langoureux, euse

LANGOUREUX, EUSE

(lan-gou-reû, reû-z') adj.
Qui est en langueur (sens qui vieillit). Il a été longtemps malade, il est encore tout langoureux.
Qui affecte la langueur, en parlant des personnes. Un homme langoureux. Même sens, en parlant des choses. Il a un air langoureux. Substantivement. Faire le langoureux auprès d'une femme, lui faire la cour d'une manière fade.
Faudra-t-il de sang-froid, et sans être amoureux, Pour quelque Iris en l'air faire le langoureux ? [BOILEAU, Sat. IX]
Qui a la langueur de l'amour. Un regard langoureux.
Sur sa lèvre entr'ouverte un désir vague expire, Ou s'épand sur sa bouche en langoureux sourire [LAMART., Joc. III, 114]
Mme d'Épinay, les boucles de cheveux pendantes, un cordon bleu au front, langoureuse en face de Grimm [SAINTE-BEUVE, Critiques, art. Diderot.]
Terme de musique. Il indique un mouvement un peu lent et une exécution sans vibration et sans recherche dans les agréments.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Amoureuses et amoureux, Qui d'amour savez la couvine [avez l'intelligence], Faictes secours au langoureux [EUST. DESCH., Ball. sur le sein des femmes.]
  • XVIe s.
    Delibera d'un assaut amoureux Rendre mon cœur pour une [dame] langoureux [MAROT, I, 160]
    Les maladies se mirent peu de jours après entre iceux, tant violentes que langoureuses [LANOUE, 660]
    .... Pourveu que je peusse estre Tousjours auprès de vous doucement langoureux [DESPORTES, Diverses amours, XL, Stances pour le duc d'Anjou.]

ÉTYMOLOGIE

  • Langueur.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • LANGOUREUX. - HIST. Ajoutez : XIIIe s.
    Et les poures, vious [vieux] et mendis, Contrais, langerous et truans [PH. MOUSKES, Chronique, V. 26262]