indulgent, ente

INDULGENT, ENTE

(in-dul-jan, jan-t') adj.
Qui a de l'indulgence, qui pardonne aisément.
Indulgents à leurs femmes [VAUGELAS, Q. C. 285]
Sois-lui plus indulgent [au prochain] et pour toi plus sévère [CORN., Imit. II, 3]
Mais chacun pour soi-même est toujours indulgent [BOILEAU, Sat. IV]
Rome lui sera-t-elle indulgente ou sévère ? [RAC., Bérén. II, 2]
Un homme dur au travail et à la peine, inexorable à soi-même, n'est indulgent aux autres que par un excès de raison [LA BRUY., IV]
Les pécheurs ne seront pas plus indulgents à son infortune [MASS., Avent, Jugement.]
Henri IV était indulgent à ses amis, à ses serviteurs, à ses maîtresses [VOLT., Hist. du parlem. XXXVII]
Les succès et la prospérité adoucissent toutes les belles âmes ; il est si naturel d'être indulgent quand on est heureux ! [GENLIS, Mme de Maintenon, t. I, p. 33]
Tout comprendre rend très indulgent, et sentir profondément inspire une grande bonté [STAËL, Corinne, XVIII, 5]
Il se dit des choses dans le même sens.
Pourquoi, lorsque mon cœur si longtemps offensé, Indulgent pour vous seule, oubliait le passé... [VOLT., Mariamne, IV, 4]
L'indulgente vertu parle par votre bouche [ID., Alz. I, 1]
[Gens instruits qui] D'un regard indulgent contemplent nos erreurs [ID., Trois emper. en Sorb.]
Tout ce qu'en nos climats La nature indulgente a semé sous nos pas [ID., Scythes, I, 1]
Par extension, qui se laisse aller à.
Ovide, en vers doux et mélodieux, Sut débrouiller l'histoire de ses dieux : Trop indulgent au feu de son génie, Mais varié, tendre, plein d'harmonie [J. B. ROUSS., Épît. I, 3]
De ses refus d'apprêt oubliant l'artifice, Indulgente à l'amour, sans fierté, sans caprice, De son sexe cruel n'ayant que les appas [A. CHÉN., Élég. X]
S. m. Nom par lequel les adhérents de Robespierre désignaient les dantonistes, auxquels ils reprochaient trop de mollesse.

REMARQUE

  • Outre indulgent à, on dit aussi indulgent pour, indulgent envers.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Que c'est une farouche alliance de marier le divin avecques le terrestre, le raisonnable avecques le desraisonnable, le severe à l'indulgent, l'honneste au deshonneste [MONT., IV, 304]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. indulgentem, part. présent de indulgere, accorder.