javelle

(Mot repris de javellerons)

javelle

n.f. [ lat. pop. gabella, du gaul. ]
1. Dans la moisson à la main, petit tas de céréales coupées qu'on laisse sur place quelque temps avant la mise en gerbe, afin que le grain achève de mûrir.
2. Petit tas de sel, dans les salins.

JAVELLE1

(ja-vè-l') s. f.
Terme d'agriculture. Nom donné à des poignées de blé scié, qui demeurent couchées sur le sillon jusqu'à ce qu'on en fasse des gerbes. Mettre du blé, de l'avoine en javelle.
La gloire des méchants est pareille à cette herbe Qui, sans porter jamais ni javelle ni gerbe... [MALH., I, 2]
Et le fer eût en javelle Deux fois les blés abattus.... [ID., II, 2]
Et la belle Cérès en javelles féconde [ID., VI, 6]
Il [le paysan] voit de toute part combler d'heur sa famille, La javelle à plein poing tomber sous sa faucille [RACAN, la Retraite.]
Lorsque vous aurez coupé vos grains dans votre champ, et que vous y aurez laissé une javelle par oubli, vous n'y retournerez point pour l'emporter, mais vous la laisserez prendre à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve [SACI, Bible, Deutér. XXIV, 19]
Il [un rat] laisse là le champ, le grain et la javelle [LA FONT., Fabl. VIII, 9]
Elle [ma Muse] aime.... Suivre les moissonneurs et lier la javelle [A. CHÉN., Élég. X]
Fagot de sarments de vigne. Mettez une javelle au feu.
Botte d'échalas ou de lattes.
On dit qu'un baril, qu'un tonneau est tombé en javelle lorsque les douves et les fonds se séparent.
Terme de pêche. Se dit de petits tas de huit morues lorsqu'elles ont reçu plusieurs soleils.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et si ne soit gleneres ne gleneresse ki glenne en autrui gaviles ne en autrui garbes [gerbes], se cius [celui] n'i est cui li cans [le champ] est [TAILLIAR, Recueil, p. 410]
    Blé en gavelle ou en garbes [BEAUMANOIR, XXX, 79]
  • XVIe s.
    Prenez quatre javelles de serment de vigne, et en faites cendre [PARÉ, XXV, 32]
    Le duc n'aiant qu'une coulevrine fit ruine à ces maisons : comme l'on y vouloit donner, les enfermez y jeterent un amas de javelles gouildronnées, et ce feu leur donna quelque temps pour parlementer [D'AUB., Hist. III, 278]
    N'est aussi loisible de moissonner ou glaner entre javeulx et gerbes, et jusques à tant qu'elles soient enlevées hors du champ ou entassées [, Nouv. coust. génér. t. II, p. 1095]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, gavelle ; bourguig. jaivelle ; espagn. gavilla ; portug. et ital. gavela ; d'après Diez, du latin capulus, poignée, d'où le diminutif capellus ou capella (le provençal moderne a en effet un masculin gavel, ainsi que le picard, gaviau). Que le c latin puisse se changer en g dans le français, c'est ce que font voir jambe et geôle.

JAVELLE (EAU DE)2

(ja-vè-l') s. f.
Eau de javelle, ainsi dite du moulin de Javel près Paris où cette eau se fabriquait primitivement. L'eau de javelle est du chlorure de potassium en dissolution dans l'eau.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. JAVELLE (EAU DE). Ajoutez : - REM. Plus exactement, l'eau de javelle résulte de la dissolution dans l'eau d'un mélange de chlorure de potassium et d'hypochlorite de potasse.

javelle

JAVELLE. n. f. T. d'Agriculture. Plusieurs poignées de blés, de seigle, d'avoine fauchées, qui demeurent couchées sur le sillon jusqu'à ce que le grain sèche et jaunisse. Mettre du blé, de l'avoine en javelle. Glaner entre les javelles. Amasser les javelles pour en faire des gerbes.

Il se dit aussi des Petits faisceaux de sarment. Mettez une javelle au feu.

Il se dit aussi d'un Tas de sel tiré des marais salants.

javelle

Javelle, ou Boteau, Manipulus, Fasciculus spicarum.