gonin

GONIN

(go-nin) s. m.
Employé seulement dans cette locution populaire : maître gonin, homme adroit, rusé, fripon.
Il faut en devinaille [pour deviner] être maître gonin [RÉGNIER, Sat. x.]
Il est bien avéré que Mlle Dubois [une actrice] a joué à la pauvre Durancy [autre actrice] un tour de maître gonin [en falsifiant une lettre de Voltaire] [VOLT., Lett. Thibouville, 16 déc. 1767]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    D'autres disent qu'ayant menagé les deniers du roy, il les a menagez si bien et les a fait passer si bien par invisibilium, avec la faveur de son petit esprit farfadet, que très subtilement, en disant favorisat, corouzat, comme dit maistre Gonin on son passe passe, il les a fait sauter dans ses coffres au lieu de sauter dans ceux du roy [BRANT., Cap. fr. t. III, p. 387]
    C'estoit un homme qui entendoit bien les tours de passe passe, non de maistre Gonin, mais de Machiavel [ID., ib. t. II, p. 285]
    Mais plus belle chose encore eust-il veu, ce dit quelqu'un, si le grand pere de maistre Gonin eust vescu, qui, par ses inventions, illusion et sorcelleries et enchantements, les eust peu representer [les dames de la cour] devestues et nues, comme l'on dit qu'il fit une fois en quelque compagnie privée, que le roy François luy commanda ; car il estoit un homme fort expert et subtil en son art ; et son petit fils, que nous avons veu, n'y entendoit rien au prix de luy [ID., Dames gal. p. 387]
    Maistre Gonin est mort, le monde n'est plus grue [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 40]

ÉTYMOLOGIE

  • On voit par l'historique que Gonin était le nom d'un faiseur de tours. L'Académie devrait l'écrire par un G majuscule.