges.

Une fosse ou l'eauë s'assemble et s'arreste, Lacuna.

Une longue fosse qu'on fait pour planter une jeune vigne, ou des jeunes arbres, Sulcus.

Une petite fosse ronde qu'on fait entour les jeunes arbres, quand on les veut deschausser, Orbis ablaqueationis.

Fosse sous terre, Antrum.

Fosses sombres, et là où on ne voit goutte, Atrae speluncae.

Plein de fosses ou fossettes, Lacunosus.

Faire fosses pour planter oliviers, Scrobes oleis inuertere.

Fosses tout d'un tenant, Perpetuae fossae.

Remplir la fosse, Lacunam explere, Cic.

Combler les fosses, Fossas complere, Tacit.

fossé

Fossé, m. acut. Combien qu'il soit fait par fouïsseure et vuidange ou egestion de terre, ce n'est pas toutesfois le mesmes que Fosse f. penac. Ainsi est espece de ce genre la, car Fossé m. acut. N'est fait en rond ainsi que la fosse l'est plus communéement, ne si court que la fosse quand elle n'est ronde, et est dit estre Fossé m. acut. La fosse allignée, ou tournoiant, qui flanque ou environne un heritage champestre, ou une ville, un camp ou une forteresse, ou une maison, pour les rendre mal accessibles, pour laquelle signification rendre le Latin n'a nul terme special, ains use du general Fossa, car ce mot Fossalium dont Pline use au XXI. chap. du XVII. livre que le Languedoc dit Fossat en ladite generalité, pour, Fosse f. penac. et Fossé, m. acut. N'est ce mesmes que le François appelle Fossé m. acut.

fôsse


FôSSE, s. f. FôSSÉ, s. m. [Fôce, fôcé: 1re lon. 2e e muet au 1er, é fer. au 2d.] Fôsse, est 1°. un creux large et profond dans la terre, fait par la natûre ou par l'art. "Tomber dans une fôsse. Faire, creuser une fôsse pour un arbre, des fôsses pour des vignes. = 2°. Il se dit plus particulièrement du creux qu'on fait en terre pour y mettre un corps mort. = Fôssé, est une fôsse creusée en long pour enfermer quelque espace de terre, ou pour la défense d'une Place, ou pour faire écouler les eaux. "Remplir, combler, sauter le fôssé. "Pays tout coupé de fôssés.
   On dit, proverbialement, avoir un pied dans la fôsse, étre vieux ou malade. — Mettre les clefs sur la fôsse, renoncer à une succession. = Faire de la terre le fôssé; ce qu'on ôte d'une chôse la faire servir à une aûtre; ne rien laisser perdre.

Synonymes et Contraires

fossé

nom masculin fossé
2.  Fosse creusée au long.
Traductions

fossé

Graben, Lückeditch, hole, pit, gap, moat, chasmsloot, gracht, greppel, groef, groeve, kuil, kloof, slenk, tussenruimteגוב (ז), חפורה (נ), חפיר (ז), פחת (ז), תעלה (נ), חֲפִיר, גֹּב, תְּעָלָהslootfosaĵozanja, cuneta, huecojarak pemisah, jurangfossacava, fossa, brecha, fossofosso, fossato, bucoخَنْدَق, فَجْوَةmezera, strouhaåbning, grøftκενό, χαντάκιaukko, ojajarak, praznina溝, 隙間간격, 수로åpning, grøftluka, rówкювет, разрывdike, gapคูน้ำ, ช่องว่างboşluk, hendekchỗ trống, mương小沟, 缺口差距 (fose)
nom masculin
trou creusé dans la longueur

fossé

[fose] nmditch (fig)gap
fosse commune nfcommon grave, communal grave
fosse d'orchestre nforchestra pit
fosse septique [sɛptik] nfseptic tank
fosses nasales nfplnasal fossae