gille

GILLE1

(ji-l') s. m.
Personnage du théâtre de la foire, le niais. Jouer les rôles de Gille, ou, elliptiquement, jouer les Gilles.
Pour moi, je suis comme Gille le niais qui fait ses petits tours à six pouces de terre, pendant que les voltigeurs dansent dans la moyenne région de l'air [VOLT., Lett. baron de Constant, 9 août 1775]
Les Gilles d'aujourd'hui ne peuvent plus attirer de monde à la foire [ID., Lett. marq. d'Argence, 11 nov. 1776]
Par extension, homme niais qu'on bafoue. C'est un Gille, un vrai Gille.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Il a le mal saint Gilles [il a un cancer] [OUDIN, Curios. fr.]

ÉTYMOLOGIE

  • Gille, nom propre corrompu de Egidius.

GILLE2

(ji-l') s. m.
Faire gille, loc. populaire qui signifie se retirer, s'enfuir (gille ne prend point de majuscule en ce sens).
....Le guet vient : la quenaille fait gille [RÉGNIER, Sat. X]
Rien ne semblait plus sûr qu'un si proche hyménée, Et, parmi ces apprêts, la nuit d'auparavant Vous sûtes faire gille et fendîtes le vent [CORN., la Suite du Menteur, I, 1]
Jupin leur fit prendre le saut, Et contraignit de faire gille Le grand Typhon jusqu'en Sicile [SCARRON, Gigantomachie, IV]
Faire gille, faire banqueroute.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Mais avant que passer outre, dit le bonhomme Scaliger, pourquoy est-ce que, quand quelqu'un s'en est enfui, on dit : il a fait Gilles ? - Protagoras : C'est pour ce que saint Gilles s'enfuit de son pays et se cacha de peur d'être fait roi [, Moyen de parvenir, chap. général.]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. GILLER.

gille

GILLE. n. m. Il se dit, par allusion à un personnage de théâtre de la Foire, de Quelqu'un qui a l'air et le maintien d'un niais. C'est un Gille, un vrai Gille.