infect, ecte

INFECT, ECTE

(in-fèkt', fè-kt' ; au pluriel masculin, l's ne se lie pas : des lieux in-fèkt'et malsains) adj.
Qui répand des exhalaisons d'une odeur de corruption et malfaisantes. Il est puant et infect. Des eaux infectes.
Semblables à Vespasien qui ne trouvait pas que l'argent de l'impôt levé sur les immondices de Rome eût rien d'infect [DUCLOS, Consid. mœurs, ch. III]
La chair la plus infecte ne les dégoûte pas [les chacals] [BUFF., Quadrup. t. VI, p. 203]
Qui excite un dégoût moral, en parlant des personnes et des choses (emploi qui avait existé, comme on peut voir à l'historique, et que le langage moderne renouvelle). Tout cela est infect.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Lorsque les constelacions saturnelles et froides rendoyent l'air infect par moisteur froide continuée [CHRIST. DE PISAN, Charles V, II, 1]
    Nul homme n'a été plus cruel que luy, ni plus mauvais, ni plus vicieux et plus infect, ni plus gourmand que luy [COMM., VII, 11]
  • XVIe s.
    Tout le cœur me gela voyant ce monstre infait [RONS., 41]
    Du sang infet de ces gros lezars vers Soit ta poitrine et ta gorge souillée [ID., 81]
    Pour habiter avec hommes ou femmes infects ou souillés de venin verollique [PARÉ, XXIV, 33]
    Ils envoyoient leurs pauvres citoyens en une ville infecte de mauvais air et pestilent [AMYOT, Cor. 17]
    Ils recitent de Bion qu'infect des atheismes de Theodorus, il.... [MONT., II, 146]
    Que je trouve en mon âme et de crasse et d'ordure ! Que mes sens corrompus sont devenus infects ! [DESPORTES, Œuvres chrest. XVIII, prière.]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. infect ; catal. infecte ; espagn. infecto ; ital. infetto ; du lat. infectus, infect, proprement teint, imprégnè, de inficere, imprégner, infecter, qui vient de in.... 2, et facere, faire : proprement faire dans, mettre dans.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    INFECT.
    Ajoutez :
    Un salmigondis infect d'absurdités et d'incohérences [BABEUF, Pièces, I, 208]

    HISTORIQUE

    • Ajoutez :
    • XIIe s.
      Del pain enfait del venin [, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 53]