hospitalier, ière


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HOSPITALIER, IÈRE

(o-spi-ta-lié, liè-r') adj.
Qui a rapport aux soins des malades ou des infirmes dans un établissement, hôpital ou hospice, qui leur est ouvert (sens qui est le premier dans l'ancien usage français, hospitalier venant de hospitalarius et non de hospitalis). Les soins hospitaliers. Les maisons hospitalières. À titre hospitalier, comme digne d'être reçu dans un hôpital. Admis à titre hospitalier dans le dépôt de Villers-Cotterets. Hygiène hospitalière, partie de l'hygiène qui traite de la construction, de l'aménagement et du service des hôpitaux et hospices.
Religieux hospitaliers, ou, substantivement, les hospitaliers, ordre militaire, de l'observance de saint Augustin, astreint aux trois vœux monacaux et en outre au soin des pèlerins en terre sainte, malades et infirmes ; ils prirent le nom de frères hospitaliers de saint Jean de Jérusalem ; c'étaient des chevaliers, et il fallait faire preuve de noblesse pour entrer dans leur ordre.
L'Italie, la France, l'Espagne sont soutenues par les braves hospitaliers [CHATEAUB., Génie, IV, V, 1]
Dans l'ordre de Malte, grand hospitalier, le troisième en dignité après le grand maître, et dont l'office est de présider à l'hôpital de l'île. À côté de ces religieux militaires, il se forma un ordre de religieuses hospitalières pour le service des pèlerins ; elles faisaient leurs preuves de noblesse comme les chevaliers. Aujourd'hui, sœurs hospitalières, ou, substantivement, les hospitalières, les filles de la Charité ou sœurs grises. Sœurs hospitalières se dit, en général, de toutes les religieuses des ordres charitables. Hospitalières de Saint-Joseph. Hospitalières de la Miséricorde de Jésus. Une telle s'est faite hospitalière, elle est entrée aux hospitalières. Ce malade est mort aux hospitalières. Au masculin et par plaisanterie. Celui qui donne des soins aux malades dans un hôpital.
Les malades d'alors étant tels que les nôtres, Donnaient de l'exercice au pauvre hospitalier [LA FONT., Fabl. XII, 27]
Qui exerce volontiers l'hospitalité (sens qui est moderne répondant non à hospitalarius, mais à hospitalis).
.... Où l'on vit sans luxe on est hospitalier [M. J. CHÉN., Gracques, II, 3]
Se dit des choses dans le même sens.
Ils virent à l'écart une étroite cabane, Demeure hospitalière, humble et chaste maison [LA FONT., Phil. et Baucis.]
Dans ce beau lieu où de grands pins et de grands peupliers joignent amoureusement leur ombre hospitalière [DACIER, Trad. d'Horace, Odes, II, 3]
Vous ne reverrez plus la tribu de mon père, Les fils de Samuel, la tente hospitalière [DUCIS, Abufar, I, 5]
Il n'a point oublié les services d'Évandre, Sa table hospitalière et son accueil si tendre [DELILLE, Én. X]
Regarde un étranger qui meurt dans la poussière, Si tu ne tends vers lui ta main hospitalière [A. CHÉN., Idylles, le Mendiant.]
La jeune enfant approche, il rit, lui tend la main : Car c'est toi, lui dit-il, c'est toi qui la première, Ma fille, m'as ouvert la porte hospitalière [ID., ib.]
La décoration soignée, les parures et la bonne intention des petites demeures ont quelque chose d'hospitalier [STAËL, Allem. I, 1]
Vous qui voulez prendre la place Des anciens maîtres de ces lieux, Imitez-les, faites comme eux : Si chacun ici les révère, C'est que leur porte hospitalière S'ouvrait toujours aux malheureux [SCRIBE, la Dame blanche, II, 4]
Poétiquement. Protecteur de l'hospitalité.
Ô dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître ? Dit l'animal chassé du paternel logis [LA FONT., Fabl. VII, 16]

REMARQUE

  • On a pris tout récemment hospitalière substantivement, au sens de celle qui donne l'hospitalité ; l'emploi est hardi et non encore autorisé.
    Compris dans les condamnations et proscriptions de 1848, il trouva, avec ses autres compagnons d'infortune, un asile à Turin, la grande hospitalière de ces glorieux réprouvés [MARC MONNIER, Revue german. t. XXV, p. 121]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    L'aumone que ma dome Teeline aveit feit à De [Dieu] e aus hospitaulers de la maisum de Launei... [, Bibl. des chartes, 3e série, t. V, p. 87]
    Boban d'hospitaliers [orgueil des chevaliers de Jérusalem] [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 30]
  • XVIe s.
    N'est loisible à gens d'eglise, marguilliers, administrateurs d'eglises, hospitaliers de maladreries, d'acheter, prendre et tenir en leurs mains fief ou rentes sur iceux [, Nouv. coust. génér. t. II, p. 686]
    Tout ce qui y estoit [dans ma maison, lors d'une peste] estoit sans garde et à l'abandon de qui en avoit envie ; moy, qui suis si hospitalier, feus en très penible queste de retraicte pour ma famille ; une famille esgarée faisant peur à ses amis et à soy mesme... [MONT., IV, 208]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. hospitalarius (voy. QUICHERAT, Addenda), dérivé de hospitalis, lequel vient de hospes (voy. HÔTE). Au XVIe siècle on ne connaissait guère hospitalier, au sens de donnant l'hospitalité, propre à l'hospitalité (dans l'exemple de Montaigne le sens n'est pas très précis) ; on disait hospital :
    Auprès de l'hospitale ombre [DU BELLAY, II, 57, verso]