irrité, ée

IRRITÉ, ÉE

(i-rri-té, tée) part. passé d'irriter
Mis en colère.
Ma haine est un effet d'un amour irrité [ROTR., Bél. I, 3]
Il [un mauvais auteur] ne gagnera rien sur ce juge irrite [le lecteur] Qui lui fait son procès de pleine autorité [BOILEAU, Sat. IX]
Pourvu que par ma mort tout le peuple irrité Ne vous ravisse pas ce qui m'a tant coûté [RAC., Brit. IV, 2]
Je sais jusqu'où s'emporte un amant irrité [ID., Iphig. III, 7]
Le sénat chaque jour et le peuple irrités De s'ouïr par ma voix dicter vos volontés [ID., Brit. IV, 2]
Et pour mieux apaiser ses mânes irrités [ID., Phèdre, V, 7]
La mer, mugissant, ressemblait à une personne qui, ayant été longtemps irritée, n'a plus qu'un reste de trouble et d'émotion, étant lasse de se mettre en fureur [FÉN., Tél. VI]
Ce n'est pas un Dieu irrité qui nous envoie [MASS., Carême, Mot. de conv.]
Il se dit fig. et poétiquement des choses, dans le même sens. Le fleuve irrité franchit ses rivages.
Il vit sans inquiétude frémir à l'entour les flots irrités [BOSSUET, le Tellier.]
Terme de médecine. Qui a subi une irritation. Les poumons irrités par un air froid et piquant. Les humeurs sont irritées, se disait autrefois pour exprimer qu'elles devenaient plus âcres, et qu'elles étaient dans un mouvement extraordinaire.