jussion

JUSSION

(ju-sion ; en vers, de trois syllabes) s. f.
Commandement. Lettres de jussion, commandement par lequel le roi enjoignait aux autorités supérieures de faire une chose qu'elles avaient refusé de faire.
Le Châtelet refusa l'enregistrement ; on l'y força par des lettres de jussion [VOLT., Louis XV, 36]
C'est par cet esprit que ce même parlement a résisté si longtemps à la réforme du calendrier, qu'il a défendu d'enseigner d'autre doctrine que celle d'Aristote, qu'il a proscrit l'émétique, qu'il a fallu plusieurs lettres de jussion pour lui faire enregistrer les lettres de pairie d'un Montmorency [ID., Mœurs, 121]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Cela n'adoulcit pas seulement l'aspreté de la reprehension et do la jussion, ains engendre une emulation envers soy-mesme [AMYOT, Comment discern. le flatteur de l'ami, 58]
    Sans aultres lettres iteratives, ni de seconde jussion [CARLOIX, IX, 6]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. jussionem, ordre, de jussum, supin, appartenant à jubere, ordonner. Jussum est le supin, non de jubere, qui, représentant ju-hibeo, ferait jubitum, comme adhibeo, adhibitum, mais de l'ancien verbe jussere (jussitur, dans Caton, pour jubetur).

jussion

JUSSION. n. f. T. de Droit ancien. Injonction adressée par une autorité supérieure. Lettres de jussion s'est dit autrefois de Lettres scellées, adressées par le prince à des juges pour leur enjoindre de faire quelque chose qu'ils avaient refusé de faire.

jussion


JUSSION, s. fém. [Ju-cion] Comandement du Roi fait aux Compagnies supérieûres, de faire ce qu'elles avaient refusé, comme d'enregistrer quelque Édit, etc. "Le Roi envoya au Parlement, des Lettres de Jussion.