imposture

imposture

n.f.
Sout. Action de tromper qqn par de fausses apparences ou des allégations mensongères, notamm. en usurpant une qualité, un titre, une identité : Les impostures d'un guérisseur mensonge, tromperie mystification, supercherie

imposture

(ɛ̃pɔstyʀ)
nom féminin
mensonge, fausse apparence une imposture scientifique

IMPOSTURE

(in-po-stu-r') s. f.
Action de tromper, d'en imposer. Une grossière imposture.
Va, ne présume pas que, quoi que je te jure, De tes nouveaux docteurs je suive l'imposture [CORN., Poly. V, 2]
Ah ! seigneur, est-il rien qui répare l'injure Que fait à l'innocence un moment d'imposture ? [CORN., Nicom. IV, 1]
Que ne publieront point l'envie et l'imposture ? [ID., Cid, III, 4]
Et c'est trop condamner ma bouche d'imposture [MOL., Tart. IV, 3]
Ce nom [de gentilhomme] ne fait aucun scrupule à prendre.... pour moi.... je trouve que toute imposture est indigne d'un honnête homme, et qu'il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître [ID., Bourg. gent. III, 12]
Votre bouche, dit-il, est pleine d'imposture [RAC., Phèdre, IV, 4]
Particulièrement. Ce que l'on impute faussement à quelqu'un dans le dessein de lui nuire. Il est aisé de détruire cette imposture.
Quelqu'un auprès de vous m'a fait cette imposture [CORN., Ment. III, 5]
Je suis ravi de voir qu'une telle imposture Ait laissé votre gloire et plus grande et plus pure [ID., Nicom. III, 8]
Ils ont l'art de donner de belles couleurs à toutes leurs impostures [MOL., 2e placet au roi (sur Tartufe)]
Vous les verrez bientôt, féconds en impostures, Amasser contre vous des volumes d'injures [BOILEAU, Sat. IX]
....Tout ce qu'il dit sont autant d'impostures [RAC., Plaid. II, 9]
Hypocrisie, tromperie dans les mœurs, dans la conduite. Toute sa vie n'a été qu'une imposture continuelle.
Action de tromper en se faisant passer pour un autre. L'imposture des faux Démétrius en Russie.
Il épousa une maîtresse de la maison d'York, dont il fut encore aimé, même quand son imposture fut découverte [VOLT., Mœurs, 117]
Figurément. Illusion, en bonne ou en mauvaise part.
Semblable à ces amants trompés par le sommeil, Qui rappellent en vain, pendant la nuit obscure, Le souvenir confus d'une douce imposture [LA FONT., Adonis.]
C'est là que, plus touché d'un ruisseau qui murmure Que de tous ces vains ornements Fils de l'art et de l'imposture, Je me fais des amusements [CHAUL., à Mme de Lassay.]
De vos songes menteurs l'imposture est visible [RAC., Athal. II, 7]
Des arts la magique imposture Fait éclore un autre univers [SABATIER, l'Enthousiasme, Ode.]

REMARQUE

  • Bouhours (Nouv. Rem.) signalait imposture comme un mot nouveau que le public n'avait pas admis. On voit par l'historique qu'il est aussi ancien que la langue.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Mais s'ele [la paix] fust bien clere e senz nule emposture, [ils] Ne eüssent fait as suens desonur ne enjure [, Th. le mart. 125]
  • XVIe s.
    C'est don de Dieu que la divination ; voylà pourquoi ce devroit estre une imposture punissable d'en abuser [MONT., I, 238]
    ....Sçachant qu'il y a plusieurs bourdes, faulsetés et impostures reçues au monde avec approbation et applaudissement [CHARRON, Sagesse, I, 45]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. impostura (voy. IMPOSTEUR).

imposture

IMPOSTURE. n. f. Ce que l'on impute faussement à quelqu'un dans le dessein de lui nuire. Imposture manifeste. Réfuter une imposture. Il est facile de détruire cette imposture.

Il se dit spécialement de Certaines doctrines destinées à séduire les hommes, à faire secte. Défiez-vous des impostures de ces faux docteurs.

On l'emploie dans le même sens, en parlant de Certains ouvrages fabriqués dans une intention de fraude et donnés comme l'oeuvre de quelque auteur connu. Les impostures littéraires.

Il désigne aussi l'Action de tromper dans ses moeurs, dans sa conduite, afin d'en imposer et de se faire passer pour un autre homme qu'on n'est. Toute sa vie n'a été qu'une imposture continuelle. Démasquer l'imposture. L'imposture des faux Démétrius. Par extension, Il est difficile de se défende de l'imposture des sens.

imposture

Imposture, Impostura, Fraus, Fallacia.

impostûre


IMPOSTûRE, s. fém. [Inpos-tûre: 3e lon. 4e e muet.] Calomnie; chôse faûssement imputée à quelqu'un. "Horrible impostûre. "C'est une impostûre aisée à détruire. = Illusion. "L'impostûre des sens = Hypocrisie. "Toute sa vie n'est qu'impostûre. = * Impostûres ne se dit au pluriel que dans le premier sens. On dit toujours sans impostûre au singulier. La contrainte de la rime a fait dire à Gresset:
   Mais si ce qu'aujourd'hui j'écris sans impostûres,
   Vainquant la nuit des tems, passe aux races futûres.

Synonymes et Contraires

imposture

nom féminin imposture
1.  Littéraire. Procédé visant à tromper.
2.  Littéraire. Caractère de ce qui trompe.
Traductions

imposture

sham, imposture

imposture

impostura

imposture

[ɛ̃pɔstyʀ] nfimposture, deception