impudent, ente

IMPUDENT, ENTE

(in-pu-dan, dan-t') adj.
Qui offense, qui viole la bonne honte.
Voilà deux impudentes carognes [MOL., Pourc. II, 9]
Substantivement. Un impudent. Une impudente.
Impudente ! appeler un jargon le langage Fondé sur la raison et sur le bel usage ! [ID., Femm. sav. II, 6]
Vous êtes un sot, un maraud, un coquin et un impudent [ID., l'Avare, III, 5]
L'impudent est facile à définir : il suffit de dire que c'est une profession ouverte d'une plaisanterie outrée, comme de ce qu'il y a de plus contraire à la bienséance [LA BRUY., Théophraste, X]
Il se dit aussi des choses.
Je sais que vous êtes dur, que votre esprit est rebelle et votre front impudent [PASC., Appendice aux Pensées, 52, prophéties, éd. LAHURE, 1860]
D'où lui vient, cher ami, cette impudente audace ? [RAC., Esth. II, 1]
Les calomnies impudentes d'un Suillius, le plus méprisable des hommes de ce temps [DIDER., Claude et Nér. I, 22]

SYNONYME

  • IMPUDENT, ÉHONTÉ. L'impudent est celui qui n'a pas de pudeur ; l'éhonté est celui qui n'a pas de honte. Être éhonté est donc plus fâcheux qu'être impudent. L'impudent viole les bienséances, l'éhonté se joue de l'honnêteté et de l'honneur. Impudent est un reproche qui offense plus l'oreille de celui à qui on l'adresse ; éhonté est un reproche qui frappe un mal moral plus profond.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Nous estimons effrontés et impudens ceux qui se louent eux-mêmes [AMYOT, dans le Dict. de DOCHEZ.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. impudentem, de in négatif, et pudens, qui a honte, pudeur (voy. PUDEUR).