inconsidération

(Mot repris de inconsidérations)

INCONSIDÉRATION

(in-kon-si-dé-ra-sion ; en vers, de sept syllabes) s. f.
Défaut d'attention qui vient de ce qu'on ne considère pas assez les choses.
Je suis contraint d'avouer qu'il n'y a rien de tout ce que je croyais autrefois être véritable dont je ne puisse en quelque façon douter ; et cela, non point par inconsidération ou légèreté, mais pour des raisons très fortes et mûrement considérées [DESC., 1re médit. 8]
Une personne peut faire beaucoup plus de fautes d'inconsidération, de légèreté, d'empressement, d'imprudence, qu'une autre [NICOLE, Essais, t. VIII, part. 2e, p. 107, dans POUGENS]
La vérité ne me permet pas de profiter ou de l'ignorance ou de l'inconsidération de mon adversaire [BOSSUET, Var. 5e avert. § 28]
La cause de mal juger est l'inconsidération, qu'on appelle autrement précipitation [ID., Connaiss. I, 16]
Ce qu'on appelle mépris à l'égard des règles monastiques, est l'opposite de ce qui s'appelle faiblesse, inconsidération, surprise, et emporte une malice délibérée [ID., Lett. abb. 60]
Qui de nous ignore que c'est notre aveugle et mobile inconsidération qui nous a conduits de siècle en siècle et de faute en faute à la crise qui nous afflige aujourd'hui ? [MIRABEAU, Collection, t. I, 319]
Particulièrement. Légère imprudence dans le discours ou dans la conduite.
Mes chères filles, qui produit un si méchant effet, si ce n'est l'imprudence et l'inconsidération des particulières qui ont parlé au parloir mal à propos ? [BOSSUET, Sermons, Sur le silence, 2]
Médire par entretien et par une espèce d'amusement, médire par inconsidération et par envie de parler [BOURDAL., Pensées, t. III, p. 165]
S'il [le prochain] est ouvert, c'est, à ce qu'il nous semble, imprudence et inconsidération [ID., Hom. sur l'aveugle-né, Domin. t. IV, p. 481]
Privation, absence de considération, d'estime. Être, tomber dans l'inconsidération.
Manque d'égards.
Cela était pris par Monsieur pour une marque publique d'une inconsidération extrême [SAINT-SIMON, 93, 218]
Le crédit ou l'inconsidération et pis encore qu'éprouvaient les prélats à proportion que la cour et les jésuites étaient contents ou mécontents.... [ID., 250, 76]
Cet éclat montra l'abandon de Mme de Maintenon [que Mme de Maintenon abandonnait], l'inconsidération du roi, et devint un grand embarras pour la princesse des Ursins [ID., 385, 202]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Soit qu'ils le facent à leur escient ou par inconsideration [CALV., Inst. 986]
    Je blasme vostre inconsideration à vous jetter aux perils sans besoin [SULLY, Mém, t. IV, p. 159, dans LACURNE, au mot rendre.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. inconsiderationem, de in.... 1, et consideratio, considération.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • INCONSIDÉRATION. - HIST. XVIe s. Ajoutez :
    Si est il bien vray qu'au mestier de la guerre les apprentis se jectent bien souvent aux dangiers d'aultre inconsideration qu'ils ne font après y avoir esté eschaudés [MONT., II, 122]

inconsidération

INCONSIDÉRATION. n. f. Manque de considération, en parlant des Personnes. Sa conduite lui a attiré l'inconsidération de tout le monde.

Il se disait aussi du Manque de réflexion, de jugement. Parler avec inconsidération. Il a vieilli dans ce sens.

inconsideration

Inconsideration, Temeritas, Inconsiderantia.

inconsidération


INCONSIDÉRATION, s. fém. INCONSIDÉRÉ, ÉE, adj. INCONSIDÉRÉMENT, adv. [Inkonsidéra-cion, , rée, réman: 4e é fer. 5e é fer. aussi aux trois derniers] Inconsidération, légère imprudence, ou dans le discours, ou dans la conduite. Inconsidéré, étourdi, imprudent. Inconsidérément, d'une manière inconsidérée. "Il y a en cela de l'inconsidération. "Parler avec inconsidération. — "Homme inconsidéré: persone inconsidérée. "Discours inconsidéré. Action, conduite inconsidérée. "Se conduire, agir, parler inconsidérément.