gardé

gardé, e

adj.
Chasse, pêche gardée,
domaine, placé sous la surveillance d'un garde, où le propriétaire se réserve le droit de chasse, de pêche.

garde

GARDE. n. f. Action ou charge de protéger, de conserver, de défendre, de soigner, de surveiller quelqu'un ou quelque chose. Il m'a confié la garde de sa maison. Il confia ses enfants à la garde d'un vieux serviteur. À la garde de Dieu! Dieu vous ait en sa garde, en sa sainte garde. Avoir la garde d'une bibliothèque, d'un magasin. Avoir la garde d'un poste. Ce corps de troupes est chargé de la garde des frontières. Avoir, prendre, recevoir des bijoux, des valeurs en garde. Avoir, prendre quelqu'un sous sa garde. Donner des fourrures en garde.

Mettre quelqu'un sous bonne garde, Le remettre à des gens qui se chargent de le garder, qui en répondent.

Être de bonne garde, ou simplement Être de garde, se dit du Vin, des fruits, etc., qui se conservent longtemps sans se gâter. Ces fruits, ces vins sont de garde, de bonne garde, ne sont pas de garde. On dit, dans le sens contraire, Ces fruits, ces vins sont de mauvaise garde, de difficile garde.

Il se dit, par extension, d'un Corps de troupes spécialement chargé de garder, de défendre un souverain, un prince, plus généralement, d'un Corps d'élite. Ce prince était entouré de sa garde. Garde royale. Garde impériale. Vieille garde. Jeune garde. Un officier, un soldat de la garde royale. Absolument, Les régiments de la garde. Il est entré dans la garde. Le général fit donner la garde.

Garde d'honneur, Troupe affectée à un personnage éminent, auquel on rend les honneurs militaires pendant son séjour dans une ville, dans un pays. On donna au prince, à la princesse une garde d'honneur.

Garde nationale s'est dit d'une Troupe non soldée, composée le plus souvent d'éléments civils, ayant pour devoir de maintenir l'ordre et de contribuer à la défense intérieure du pays. La garde nationale de Paris, de Rouen. Officier de la garde nationale.

Garde nationale mobile, ou par ellipse Garde mobile, s'est dit, sous le régime de la loi militaire de 1868, d'Une partie de la classe laissée dans ses foyers à l'époque du recrutement, mais soumise au service militaire en temps de guerre.

Garde municipale, Troupe sédentaire et soldée, chargée d'assurer l'ordre dans certaines villes. Garde municipale à pied, à cheval.

Garde municipale ou Garde républicaine, Corps de troupes d'élite, d'infanterie et de cavalerie, chargé d'assurer l'ordre et aussi de figurer dans certaines cérémonies d'apparat.

GARDE signifie aussi Guet, action par laquelle on observe ce qui se passe, afin de n'être point surpris, de prévenir quelque danger, etc. Faire la garde. Faire bonne garde, mauvaise garde.

Il se dit surtout, en termes militaires, du Service d'observateur et de sentinelle accompli par des soldats. Être de garde. Monter la garde. Officier de garde.

Il se disait de Certains services de présence auprès du souverain. Ce page était de garde. Par extension, il se dit aujourd'hui de Toutes les personnes qui accomplissent, par roulement, un service régulier. L'interne de garde. L'infirmière de garde.

Ce chien est de bonne garde, Il garde bien, il avertit bien.

Ces filles sont de garde difficile, Elles ont besoin d'une grande surveillance.

Prendre garde, Faire attention à quelqu'un, à quelque chose. Je n'aurais pas pris garde à lui, s'il ne m'eût adressé la parole. On m'annonça hier cette nouvelle, mais je n'y pris pas garde. Il signifie aussi Avoir l'attention éveillée sur quelque danger, se précautionner contre lui, en garantir quelqu'un qui y est exposé. Prenez garde qu'on ne vous trompe, qu'on ne vous surprenne. Prenez garde que personne ne vous voie. Prenez garde à cette clause de votre contrat. Prenez garde de tomber. Prenez garde à ne pas trop vous engager. Prenez garde à vous. Prenez garde à cet enfant. Prenez garde, vous allez tout renverser.

Elliptiquement, Garde à vous se dit, en termes militaires, pour Prenez garde à vous, faites attention.

Se donner de garde, ou plus souvent Se donner garde de, signifie Se défier, se précautionner, éviter. Donnez-vous garde qu'on ne vous attaque. Donnez-vous garde de cet homme. Donnez-vous garde de toucher à cela.

N'avoir garde de faire une chose, N'avoir pas la volonté ou le pouvoir de la faire, en être bien éloigné. Il n'a garde de tromper, il est trop honnête homme.

N'avoir garde de, dans le sens de Ne pouvoir pas, se dit quelquefois des Choses. Cette pièce, coup d'essai d'un poète ignorant, n'avait garde d'être dans les règles. Cette permission n'avait garde de lui être refusée.

Il se dit également des Soldats qui montent la garde. La garde des portes. Relever la garde. Renforcer la garde. Doubler la garde. Changer la garde. La garde montante. La garde descendante. On alla chercher la garde. Appeler la garde.

Corps de garde. Voyez CORPS.

Grand-garde, Corps de troupes placé en avant d'une formation plus importante, pour empêcher que celle-ci ne soit surprise.

Avant-garde. Arrière-garde. Voyez ces mots à leur ordre alphabétique.

Flanc-garde, Corps de troupes placé sur le flanc d'effectifs plus importants, pour les protéger.

En termes d'Escrime, il se dit d'une Manière de tenir le corps et l'épée ou le fleuret, telle que l'on soit à couvert de l'épée ou du fleuret de son adversaire, et que l'on puisse aisément le frapper ou lui porter une botte. La garde haute. La garde basse. La garde sur le pied gauche. Se mettre en garde. Se tenir en garde. Être en garde. Être hors de garde.

Elliptiquement, En garde! Mettez-vous en garde.

Se mettre en garde, se tenir en garde, être en garde signifie aussi, figurément, Se défier; faire attention à ne pas être surpris. Être en garde, se mettre en garde contre la séduction.

Être sur ses gardes, se mettre, se tenir sur ses gardes, se dit de Celui qui fait attention à ne pas se laisser surprendre, qui se tient prêt à empêcher qu'on ne prenne sur lui quelque avantage, qu'on ne lui fasse quelque tort.

GARDE désigne encore la Partie d'une épée, d'un sabre ou d'un poignard, et qui sert à couvrir la main. Une garde d'épée. La garde d'un sabre, d'un poignard. Garde à coquille. Fausser la garde. Enfoncer l'épée jusqu'à la garde.

Fig. et fam., S'en donner jusqu'à la garde, Prendre de quelque chose avec excès.

En termes de jeux de Cartes, il désigne Une ou plusieurs basses cartes de la même couleur que la garde principale qu'on veut garder. Un bon joueur conserve toujours des gardes.

Fig. et fam., Avoir garde à carreau, Être prêt à répondre à toute objection, à parer à tout événement.

Au pluriel, il se dit, en termes de Serrurerie, de la Garniture qui se met dans une serrure, pour empêcher que toutes sortes de clefs ne l'ouvrent. Il faut changer les gardes de la serrure, on a perdu la clef.

Il se dit, en termes de Librairie, d'un Feuillet blanc que l'on met au commencement et à la fin d'un livre. Feuille de garde.

garde

GARDE. n. m. Gardien, surveillant, conservateur. Quand il est immédiatement suivi du nom qui désigne ce qui est donné en garde, on le joint à ce nom par un trait d'union.

Garde des sceaux. Le ministre auquel sont confiés les sceaux de l'État et l'administration de la Justice.

Garde champêtre, Agent préposé à la garde des récoltes et des propriétés rurales de toute espèce. Le garde champêtre dressa procès-verbal.

Garde forestier, Agent préposé à la conservation des forêts. Garde général, Agent de l'administration, des forêts, qui a grade d'officier et autorité sur les gardes forestiers.

Garde-vente ou Facteur, Celui qu'un marchand de bois prépose à la garde et à l'exploitation des bois dont il s'est rendu adjudicataire. Des gardes-vente.

Garde-chasse, Celui qui est commis pour veiller à la conservation du gibier dans une terre, dans un parc, etc. Des gardes-chasse.

Garde-pêche. Celui qui est chargé de veiller à l'exécution des ordonnances sur la police des fleuves, des rivières, etc., en ce qui concerne la pêche et la navigation. Des gardes- pêche.

Garde-barrière, Agent préposé à la garde d'une barrière, établie à l'intersection d'une voie ferrée et d'un chemin ordinaire. Des gardes-barrière.

Garde-côte. Bâtiment armé pour surveiller, garder, défendre les côtes. Adjectivement, Vaisseau garde-côte. Des garde-côtes.

Garde-magasin, Employé chargé de garder les locaux et les marchandises ou objets qu'ils contiennent. Des gardes-magasin.

Garde-malades se dit de Celui, de celle dont la profession est de garder et de soigner les malades. On dit aussi et plutôt Infirmier infirmière. Toutefois on dit toujours Une garde pour désigner l'Assistante d'une accouchée. Des gardes-malades.

Comme nom masculin, il se dit encore de Ceux que l'on charge de garder, de surveiller une personne qu'on ne veut pas laisser échapper. Ce prisonnier a trompé la surveillance de ses gardes : il s'est évadé.

Garde-chiourme, Surveillant de ce que l'on appelait autrefois la chiourme, les galériens. Il s'emploie aujourd'hui figurément pour désigner Quelqu'un dont la surveillance est étroite et brutale. Des gardes-chiourme.

Il se dit encore de Celui qui fait partie de la garde d'un roi, d'un prince, d'un gouverneur. Il n'avait avec lui qu'un de ses gardes. Il appela ses gardes.

Gardes du corps, Ceux qui gardaient la personne du roi. Capitaine, lieutenant des gardes du corps, ou simplement des gardes Il se dit figurément et par ironie d'une Personne qu'on voit en accompagner toujours une autre.

Le régiment des gardes s'est dit d'un Régiment d'infanterie française destiné à garder les avenues des lieux ou le roi était logé. On disait aussi absolument Les gardes ou les gardes françaises. On disait aussi Un garde française.

Le régiment des gardes suisses, ou absolument Les gardes suisses, Régiment d'infanterie suisse qui faisait le même service que le régiment des gardes françaises A Rome, Garde-noble, Garde suisse, Garde palatine, Corps d'officiers ou de soldats au service du Pape. Ces mots s'emploient au singulier pour désigner Ceux qui en font partie.

Cent-gardes, sous le Second Empire, Corps chargé de la garde personnelle du souverain. Un cent-garde.

Garde municipal, Garde républicain. Voyez l'article GARDE qui précède.

Garde national, Citoyen qui fait partie de la garde nationale. Des gardes nationaux. On dit, dans un sens analogue, en certains pays étrangers, Garde civique.

garde

Garde, f. penac. C'est ores reservation de quelque chose pour en user en temps propre, Asseruatio. Selon ce on dit ce fruit n'est pas de garde: ores protection, comme cela m'est baillé en garde, c'est à dire, pour le conserver et defendre contre tous, selon ce on dit garde noble, et garde bourgeoise; et garde de celuy qui a aucune desdictes gardes de mineurs. et par comparaison sauvegarde, pour les archers qui sont autour d'un Prince pour sa garde. Selon ce on dit la garde du Roy. Satellites Regis, ou Regij. Liu. lib. 23. Et la garde d'un Roy, ou autre Prince, c'est les archers qui le suivent ordinairement pour l'emparer, ores que le Latin dit, Custodia. Comme, Il est en la garde d'un huissier, c'est à dire, en prison courtoise: ores soing et vigilance sur quelque chose, Obseruatio. Comme, Je prendray garde sur ce qu'il fera, Obseruabo, quid ille facturus sit.

Archers de la garde du corps, Custodes corporis. Liu. lib. 23.

Mon garde corps, Corporis custos. ex Liu. lib. 23.

La garde du corps du Roy, Capitaine, ou autre personne, Stipatores, Excubitores.

La garde du corps d'un Capitaine, ou autre personne, Latrones, Milites conducti.

Recevoir aucun en sa garde, In fidem accipere. Gell. lib. 20. c. 1.

Mettre gardes aux portes, Custodes ad portas ponere. Liu. lib. 22.

Soldats envoyez pour la garde de la ville, Milites missi, vt vrbi praesidio sint. Liu. ibid.

Qui a la garde de quelque lieu, Tutelarius.

Garde ou fermier des ports, Portitor.

Garde et sergent des forests, Saltuarius.

Commis en la place d'une garde, Subcustos.

Laissé pour garde, Custos relictus.

La garde et entretenement de la societé des hommes, provenant de justice, Custodia iustitiae.

Celuy qui garde et enseigne autruy qu'il ne soit trompé, Cautor.

Qu'on ne garde plus, Obseruatio absumpta.

Avoir la garde et tuition de quelque gens, ou de quelque lieu, Praesidere.

Bailler garde, Custodem addere.

Bailler garde à quelque criminel, Asseruare reum hominem custodiis. Bud.

Mettre garde à quelqu'un, Asseruare custodiis.

Qui a quelque chose d'autruy en garde, Fiduciarius.

Bailler en garde quelque argent, Committere, Credere alicui pecuniam, Deponere pecuniam apud aliquem.

Bailler ses biens en garde, Committere et mandare alicui bona sua.

Chose qu'on baille en garde, Depositum.

Donner en garde, Seruandum dare.

Se mettre en la garde et tutele d'aucun, Conferre se in fidem et clientelam alterius.

Rendre ce qu'on nous a baillé en garde, Depositum reddere.

Laisser la capitainerie et garde de la place, Praesidium statiuum deserere, aut ab eo emanere. B.

Dieu soit garde de toy, Aue, Aueto, Iubeo te saluere.

Estre de garde, Ferre annos et vetustatem, AEuum pati.

¶ Se donner de garde, Praecauere.

Se donner garde de quelque mal, Cauere malum.

Sans se donner de garde, Incaute.

Il se faut donner de garde, Prae cauto opus est.

Qui ne se donne point de garde, Incautus.

En se joüant il se donnoit de garde, Custodite ludebat.

Prendre garde, Animaduertere, Videre, Obseruare. B.

A quoy on doit prendre garde, Obseruabilis.

Bailler en la garde d'un huissier, In custodiam ostiario tradere. Ex Liu. lib. 22.

Ce prisonnier m'a esté baillé en garde, Hic captiuus in custodiam mihi traditus est. Liu. 16.

Prendre tousjours garde à quelque chose, In oculis habere aliquid.

Il faut prendre garde que, etc. Videndum est ne obsit benignitas.

Pour y avoir souvent prins garde on, etc. Ex obseruatu dicunt eum equum habere annos sexdecim.

Pren garde à ce, Hoc vide.

Je n'y pren point garde, il ne m'en chaut, Non laboro.

On a prins garde et apperceu, Obseruatum est.

Pren bien garde qu'est-ce que tu feras, Vide quid agas.

Qui prend garde, et de bien pres, Animaduersor acer et diligens.

Les gardes d'une espée.

garde


GARDE, s. f. et m. GARDER, v. act. [2e e muet au 1er, é fer. au 2d.] Garde est fém. quand il exprime l'action de garder, et une femme qui garde et soigne un malade; il est masc. quand il signifie celui qui garde, et surtout ceux qui sont préposés à la garde du Roi. "Un garde du corps, un garde du Roi. Cependant l'usage le fait fém. en deux ocasions; les gardes Françaises et les gardes Ecossaises. En parlant distributivement, on dit, un Soldat, deux Soldats aux gardes, et non pas deux gardes Françaises, une garde Française. = Il est aussi fém. quand il est collectif, pour signifier des gens de guerre, qui font la garde. "Assoir, poser la garde. Relever, renforcer, doubler la garde, etc.
   REM. 1°. Garde se combine avec plusieurs verbes. — N'avoir garde régit de, et l'Infinitif. Ordinairement il signifie ne pas ôser: "Il n'a garde d'y revenir. Quelquefois pourtant il veut dire, ne pas pouvoir. "Ils n'avaient garde de le reconoître au milieu des flots. Télém. "Le Cardinal Infant n'avait garde de comander alors dans les Pays-bas, puisqu'il étoit mort à Bruxelles au mois de Mai. D'Avr. — L'Acad. fait observer que cette expression n'est que du style familier. = Se doner garde ou de garde de, se dit à peu près dans le même sens. La Touche admet l'un et l'aûtre: on ne se sert plus que du 2d. Les Français se donèrent bien de garde d'acuser l'Église Romaine. BOSS. — Leibnitz ajoute, à la préposition de, la négative ne. "Il se devait doner de garde de ne rien faire que ce qui lui seroit ordoné. Retranchez ne. C'est comme ceux qui disent je crains de ne faire, ou, je vous défends de ne pas faire. = Prendre garde régit à des noms, et à ou de des verbes. "Prenez garde à vous, à ce que vous faites. "Je prendrai garde une aûtrefois à ne pas me laisser surprendre: "Prenez garde de tomber. Ce dernier régime est le plus usité. On peut employer l'aûtre, sous la direction de l'oreille et du goût. * Se prendre garde de est un gasconisme. Montagne, qui était gascon, parlant des chiens, qui conduisent les aveugles: Je me suis pris garde, dit-il, comme ils s'arrêtent à certaines portes, etc. En Provence, plusieurs disent comme Montagne: je ne me suis pas pris garde de lui; il ne s'en est pas pris garde, pour dire, je ne l'ai pas apperçu; il n'y a pas fait atention. = Prendre garde, régit aussi le Subjonctif précédé de que et de ne. "Je l'avais souvent averti de prendre garde que ses débauches ne lui attirassent quelque grand malheur. — Il est à remarquer que ce régime du Subjonctif, s'emploie quand le Verbe régi ne se raporte pas au sujet (au Nominatif) du v. prendre garde, et l'Infinitif quand il s'y raporte. "Prenez garde que cet enfant ne tombe: prenez garde de tomber. — Il faut observer aussi que la particule ne est indispensable dans le 1er régime. * Prenez garde que persone vous séduise. Nouv. Test. Dites: ne vous séduise. — L'Acad. ne met point d'exemple de ce régime: c'est un oubli. = De garde, espèce d'Adjectif; facile à garder, à conserver. "Ces fruits sont ou ne sont pas de garde, de bonne garde: "Olives, figues sèches et aûtres nourritûres de garde. Pluche. "Les filles sont de difficile garde: il faut veiller soigneûsement à leur conduite. — On dit, dans un aûtre sens, qu'un homme est de bonne garde, pour dire, qu'il garde long-tems ce qu'il possède; et qu'un chien est de bonne garde, pour dire, qu' il garde, qu'il avertit bien. = En garde, adv. Être, ou se mettre, ou se tenir en garde, contre... se défier de... "À~ moins que d'être toujours en garde contre les discours de ces Messieurs, on prend insensiblement leurs sentimens. Sév. * M. Linguet dit se tenir de garde, et je crois qu'il est le premier à l'avoir dit: "Ces Spartiates se tiennent de garde contre cette molesse des Sibarites. — On dit, se tenir en garde et se doner de garde avec des sens et des régimes diférens. "La jeunesse doit se doner de garde de hanter des libertins. = Doner ou avoir en garde; le 1er régit l'Acusatif et le Datif; le 2d n'a que le 1er régime. "Il m'a doné sa bourse en garde: je l'ai eûe long-tems en garde.
   REM. 2°. Il y a grande diférence entre Capitaine des gardes, et Capitaine aux gardes: le 1er se dit d'un des quatre Capitaine des Gardes du Corps; le 2d, d'un Capitaine du Régiment des Gardes Françaises.
   REM. 3°. Garde entre dans la composition de plusieurs mots, mais il ne suit pas le genre du mot auquel il est joint. Garde-boutique, garde-chasse, garde-côte, garde-nape sont masculins, ainsi que garde-bois, garde-fou, garde-magasin. = On dit, dans le Dict. Gram. qu'il en est un de deux genres, garde-robe: on se trompe, il est toujours fém. aussi bien que garde-noble et garde-bourgeoise. Ceux-ci sont des termes de Pratique. = Il est à remarquer que dans ces composés, garde est indéclinable, et que le signe du pluriel ne doit afecter que le mot, qui lui est joint. On doit dire au pluriel, garde-côtes et non pas gardes-côtes, comme écrit M. Linguet ou son Imprimeur. Et ainsi garde-boutique, et non pas gardes-boutiques, comme on le lit dans la Marchande de modes, Th. d'éduc. Là, garde est un verbe: il ne doit donc point être décliné: mais dans gardes Françaises, gardes Suisses, garde, est un nom, c'est pourquoi on le décline. Et de plus, ce n'est pas un nom composé; et il ne doit point y avoir de tiret entre ces deux mots, comme on en met un dans les premiers. Voy. Pluriel, n°. 1°. Voy. aussi Prête et Porte.

Traductions

gardé

kept

gardé

riservato