insensé, ée

INSENSÉ, ÉE

(in-san-sé, sée) adj.
Qui n'est pas sensé, qui a perdu le sens.
La femme belle et insensée est comme un anneau d'or au museau d'une truie [SACI, Bible, Prov. de Salomon, XI, 22]
Encore que la vanité tâche, en quelque sorte, d'en couvrir la honte [de la mort] par les honneurs de la sépulture, il se voit peu d'hommes assez insensés pour se consoler de leur mort par l'espérance d'un superbe tombeau [BOSSUET, Gornay.]
Dures mais indubitables vérités.... c'est vous qui avez rendu l'inimitable François si heureusement insensé ; c'est vous qui l'avez enflammé d'un violent désir du martyre [ID., Panég. St Franç. d'Ass. 2]
Ah ! fallait-il en croire une amante insensée ? [RAC., Andr. V, 3]
Pour contenter ses frivoles désirs, L'homme insensé vainement se consume [ID., Esth. II, 9]
Sages seulement dans les discours, insensés dans les œuvres, philosophes dans l'inutilité des conversations, peuple dans tout le cours de la conduite [MASS., Or. fun. Dauphin.]
Qui n'est pas conforme au bon sens, en parlant des choses.
Je me plains seulement d'une aideur insensée [CORN., Héracl. II, 7]
Je ne me flatte point d'une gloire insensée [RAC., Brit. II, 3]
Je ne me pique point du scrupule insensé De bénir mon trépas quand ils [les sultans] l'ont prononcé [ID., Baj. I, 1]
Il n'est plus temps : il sait mes ardeurs insensées [ID., Phèd. III, 1]
S. m. et f. Celui, celle qui a perdu le sens. Dans son désespoir, elle s'agitait comme une insensée.
Je me joins avec vous contre cet insensé [CORN., Poly. V, 3]
Se régler par l'autorité et par l'exemple du commun des hommes, c'est le partage des insensés [FÉN., Dial. des morts anc. Démocrite, Héraclite.]
Ils marchent en dansant comme des insensés par la voie qui y conduit [à la perdition] [MASS., Avent, Mort du péch.]
Et quel est l'insensé sinon celui qui ne craint pas de la perdre [son âme] en vous offensant ? [ID., Paraphr. ps. XXIV, V. 10]
Le commandeur : Insensé ! - Saint-Albin : Je sais ; c'est ainsi qu'on appelle ceux qui préfèrent à tout une femme jeune, vertueuse et belle [DIDER., Père de famille, II, 8]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Ce puissant Dieu qui blesse les pensées, D'un traict felon, les auroit insensées [RONS., 635]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. insensatus, de in.... 1, et sensatus, sensé. Au XVIe siècle, insenser était un verbe qui avait insensé pour participe.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • INSENSÉ. - HIST. XVIe s. Ajoutez :
    Ô Galathiens insensez, qui vous a enchantez de ne point obeir à la verité ? [, I Gal. III, 1, Nouv. Test. éd. Lefebvre d'Etaples, Paris, 1525]