gratuit, ite

GRATUIT, ITE

(gra-tui, tui-t') adj.
Qu'on donne pour rien. Consultations gratuites. Enseignement primaire gratuit.
Ce que l'on n'obtient que par le travail n'égale point les faveurs gratuites de la nature [FONTEN., l'Hospital.]
La possession même de la vertu n'est pas gratuite, et tant mieux [DIDER., Claude et Nér. I, 95]
Le contrôleur général, à qui j'ai offert mes services à condition qu'ils seraient gratuits, me disait il y a quelques jours qu'il voudrait bien faire quelque chose pour moi [D'ALEMB., Lett. au roi de Pr. 10 juill. 1775]
À titre gratuit, sans qu'il en coûte rien. Substantivement.
Établir un milieu [intermédiaire] pour les personnes qui ne sont point tout à fait indigentes, entre le gratuit humiliant des maisons de charité, et les fortes dépenses que les maladies occasionnent chez les particuliers [TENON, Mém. sur les hôp. Préf. f° IV]
École gratuite, école où l'enseignement est gratuit. On dit quelquefois élèves gratuits, élèves qui ne payent rien. Don gratuit, somme que le clergé et certaines provinces octroyaient de temps en temps au roi pour les besoins de l'État.
Ce mot et ce privilége de don gratuit se sont conservés comme une trace de l'ancien usage où étaient tous les seigneurs de fiefs d'accorder des dons gratuits aux rois dans les besoins de l'État [VOLT., Louis XIV, 25]
Fig. Qui n'a pas de raison suffisante.
Y a-t-il rien de plus gratuit que cette admiration pour les mouches et que ces vues morales qu'on voudrait leur prêter, que cet amour du bien commun qu'on leur suppose ? [BUFF., Disc. nat. anim. Œuv. t. v, p. 368]
C'est par l'extension gratuite d'une analogie mal fondée que l'on a supposé.... [ID., Ois. t. XV, p. 229]
Supposition gratuite, supposition sans aucun fondement. Méchanceté gratuite, insulte gratuite, méchanceté, insulte qui n'a été provoquée par rien, qui est faite sans motif ou sans intérêt.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    C'est un benefice gratuit de sa largesse envers un chacun [CALV., Instit. 493]
    Le jugement de la raison doit estre le directeur et le maistre du donner et de la liberalité gratuite, non pas la honte de refuser [AMYOT, De la mauv. honte, 9]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. gratuitus, gratuit, dérivé de gratus, agréable (voy. GRÉ).