joliveté

(Mot repris de jolivetés)

JOLIVETÉ

(jo-li-ve-té) s. f.
Trait d'esprit.
Mille jolivetés qui dans l'esprit me viennent [TH. CORN., Comtesse d'Orgueil, II, 10]
Petit bijou, petit ouvrage qui n'a pas ou qui a peu d'utilité. Il sait faire mille petites jolivetés.
Gentillesses d'un enfant. Cet enfant fait, dit cent petites jolivetés. On ne l'emploie guère qu'au pluriel.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Ma douce dame, quant vi Vo gent cors et vo beauté, Adont nul mal ne senti Ne nule autre enfremeté ; Mais de grant jolieté Trovai mon cuer si garni Que pour vous en ai chanté [, Poésies franç. avant 1300, t. III, p. 1078, dans LACURNE]
    Se li aprentiz s'enpart d'entour son mestre sanz congié, par sa folour ou par sa joliveté, par trois fois, le mestre ne le doit pas prendre à la tierce [, Liv. des mét. 49]
  • XIVe s.
    Celui qui est sanguin, il est trop enclin à jolivetés et esbatemens ou à desattrempance [ORESME, Eth. 54]
  • XVe s.
    Le vin de luxure abonde en jolivetés, en regards et contenances [, Bouciq. IV, 7]
    Dames n'ont point argent, quand elles veulent, ains ont grande paine à en assembler ; et si leur en convient toujours avoir pour emploier en robbes et plusieurs autres jolivettez [, Aresta amorum, p. 168, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Ancien franç. jolif (voy. JOLI) ; provenç. jolivetad.

joliveté

JOLIVETÉ. s. f. Il se dit Des babioles, des bijoux, et de certains petits ouvrages qui n'ont pas ou qui ont peu d'utilité. On ne l'emploie guère qu'au pluriel. Il sait faire mille petites jolivetés. Il apporta d'Italie mille petites jolivetés.

Il se dit aussi Des gentillesses d'un enfant. C'est un aimable enfant, il fait, il dit cent petites jolivetés. Dans les deux sens, il est vieux.

joliveté

Joliveté d'accoustrement trop exquise, Lenocinium.

Qui n'a point de joliveté, Infestiuus.