jonchée

jonchée

n.f. [ de joncher ]
Litt. Quantité de choses qui jonchent le sol : Une jonchée de détritus couche tapis

JONCHÉE

(jon-chée) s. f.
Grande quantité d'herbes, de fleurs et de branchages qu'on répand dans les rues, les églises, etc. pour quelque solennité. Faire une jonchée d'herbes et de fleurs.
Fig. Abatis, carnage.
La principale jonchée Fut donc des principaux rats [LA FONT., Fabl. IV, 6]
Petit fromage fait dans un panier de jonc. Une jonchée de crème.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Une jonchée à faire fourmages [DE LABORDE, Émaux, p. 351]
    La peescherie aux usagiers, qui peeschent en la dite riviere à panier, à verge, aus jonchiées et à la main [DU CANGE, juncheria.]
  • XVIe s.
    ...Sous un plumage plus blanc Que le laict sur la jonchée [RONS., 466]
    Sans la justice de ses armes, en quels rangs seront tant de chevaliers qui ont fait jonchée de leurs vies à ses pieds ? [D'AUB., Hist. III, 4]
    En prodiguant dessus mille fleurs épanchées, Pour cacher notre meurtre à l'abri des jonchées [ID., Tragiques, II]
    Puis se combattoient à toute outrance de poignées de roses, dont se faisoit une espaisse et prodigue jonchée [YVER, p. 523]
    Il n'y avoit personne qui ozast aller au fourrage, ny prendre de la paille ou de la jonchée à faire paillasses devant les Spartiates [AMYOT, Arist. 55]
    D'argent il fit jonchée, et ne fut desireux, Pour tout Lien, que de gloire ouvertement acquise [DESPORTES, Épitaphes, Loys du Gast.]

ÉTYMOLOGIE

  • Bas-lat. juncata, de juncare, joncher.

jonchée

JONCHÉE. n. f. Toutes sortes d'herbes, de fleurs et de branchages qu'on étend sur le sol, dans les rues, les églises, etc., un jour de cérémonie. Faire une jonchée d'herbes et de fleurs.

jonchée

Jonchée, f. penac. Tantost signifie la quantité de jonc espanduë és rues et chemins par honneur, ou des processions, ou d'aucun seigneur qui ont à passer par là, tantost le caillé du laict façonné entre une poignée de joncs rangez en maniere de coffin, et tantost par metaphore plus loingtaine, la poignée de petites broches d'ivoyre dont les filles s'esbattent, qu'on dit le jeu des Jonchées. Jonchée aussi se prend pour la petite gerbe de Jonc que le villageois porte à vendre en la ville pour les effects dessusdits, Iuncorum fasces, Et quelquefois est le feminin du participe, dont le masculin est Jonché, Strata.

jonchée

Jonchée, ou lict d'herbe, Torus, Stibadium.

Semer de la jonchée devant l'huis, Ante aedes herbam viridem sternere.

Chambre jonchée d'herbe verde.

jonchée


JONCHÉE, s. f. JONCHER, v. act. [1re lon. 2e é fer. long au 1er.] Joncher, suivant l'étymologie, c'est parsemer de joncs, mais on le dit aussi des fleurs, des branchages. Jonchée, ce dont on jonche. "Toutes les rûes étaient jonchées de fleurs, d'herbes odoriférantes. "Jeter de la jonchée. "Faire une jonchée d'herbes et de fleurs. = On dit figurément, joncher (couvrir) la campagne de morts. = M. l'Ab. d'Olivet avait critiqué ce vers de Racine.
   Et de sang et de mort, vos campagnes jonchées.
M. Racine le Fils convient qu'on ne dit point des campagnes jonchées de sang. Il ajoute qu'il n'y aurait rien à critiquer, si le Poète eût dit:
   Vous les verriez plantés jusque sur vos tranchées;
   Et vous verriez de morts vos campagnes jonchées.
Mais qu'il a choisi l'autre manière comme plus poétique. = On ne peut que louer les efforts qu'a faits M. Racine pour prouver que son Père n'a pas eu tort. Il nous sufit que la Remarque soit juste.