lieutenant

(Mot repris de lieutenants)

lieutenant, e

n. [ du lat. locus tenens, qui tient un lieu ]
1. Personne qui seconde et remplace le chef : Un terroriste accompagné de ses fidèles lieutenants bras droits ; second
2. Officier dont le grade se situe entre celui de sous-lieutenant et celui de capitaine.
Lieutenant de vaisseau,
officier de marine dont le grade correspond à celui de capitaine dans les armées de terre et de l'air.

lieutenant

(ljøtnɑ̃) , (ljøtənɑ̃)
nom masculin
1. militaire officier militaire Elle est lieutenant.
2. figuré personne qui en assiste une autre le directeur et ses lieutenants

LIEUTENANT

(lieu-te-nan) s. m.
Celui qui tient la place d'un chef et qui commande en son absence.
[L'homme que].... Ton absolu pouvoir [Ô Dieu] a fait son lieutenant [MALH., I, 1]
Je lui prête mon bras et veux dès maintenant, S'il daigne s'en servir, être son lieutenant [CORN., Nicom. II, 3]
Sertorius : De votre lieutenant m'envierez-vous le nom ? - Pompée : De pareils lieutenants n'ont de chefs qu'en idée [ID., Sertor. III, 2]
On sait que la proposition que fit le grand Scipion l'Africain de servir comme lieutenant sous le consul son frère détermina le sénat à donner à celui-ci la Grèce pour département [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 1re part. p. 321, dans POUGENS]
Fig.
Le voilà donc [Jurieu] redevenu lieutenant de Dieu contre ceux qui ne veulent pas le reconnaître ou reconnaître son vrai culte, et, en un mot, contre les malsentants aussi bien que contre les malfaiteurs [BOSSUET, 6e avert. III, 82]
Lieutenant général du royaume, celui qui fait les fonctions du roi, quand le roi n'est pas reconnu pour quelque cause que ce soit, quand il est prisonnier, etc. ; titre donné à quelques grands officiers, et qui fut pris par le duc de Mayenne pendant la ligue après l'assassinat de Henri III, et avant que les catholiques eussent reconnu Henri IV ; et conféré en 1830 au duc d'Orléans, dans l'intervalle entre la déchéance de Charles X et l'établissement de la royauté de la branche cadette.
Henri II déclare le duc de Guise vice-roi de France, sous le nom de lieutenant général du royaume, il était en cette qualité au-dessus du connétable [VOLT., Mœurs, 163]
[Le duc de Mayenne] Ce lieutenant sans chef, ce roi sans diadème, Toujours dans son parti garde un pouvoir suprême [ID., Henr. VIII]
Dans l'armée, officier qui est immédiatement après le capitaine, le deuxième officier d'une compagnie. Lieutenant-colonel, celui qui commande le régiment après le colonel.
D'Alchy était capitaine avec le commandement de mestre-de-camp, après avoir été lieutenant-colonel [SAINT-SIMON, 11, 125]
Lieutenant général, officier supérieur qui occupait le second grade dans les armées.
Il [le prince de Condé] avait pour lieutenants généraux MM. les maréchaux d'Humières et de Bellefonds [SÉV., 27 avr. 1672]
Ces maréchaux en second n'étaient proprement à l'armée que des lieutenants généraux qui ne roulaient point avec les autres [SAINT-SIMON, 6, 76]
Lieutenant général des armées du roi, ou, simplement, lieutenant général, s'est dit aussi pour le grade qu'on nomme aujourd'hui général de division. Lieutenant de roi, ou commandant d'armes, celui qui commandait en l'absence du gouverneur, dans une place de guerre.
Les lieutenants de roi ne sont pas dignes de porter votre robe [SÉV., 76]
Dans la marine, aujourd'hui, lieutenant de vaisseau, officier dont le grade est immédiatement inférieur à celui de capitaine de frégate, et qui a le rang des capitaines de l'armée de terre, dont il porte les insignes, consistant en deux épaulettes d'or à petites torsades. Lieutenant en pied, l'officier en second d'un bâtiment de guerre, quel que soit son grade. Anciennement, lieutenant général des armées navales, titre de l'officier général qui commandait sous le vice-amiral ; au XVIIe siècle, il avait le rang des vice-amiraux actuels. Anciennement, lieutenant général des galères, officier général qui commandait les galères de France, sous les ordres du général des galères. Anciennement, lieutenant de l'amiral, fonctionnaire qui, dans les siéges particuliers d'amirautés, exerçait, au nom de l'amiral de France, une surveillance active sur tout ce qui était de la charge et des prérogatives de ce dignitaire.
Anciennement, lieutenant de frégate légère, officier qui prenait rang entre les lieutenants et les enseignes de vaisseau, [, État de la marine pour 1678, dans JAL]
Anciennement, lieutenant de flûte, titre d'un officier qui servait sur les flûtes, en qualité de lieutenant, [, Ordres du roi, 1671, dans JAL]
Anciennement, lieutenant de galère, officier qui, dans le commandement d'une galère, remplaçait au besoin le capitaine. Anciennement, lieutenant de galiote, grade créé en 1684 ; les lieutenants de galiote eurent rang immédiatement après les lieutenants de vaisseau, à la place des lieutenants de frégate légère.
Lieutenant de port, officier inférieur au capitaine de port, et remplissant toutes les fonctions de celui-ci, quand il s'absentait, [, Ordonn. de 1689, dans JAL]
Dans l'ordre civil. Lieutenant civil, le magistrat du Châtelet, lieutenant du prévôt de Paris, qui connaissait des causes civiles.
Le lieutenant civil d'Aubray (il n'y avait point encore de lieutenant de police) alla à Port-Royal-des-Champs faire sortir tous les solitaires qui s'y étaient retirés, et tous les jeunes gens qu'ils élevaient [VOLT., Louis XIV, 37]
Lieutenant criminel, magistrat qui connaissait des causes criminelles.
Le roi [Louis XI] nomma, le même jour, Claustre, conseiller au parlement, et Mariette, lieutenant criminel, et Potin, examinateur au Châtelet, pour informer de tous les effets du cardinal Balue, et les délivrer par inventaire à Lhuillier, notaire et secrétaire du roi [DUCLOS, Œuv. t. II, p. 378]
Lieutenant général, celui qui présidait le tribunal d'une sénéchaussée, d'un bailliage.
Vous savez comme messieurs les lieutenants généraux des provinces sont présentement lieutenants généraux des armées ; cela les charme et les ruine [SÉV., 5 juill. 1694]
Lieutenant général de police, magistrat qui avait à Paris la direction de la police. Lieutenant criminel de robe courte, lieutenant du prévôt de Paris, qui remplissait à peu près les fonctions du préfet de police de nos jours.
Un lieutenant de prévôt, nommé la Rappinière, les vint accoster, et leur demanda avec une autorité de magistrat quelles gens ils étaient [SCARR., Rom. com. I, 1]
Terme de vénerie. Lieutenant de louveterie, celui qui avait une permission de chasse étendue et accordée sous la condition d'avoir un équipage pour détruire les loups.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    À tous les justiciers et officiers du royaume, leurs lieuxtenanz et à chascun d'eulx... [, Lett. de Charles V, Bibl. des chartes, 4e série, t. III, p. 426]
    Lesdits lieutenants dudit amiral seront par luy establis tels que dessus est dit, gens de bonne vie, sages et bien nommez [de bon renom], Ordonn. de Charles VI [, dans JAL]
  • XVe s.
    Furent lues les lettres de l'empereur, par lesquelles il constituoit le roi Edouard d'Angleterre son vicaire et son lieutenant pour lui [FROISS., I, I, 76]
    Il print ses verges et battit la lieutenante de sa femme en telle maniere qu'à peu qu'il ne l'accreventa [LOUIS XI, Nouv. 38]
  • XVIe s.
    Et sont petites recompenses qui s'octroyent par le roy catholique, ou ses lieutenans generaux [LANOUE, 302]
    Lieutenant est lieutenant d'un autre homme ; mais de dire qu'un homme soit lieutenant d'une chose inanimée, comme l'Estat, ou la couronne d'un roy, c'est chose absurde [, Sat. Mén. p. 150]
    C'est l'art de bien regner qu'il faut apprendre aux princes, Pour, lieutenans de Dieu, bien regir leurs provinces [DESPORTES, Tombeau de Desportes.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lieu, et tenant, celui qui tient le lieu, la place ; provenç. loctenent ; espagn. lugartiniente ; portug. logotenente ; ital. locotenente.

lieutenant

LIEUTENANT. n. m. Il se dit proprement de Celui qui est immédiatement au-dessous d'un chef, qu'il supplée dans certains cas. Dans l'armée de terre, il désigne le Grade immédiatement inférieur à celui de Capitaine. Lieutenant de cavalerie, d'infanterie, d'artillerie.

Sous-lieutenant. Voyez ce mot à son ordre alphabétique.

Lieutenant-colonel, Officier qui a le grade immédiatement inférieur à celui de Colonel.

Dans l'armée de mer, Lieutenant de vaisseau, Officier dont le grade est immédiatement inférieur à celui de capitaine de corvette.

Lieutenant général des armées du roi ou, simplement, Lieutenant général, Officier qui occupait le second grade dans les armées.

Lieutenant de roi, ou commandant d'armes, Celui qui commandait en l'absence du gouverneur, dans une place de guerre. LIEUTENANT désignait aussi autrefois Certains officiers de services civils. Lieutenant civil, Celui qui connaissait des causes civiles. Lieutenant criminel, Celui qui connaissait des causes criminelles. Lieutenant général, Celui qui présidait le tribunal d'une sénéchaussée, d'un bailliage. Lieutenant général de police, Magistrat qui avait à Paris la direction de la police.

LIEUTENANT se dit aussi, en général, de Ceux à qui le souverain déléguait dans certains cas une part de son autorité. Le roi, avant de partir, nomma son frère lieutenant, lieutenant général du royaume.

Par extension, il s'emploie aussi dans le sens d'Auxiliaire. Ce chef d'entreprise est bien secondé, il a de bons lieutenants.

lieutenant

Un Lieutenant, Legatus.

Tenant la place d'autruy, et lieutenant ayant pareil droit en son absence, Vicarius alieni iuris.

Le lieutenant civil, Legatus rerum priuatarum iudex. B.

Le lieutenant criminel, Legatus quaestionum iudex, et actionum criminosarum, Quaesitor. Bud.

Lieutenant de provinces, Legati, Subpraefecti, Subiuridici. B.

On n'y peut mettre lieutenant, Haec sunt quae mandari non possunt. B. ex Quintil.

Petit juge subalterne, comme lieutenant de baillif, Iuridicus.

Le lieutenant du capitaine, ou de la compagnie, Subcenturio. Bud. ex Liuio.

Lieutenant d'un Consul, ou qui a pareille puissance en une province qu'un Consul à Rome, Proconsul.

Lieutenant de Roy qui a grand pouvoir et authorité, mais c'est à la charge de s'en departir, et d'estre revoqué quand il plaira à son maistre, Fiduciariam operam obtinere dicitur Legatus.

Lieutenants de Rois et Empereurs, Praefecti prouinciarum.

Lieutenant pour le Roy en une province, Praeses.

Ne m'ostez point mon lieutenant qui succede à mon entreprinse et diligence, Nolite subtrahere vicarium diligentiae meae.

Faire Cassius son lieutenant, Cassium sibi legare.

lieutenant


LIEUTENANT, ANTE, s. m. et fém. LIEUTENANCE, s. f. [2e e muet, 3e lon.] Lieutenant, qui tient lieu de; qui est sous un Oficier en chef, et qui comande en son absence. Lieutenante, femme d'un Lieutenant de robe, ou de Roi. Lieutenance, ofice de Lieutenant. "Lieutenant Général pour le Roi dans la Province de... "Lieutenant de Roi de... Lieutenant dans un régiment. "Lieutenant Général, Civil ou Criminel, etc. "Madame la Lieutenante de Roi. "La Lieutenante Générale; la Lieutenante Civile ou Criminelle. "On lui a doné la Lieutenance Générale, ou de Roi de, etc.

Synonymes et Contraires

lieutenant

nom masculin lieutenant
Celui qui seconde le chef.
Traductions

lieutenant

Leutnant

lieutenant

luitenant

lieutenant

tinent

lieutenant

løjtnant

lieutenant

leŭtenanto

lieutenant

porucznik

lieutenant

tenente

lieutenant

löjtnant

lieutenant

nadporučík

lieutenant

luutnantti

lieutenant

poručnik

lieutenant

中尉

lieutenant

중위

lieutenant

løytnant

lieutenant

นายร้อยโท

lieutenant

teğmen

lieutenant

trung úy

lieutenant

陆军中尉

lieutenant

Лейтенант

lieutenant

中尉

lieutenant

[ljøt(ə)nɑ̃] nmlieutenant
lieutenant de vaisseau (NAVIGATION)lieutenant