grenu, ue

GRENU, UE

(gre-nu, nue) adj.
Qui a beaucoup de grains. Épi grenu.
Dont le grain est beau et pressé, en parlant des cuirs. Marocain grenu. Substantivement. Le grenu d'un cuir, d'un papier.
Terme d'histoire naturelle. Qui semble composé de petits grains. Antenne grenue.
La pierre devient plus grenue et plus dure à mesure qu'on descend [BUFF., Hist. nat. Preuv. théor. terre, Œuvres, t. II, p. 373]
Terme de botanique. Racines grenues, racines composées de petits tubercules.
Huile grenue, celle qui est figée en petits grains et qui est la meilleure.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Que cil blez sont creü en haut, Et espié et tuit grenu [, Ren. 19891]
  • XVIe s.
    Ses grapellettes grenues [du lierre] Y renaistront chacun an [PERRIN, Poésies, p. 80, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Grain ; picard, guernu. On trouve aussi grenu dans le sens de qui a une crinière :
    Iréement s'en issent sor les destriers grenus [, Ch. d'Ant. VIII, 223]
    Mais ce grenu vient d'une tout autre racine : anc. fr. grenon, moustache ; provenç. gren, barbe ; esp. greña, cheveux en désordre ; port. grenha, cheveux ; de l'anc. haut-allem. granî, cheveux, qui, suivant la loi de Grimm, correspond au lat. crines.