insulter

(Mot repris de insulterait)

insulter

v.t. [ lat. insultare, sauter sur, de salire, sauter ]
Offenser par des paroles blessantes ou des actes méprisants, injurieux : Vous m'insultez en me prêtant des intentions aussi malhonnêtes offenser, outrager

insulter


Participe passé: insulté
Gérondif: insultant

Indicatif présent
j'insulte
tu insultes
il/elle insulte
nous insultons
vous insultez
ils/elles insultent
Passé simple
j'insultai
tu insultas
il/elle insulta
nous insultâmes
vous insultâtes
ils/elles insultèrent
Imparfait
j'insultais
tu insultais
il/elle insultait
nous insultions
vous insultiez
ils/elles insultaient
Futur
j'insulterai
tu insulteras
il/elle insultera
nous insulterons
vous insulterez
ils/elles insulteront
Conditionnel présent
j'insulterais
tu insulterais
il/elle insulterait
nous insulterions
vous insulteriez
ils/elles insulteraient
Subjonctif imparfait
j'insultasse
tu insultasses
il/elle insultât
nous insultassions
vous insultassiez
ils/elles insultassent
Subjonctif présent
j'insulte
tu insultes
il/elle insulte
nous insultions
vous insultiez
ils/elles insultent
Impératif
insulte (tu)
insultons (nous)
insultez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais insulté
tu avais insulté
il/elle avait insulté
nous avions insulté
vous aviez insulté
ils/elles avaient insulté
Futur antérieur
j'aurai insulté
tu auras insulté
il/elle aura insulté
nous aurons insulté
vous aurez insulté
ils/elles auront insulté
Passé composé
j'ai insulté
tu as insulté
il/elle a insulté
nous avons insulté
vous avez insulté
ils/elles ont insulté
Conditionnel passé
j'aurais insulté
tu aurais insulté
il/elle aurait insulté
nous aurions insulté
vous auriez insulté
ils/elles auraient insulté
Passé antérieur
j'eus insulté
tu eus insulté
il/elle eut insulté
nous eûmes insulté
vous eûtes insulté
ils/elles eurent insulté
Subjonctif passé
j'aie insulté
tu aies insulté
il/elle ait insulté
nous ayons insulté
vous ayez insulté
ils/elles aient insulté
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse insulté
tu eusses insulté
il/elle eût insulté
nous eussions insulté
vous eussiez insulté
ils/elles eussent insulté

INSULTER

(in-sul-té) v. a.
Attaquer par un coup de main, en parlant d'une place de guerre et de fortifications.
Les troupes du roi insultèrent en 1677 avec tant de courage et de bonheur la contrescarpe de Valenciennes, qu'elles emportèrent la ville même [RICHELET, ]
On insulta le chemin couvert du front de la basse ville, quoique cette entreprise parût prématurée et hasardée [VOLT., Louis XV, 11]
D'abord il insulta la Jamaïque, où tout fut mis à feu et à sang [RAYNAL, Hist. phil. XIII, 74]
Attaquer quelqu'un de fait ou de parole d'une manière offensante.
J'appelle insulter la majesté de Jésus-Christ, demeurer en sa présence dans des postures immodestes [BOURDAL., Myst. Pass. de J. C. t. I, p. 184]
Que tout, jusqu'à Pinchêne, et m'insulte et m'accable : Aujourd'hui, vieux lion, je suis doux et traitable [BOILEAU, Épît. V]
Quoi ! madame ! un barbare osera m'insulter ! [RAC., Iphig. III, 6]
Quelque rival indigne.... Insulte mon amour, outrage mon honneur [VOLT., Scythes, II, 5]
Connaissez qui je suis et qui vous insultez [ID., Sophon. III, 3]
V. n. Insulter en bravant avec affectation.
N'entrez point dans la ville de mon peuple quand il sera ruiné ; ne lui insultez point, comme les autres, dans son malheur [SACI, Bible, Abdias, I, 13]
M. de Grignan a raison de triompher, de vous insulter sur cette première campagne de son fils ; la pensée du contraire me fait suer [SÉV., 6 déc. 1688]
Il [l'incrédule] se met au rang des gens désabusés, il insulte en son cœur aux faibles esprits [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Ce même Agamemnon à qui vous insultez [RAC., Iphig. II, 5]
Elle regarda le ciel avec mépris et arrogance, comme pour insulter aux Dieux [FÉN., Tél. VIII]
Il fuit honteusement et se cache ; l'autre le poursuit et lui insulte [ID., Fable XV, les Deux lionceaux]
Ses ministres [de l'Église] ne doivent pas lui insulter par une pompe déplacée et si éloignée de son esprit [MASS., Confér. Us. des reven. ecclés.]
Tout ce qui était encore sur l'amphithéâtre et dans le cirque le reçut avec des huées ; on l'entourait, on lui insultait en face [VOLT., Zadig, 19]
Insulter en prenant avantage de la faiblesse, de la misère, de la douleur, etc.
Ne voit-on pas qu'on se moque, lorsqu'on dit de pareilles choses, et qu'on insulte en soi-même à la crédulité d'un faible lecteur [BOSSUET, 1er avert. § 44]
Mon fils audacieux insulte à ma ruine [RAC., Mithr. II, 5]
Voudrait-il insulter à la crainte publique ? [ID., Iphig. I, 2]
Moi qui, contre l'amour fièrement révolté, Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté [ID., Phèd. II, 2]
Nos superbes vainqueurs insultant à nos larmes [ID., Esth. I, 4]
Le traître ! il insultait à ma confusion ! [ID., ib. III, 1]
Tous les spectateurs insulteront à notre honte [MASS., Avent, Jugem.]
Les imitateurs des passions des grands insultent à leurs vices en les imitant [ID., Pet. car. Exempl. des gr.]
Le ministère anglais ne croyait pas avoir besoin de l'empereur pour les obtenir [certaines sécularisations] ; on insulta à ses offres en les rendant publiques [VOLT., Louis XV, 7]
Ah ! que dites-vous ? pourquoi insulter à mes derniers moments ? répondit Rustan d'une voix languissante [ID., Blanc et noir.]
Se révolter.
Insultant contre le premier qui s'opposait à son avis [PASC., Prov. II]
Vieilli en ce sens.
S'insulter, v. réfl. S'adresser des insultes l'un à l'autre. Ils se sont insultés publiquement.

REMARQUE

  • " Ce mot est fort nouveau, mais excellent pour exprimer ce qu'il signifie.
    M. Coeffeteau l'a vu naître un peu devant sa mort, et il me souvient qu'il le trouvait si fort à son gré, qu'il était tenté de s'en servir, mais il ne l'osa jamais faire, à cause de sa grande nouveauté [VAUGELAS, Rem. t. II, p. 979]
    " Ce mot est excellent en effet ; mais il remonte beaucoup plus haut que ne le pensait Vaugelas, puisqu'on en a des exemples du XIVe siècle.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Et leur sembloit bien que il povoient insulter et reprocher aux Roumains [BERCHEURE, f° 44, recto.]
  • XVIe s.
    Mieux eust il fait soy contenir en sa maison, royallement la gouvernant ; que insulter en la mienne, hostillement la pillant [RAB., Garg. I, 46]
    France, France fut là dedans à voix commune mise en cry, et les portes de la ville, malgré les Espaignols, ouvertes aux François, et à grand tumulte toute la commune insultée [révoltée] contreles Espaignols [JEAN D'AUTON, Annales de Louis XII, p. 56, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. insultare, de in, en, sur, et saltare, sauter (voy. SAUTER).

insulter

INSULTER. v. tr. Outrager de fait ou de parole, avec dessein prémédité d'offenser. Il est allé l'insulter jusque chez lui. Être insulté publiquement. Insulter une femme par des propositions offensantes.

Il signifie intransitivement Manquer à ce que l'on doit aux personnes ou aux choses. Il ne faut pas insulter aux malheureux. Insulter à la misère de quelqu'un. Insulter à la raison, au bon sens, au bont goût. On dit de même, figurément : leur faste insulte à la détresse publique. Leur allégresse insulte à ma douleur. Etc.

Synonymes et Contraires

insulter

verbe insulter
Traductions

insulter

beleidigen, beschimpfen, schelten, schimpfeninsult, abuse, offend, revile, affront, cursebeledigen, affronteren, krenken, uitscheldenגידף (פיעל), העליב (הפעיל), חרף (פ'), הֶעֱלִיב, גִּדֵּףbelediginsultarfornærme, skældeβρίζω, προσβάλλωinsultiinsultarskammainsultare, offendere, oltraggiare, vituperareskjelle ut, fornærmeinsultar, injuriarбранить, оскорблятьskälla ut, förolämpaيَهِيـنُurazitloukatauvrijediti侮辱する모욕하다obrazićดูถูกhakaret etmeklăng mạ侮辱обида侮辱 (ɛ̃sylte)
verbe transitif
dire des paroles agressives à qqn Elle s'est fait insulter.

insulter

[ɛ̃sylte] vt → to insult