inférieur, eure

INFÉRIEUR, EURE

(in-fé-ri-eur, eu-r') adj.
Qui est au-dessous, en bas. La région inférieure de l'air. La partie inférieure du corps, d'un édifice, d'un tableau.
Elles versent leurs eaux superflues dans les vallées inférieures [BUFF., Not. just. ép. nat. Œuv. t. XIII, p. 319]
Partie inférieure de la main, nom que les chiromanciens donnent au poignet.
Terme de géographie. Il se dit de la partie d'un pays qui est la plus éloignée de la source des fleuves ou la plus voisine de la mer. Germanie inférieure, par opposition à Germanie supérieure. Département de la Seine-Inférieure, de la Loire-Inférieure (on met un trait d'union et une capitale à inférieure), départements de la France où se trouve l'embouchure de la Seine, de la Loire. On dit quelquefois par ellipse : la Seine-Inférieure, etc. Préfet de la Loire-Inférieure.
Terme d'astronomie. Planètes inférieures, celles qui, comparées à la terre, sont plus voisines du soleil. Mercure et Vénus sont les deux planètes inférieures.
Qui est au-dessous d'un autre, qui vaut moins que lui. Inférieur en science.
Il [Alexandre] dut ici se reconnaître inférieur à un homme [Diogène] à qui il ne pouvait rien donner, ni rien ôter [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 186, dans POUGENS]
Ce n'est point pour n'avoir pas fait usage du ministère des dieux, mais pour avoir ignoré l'art de bien conduire les affaires des hommes, que Lucain est si inférieur à Virgile [VOLT., Ess. poés. épiq. ch. 4]
Quelque supériorité qu'on ait à beaucoup d'égards sur un rival, dès qu'on en conçoit de la jalousie, il faut qu'on lui soit inférieur par quelque endroit [DUCLOS, Considér. mœurs, ch. 11]
Il pensait que vous ne considériez les hommes d'un état obscur que comme des êtres d'une espèce inférieure [GENLIS, Adèle et Théod. t. III, p. 115, dans POUGENS]
En ce sens il se prend quelquefois substantivement.
Il [François 1er] fut toujours dupe de Charles-Quint, et son inférieur en tout, excepté en valeur [VOLT., Ann. Emp. Charles-Quint, 1539]
Être inférieur à une place, à une fonction, n'avoir pas toutes les qualités requises pour la remplir.
Le cardinal Dubois avait certainement de l'esprit ; mais il était fort inférieur à sa place [DUCLOS, Mém. rég. Œuv. t. VI, p. 172, dans POUGENS]
Inférieur se dit aussi des choses qui valent moins que d'autres. Ces marchandises sont d'une qualité inférieure. Pour le coloris, ce tableau est inférieur à tel autre. Dans le langage populaire. Cela m'est inférieur, je ne m'en soucie pas, je n'y fais nulle attention.
Dans le langage philosophique, la partie inférieure, ceux des penchants, des instincts qui se rapportent spécialement aux besoins du corps.
C'est un mouvement de la partie inférieure [BOSSUET, Lett. abb. 147]
Terme de philosophie. Concept inférieur, se dit, dans le kantisme, d'un concept qui est subordonné à un autre.
Les classes inférieures de la société, celles des paysans et des ouvriers. En un sens analogue, les régions inférieures d'un pays, les classes qui viennent après le prince, la cour, les grands.
Comme le vice est contagieux, il se répand de là [de la cour] dans les régions inférieures du royaume [FLÉCH., Mar.-Thér.]
Tribunal inférieur, celui dont il y a appel. On dit dans le même sens : juges inférieurs.
Dans un collége ou lycée, classes inférieures, celles par où commence le cours des études, où l'on enseigne les éléments du latin, etc. On dit plus souvent : basses classes.
Terme de zoologie. Animaux inférieurs, ceux qui occupent le bas de l'échelle zoologique, et dont l'organisation est la moins compliquée, et les fonctions les moins étendues.
10° S. m. Celui qui est au-dessous d'un autre en rang, en dignité, et ordinairement avec subordination et dépendance.
Nous voyons mourir tous les jours nos inférieurs, nos égaux, nos maîtres [FLÉCH., Dauphine.]
Du même fond d'orgueil dont on s'élève fièrement au-dessus de ses inférieurs, l'on rampe vilement devant ceux qui sont au-dessus de soi [LA BRUY., VI]
Les vrais inférieurs sont ceux qui reçoivent, et l'humiliation s'y joint quand les services sont pécuniaires [DUCLOS, Consid. sur les mœurs, ch. 10]

REMARQUE

  • Inférieur étant lui-même, au fond, un comparatif, ne se construit ni avec plus ni avec moins ; cependant on pourrait dire : la plus inférieure de ces couches.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Ainsi que nous voyons ou [au] corps humain, que les bras qui sont ou milieu du corps deffendent le chief duquel ilz prennent influence et leur nourrissement, et aussi pareillement defendent les autres membres inferiores [, le Jouvencel, f° 96, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Comment est-ce donc que Pierre, qui est beaucoup plus inferieur.... [CALV., Instit. 891]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. inferiorem, comparatif de inferus (voy. INFÈRE).