intelligent, ente

INTELLIGENT, ENTE

(in-tèl-li-jan, jan-t') adj.
Pourvu de la faculté de concevoir, de comprendre.
Je parle, je chemine : Je sens en moi certain agent ; Tout obéit dans ma machine à ce principe intelligent [LA FONT., Fabl. X, 1]
La nature intelligente aspire à être heureuse, elle a l'idée du bonheur, elle le cherche ; elle a l'idée du malheur, elle l'évite [BOSSUET, Connaiss. IV, 1]
Les sages, en contemplant la nature, admettent un pouvoir intelligent et suprême [VOLT., Dict. phil. Dieu, dieux]
Intelligent de.
Un créateur tout puissant n'a pu me créer qu'en me rendant intelligent de la vérité [FÉN., Exist. II, 1]
L'esprit qui aurait, etc. Intelligent sur.
Celui qui leur [aux pauvres] distribue quelque aumône....soulage la misère du pauvre ; mais néanmoins il est véritable qu'il n'est pas intelligent sur le pauvre ; celui-là entend véritablement le mystère de la charité, qui considère les pauvres comme les premiers enfants de l'Église [BOSSUET, Sermons, Septuag. 3]
Qui a beaucoup d'habileté, d'adresse. Il a un commis, un domestique fort intelligent. Il est fort intelligent dans les affaires. Il se dit aussi des animaux. Ce chien est fort intelligent.
Fig. Qui contient en soi une vertu d'intelligence, en parlant de certaines substances qui agissent favorablement sur le cerveau.
Le café, liqueur intelligente dissipe, après un repas trop généreux, les vapeurs dont un commencement de digestion alourdit le cerveau et ranime au dessert la conversation languissante, [, Thé et chocolat, Paris 1861, p. 119]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Il les fit entrer trois à trois dans la ville, sur le poinct que les habitans intelligeans se jetterent aux portes [D'AUB., Hist. I, 211]
    Plus intelligent des affaires de France qu'il ne pensoit [SULLY, dans le Dict. de DOCHEZ.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. intelligentem, de intelligere, comprendre, discerner, de inter, entre, et legere, choisir (voy. LIRE).