lièvre

lièvre

n.m. [ lat. lepus, leporis ]
1. Mammifère végétarien, voisin du lapin, à longues pattes postérieures permettant une course rapide, aux oreilles très longues.
2. Chair comestible de cet animal : Préparer un civet de lièvre.
3. Coureur chargé de mener un train rapide au début d'une course, pour faciliter la réalisation d'une performance.
Courir ou chasser deux lièvres à la fois,
poursuivre deux buts en même temps.
Lever un lièvre,
le faire sortir de son gîte ; fig., soulever une question embarrassante, une difficulté.

LIÈVRE

(liè-vr') s. m.
Quadrupède sauvage, très léger à la course et fort timide, de l'ordre des rongeurs.
Le lièvre est impur, parce que, quoiqu'il rumine, il n'a point la corne fendue [SACI, Bible, Lévit. XI, 6]
Un lièvre en son gîte songeait ; Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe ? [LA FONT., Fabl. II, 14]
Notre lièvre n'avait que quatre pas à faire, J'entends de ceux qu'il fait lorsque, près d'être atteint, Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes [ID., ib. VI, 10]
Quand il vous plaira, je vous donnerai le divertissement de courre un lièvre [MOL., G. Dand. I, 8]
Un capitaine qui n'ose rien tenter, qui a peur de son ombre comme un lièvre [FÉN., Dial. des morts anc. Fabius, Annibal.]
Les lièvres dorment beaucoup, et dorment les yeux ouverts ; ils n'ont pas de cils aux paupières, et ils paraissent avoir les yeux mauvais [BUFF., Quadrup. t. II, p. 108]
On a employé le sang de lièvre comme médicament. ....Pour vous faire juger de l'état de ma jambe.... je marche tant que je veux ; je mets d'une eau d'émeraude.
....si j'en ai besoin, je mettrai du sang de lièvre [SÉV., 1er juill. 1685]
Prendre un lièvre à l'accroupie, le prendre le matin dans son terrier. Lièvre en forme, voy. FORME, n° 22. Terme de blason. Lièvre en forme, lièvre arrêté et assis sur ses pattes. Lièvres ladres, lièvres qui cherchent les eaux et se font chasser dans les étangs, les marais et autres lieux fangeux ; ils ont la chair de mauvais goût. Familièrement. Être peureux comme un lièvre, être fort peureux.
Mon secrétaire a grand peur du tonnerre ; malgré tout son mérite, je lui vois le tempérament d'un lièvre [MAINTENON, Lett. à Mme de la Viefville, 18 juin 1707]
Lancer un lièvre, le faire partir de son gîte ; et fig. soulever une difficulté.
Nous avons combattu et battu vos ennemis : ils avaient lancé deux lièvres, l'un en contrariété d'arrêt par une requête au grand conseil, l'autre par une requête civile [SÉV., 531]
Fig. Lever le lièvre, être le premier à faire quelque ouverture, à proposer quelque chose dont les autres ne s'étaient point avisés. Il a une mémoire de lièvre, il la perd en courant, ou, simplement, il a une mémoire de lièvre, se dit d'un homme qui n'a pas bonne mémoire, qui oublie facilement ce qu'on lui dit, ce qu'on l'envoie quérir.
Nous sentons plus que jamais que la mémoire est dans le cœur ; car, quand elle ne nous vient point de cet endroit, nous n'en avons pas plus que les lièvres [SÉV., 9 sept. 1671]
Mener une vie de lièvre, être poursuivi, harcelé, tourmenté.
Je menai, comme on dit, une vie de lièvre pendant huit jours [LE SAGE, Est. Gonz. 22]
Gentilhomme à lièvre, gentilhomme qui avait peu de revenu, et qui était réduit à vivre de sa chasse.
Le gentilhomme à lièvre, qui va chasser chez ses voisins sans en être prié, et qui chasse moins pour son plaisir que pour le profit [BUFF., Ois. t. II, p. 44]
Fig. Bailler le lièvre par l'oreille, amuser quelqu'un, le leurrer, le tromper.
Me bailla gentiment le lièvre par l'oreille [RÉGNIER, Sat X]
Il [Napoléon] ne nous baillait pas le lièvre par l'oreille, jamais ne nous leurra de la liberté de la presse ni d'aucune liberté [P. L. COUR., Réponse aux anonymes.]
Fig. Prendre le lièvre au corps, aller directement à ce qui est essentiel, locution tirée du lévrier qui saisit le lièvre par le corps.
Je vous aime par bien des raisons, mais surtout parce que vous m'aimez ; celle-là est fort pressante, et prend le lièvre au corps [SÉV., 578]
Fig. Courir le même lièvre, ambitionner la même place, rechercher la même femme, etc.
Nous sommes ici tous trois dans le même équipage, nous y faisons tous trois la même chose, et peut-être courons-nous tous trois le même lièvre [DANCOURT, Charivari, sc. 5]
Terme de chirurgie. Bec de lièvre, vice de conformation, dans lequel la lèvre supérieure est fendue. Avoir un bec de lièvre. Être bec de lièvre.
Lièvre changeant, espèce de lièvre propre aux climats froids et qui est plus grand d'un quart que le nôtre, ainsi dit parce que son pelage est différent en hiver et en été. Lièvre des Patagons, lièvre pampa, différents noms de l'agouti. Lièvre sauteur, l'helamys, rongeur voisin des gerboises, habitant le cap de Bonne-Espérance.
Terme d'astronomie. Le Lièvre, nom d'une constellation de l'hémisphère austral (on met une majuscule en ce sens).
Lièvre marin, genre de mollusques qu'on nomme aussi aplysie. Lièvre de mer, lièvre marin, se dit aussi du cycloptère lump et de la blennie ocellée, poissons.
Lin de lièvre, voy. LIN.

PROVERBES

  • C'est vouloir prendre les lièvres au son du tambour, c'est entreprendre ouvertement et avec éclat ce qui se devrait faire en cachette et adroitement.
  • C'est là que gît le lièvre, c'est là le secret, le nœud de l'affaire.
  • Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois ; qui court deux lièvres n'en prend aucun, c'est-à-dire quand on poursuit deux affaires à la fois, on s'expose à ne réussir ni dans l'une ni dans l'autre.
    Oh dame ! on ne court pas deux lièvres à la fois [RAC., Plaid. III, 3]
    Je sais qu'il ne faut pas courir deux lièvres ni deux tragédies à la fois [VOLT., Lett. Richelieu, 5 juill. 1773]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Pour un sul levre [il] vat tute jor cornant [, Ch. de Rol. CXXXII]
  • XIIe s.
    Plus il a d'enemis que lievres en essart [lande] [, Sax. XXIX]
    [Je] Ne doi mie avoir cuer [cœur] de lievre, Quant por lui sui en ceste queste [, la Charrette, 1100]
  • XIIIe s.
    Cil qui fait grant force comment on doit depecier [découper] le lievre et la geline [BRUN. LATINI, Trésor, p. 382]
    Et si sunt il plus gentil homme, Que cil qui vont chacier as lievres [, la Rose, 17952]
  • XIVe s.
    L'en congnoist l'aage d'un lievre au nombre des pertuis qui sont dessoubs la queue ; car pour tant de pertuis, tant d'ans [, Ménagier, II, 4]
  • XVe s.
    Sire, dist la dame, besoin fait vieille trotter, et cremeur [crainte] fait lievres tumber [, Perceforest, t. IV, f° 50]
    Ce n'est pas viande preste que lievre en genestai [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, 176]
    Et vecy où gist le lievre et le droit difficile du neu [G. CHAST., Ducs de Bourg. III, 166]
  • XVIe s.
    La torpille qui stupefie le bras de celuy qui la touche, le lievre marin qui gaste les poulmons [PARÉ, XXIII, 5]
    En petit buisson trouve on grant lievre [COTGRAVE, ]
    Et ces lievres fuyards armés à millions Qui rioient en tirant la barbe à ces lions [aux capitaines huguenots tués à la Saint-Barthélemy] [D'AUBIGNÉ, Tragiques, les Fers.]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, lîv ; Maine, gueuvre ; Berry, lieuve, lieube ; picard, lieuve, yeuve ; génev. la lièvre ; du lat. lepus, leporem ; bas-lat. leborem.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • LIÈVRE. Ajoutez :
  • On dit qu'un cheval a une tête de lièvre, lorsque les oreilles sont rapprochées, le front et le chanfrein convexes et étroits

lièvre

LIÈVRE. n. m. Quadrupède mammifère rongeur, à longues oreilles, qui a les pattes de derrière plus longues que celles de devant, ce qui le rend très rapide à la course. Un lièvre au gîte. Courir, faire lever, lancer le lièvre. Pâté de lièvre. Civet de lièvre. Un râble de lièvre.

Fam., Être peureux comme un lièvre, Être fort peureux, fort timide.

Fig. et fam., Lever le lièvre, Être le premier, dans une recherche, à signaler un fait significatif et important, le plus souvent dissimulé, ou Être le premier, dans une discussion, à soulever à l'improviste une question embarrassante. C'est lui qui a levé le lièvre. Il ne fallait pas lever ce lièvre-là.

Prov. et fig., Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois; qui court deux lièvres n'en prend aucun, Quand on poursuit deux affaires à la fois, on s'expose à ne réussir ni dans l'une ni dans l'autre.

Fig. et fam., Courir le même lièvre, Ambitionner la même place, poursuivre la même affaire.

Bec-de-lièvre, Difformité congénitale qui consiste à avoir la lèvre supérieure fendue. Avoir un bec-de-lièvre. Être-bec-de-lièvre.

lievre

Un petit lievre, Lepusculus.

lievre

Un Lievre, Lepus.

Un lievre ruzé, Lepus veterator.

Un lievre ou connil, Dasypus dasypodis.

Du laict de lievre, Leporinum lac.

lièvre


LIèVRE, s. m. LEVRAUT, s. m. [Liè-vre, levrô; 1re è moy. et long au 1er, e~ muet au 2d, 2e e muet au 1er, lon. au 2d.] Le lièvre est un animal fort vite et fort timide, assez conu. Levraut, lièvre qui n'a pas encôre toute sa grandeur. "Chasser au lièvre, ou le lièvre; courre le lièvre. "Petit levraut. Levraut de trois quarts.
   Prendre le lièrre au collet, ou au corps, c'est, figurément, en st. prov. alléguer la vraie raison. "Je vous aime par bien des raisons; mais sur-tout parce que vous m'aimez: celle-là est bien pressante, et prend le lièvre au corps. Sév. = Courir ou chasser deux lièvres à la fois, mener deux afaires, ou prendre deux moyens diférens pour la même, ou prétendre à deux postes disparates, etc. "M. Gui court deux lièvres à la fois. Le jour qu'il présenta une requête au Grand Conseil, il en présenta une autre à la Quatrième des Enquêtes. Sév. = Montrer le lièvre, l'afaire, le but, etc. "Il me sufit de leur avoir montré le lièvre: je laisse à leur industrie le soin de l'atraper. Coyer. = Peureux comme un lièvre, excessivement peureux. = C' est-là où git le lièvre, c'est le noeud de l' afaire. Voyez LEVER.

Traductions

lièvre

Haseharehaashaasllebrehareλαγός, Λαγωόςleporoliebrejänisnyúllepre, coniglio野兎, 野ウサギ산토끼harezająclebreзаяцы, заяцharesunguratavşan, yabani tavşanзаєцьأَرْنَبٌ بَرِّيَّةzajíczecกระต่ายป่าthỏ rừng野兔Заек野兔 (ljɛvʀ)
nom masculin
animal qui ressemble au lapin

lièvre

[ljɛvʀ] nm
(= animal) → hare
(= coureur) → pacemaker
(locutions) lever un lièvre (fig) → to bring up a prickly subject
courir deux lièvres à la fois (fig) → to try to do two things at once